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MARSEILLE : Opportunités liées à l’IA et aux outils numériq…

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MARSEILLE : Opportunités liées à l’IA et aux outils numériques

Pour se réinventer, il faut d’abord se connaître et savoir ce que nos clients pensent de nous.

C’est dans cet esprit que nous avons souhaité interroger les entreprises de notre région sur leur perception de l’expertise-comptable. Cette étude nous apporte un regard extérieur, lucide et précieux. Elle éclaire à la fois les points de force de notre Profession et les attentes qui s’expriment pour l’avenir. Elle constitue une base de réflexion indispensable pour continuer à faire évoluer nos missions et renforcer notre utilité auprès des entreprises que nous accompagnons au quotidien.

L’Ordre des Experts-Comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur (OEC PACA), dans une démarche d’adaptation stratégique de la profession, a souhaité faire réaliser une étude approfondie sur les perceptions et attentes des entreprises de la région vis-à-vis de leurs experts-comptables. Cette réflexion s’inscrit dans une volonté d’optimisation de l’offre des cabinets, en complément des missions traditionnelles de conformité, et prend en compte les innovations telles que l’intelligence artificielle et la numérisation.

L’intelligence artificielle et les outils numériques représentent un levier majeur pour la profession, comme le démontrent les réponses qui suivent. Pour les très rares entreprises utilisant un logiciel ou gérant leur comptabilité ellesmêmes, aucun rôle n’est envisagé pour l’EC, indiquant une autonomie croissante dans les tâches basiques. Cependant, la perception globale de l’IA est nuancée : 60 % des répondants estiment qu’elle ne remplacera pas l’EC, 23 % qu’elle le fera en partie, 7 % totalement, et 9 % ne savent pas. Cette vision complémentaire est renforcée par 89 % des répondants qui valorisent la confiance apportée par l’EC et 75 % ses autres services, contre seulement 4 % qui pourraient s’en passer.

Les missions nouvelles imaginées pour un EC accompagné d’outils numériques incluent l’alerte sur les risques (39 %), les propositions d’optimisations (64 %), la guidance sur les décisions d’avenir (56 %), et la réalisation d’une comptabilité prédictive (22 %). Ces attentes s’alignent avec la littérature, où l’IA générative permet de générer des rapports personnalisés et d’automatiser 40 % des tâches (Cegid, 2023). Néanmoins, la volonté de payer pour ces innovations est limitée : 37 % partiellement, 6 % totalement, 40 % non, et 17 % ne savent pas, soulignant une sensibilité aux coûts dans un marché concurrentiel.

Les verbatim enrichissent cette analyse : « L’IA ne pose aucun problème pour l’acquisition des données, mais l’analyse reste le champ de valeur ajoutée de l’EC », illustrant la nécessité d’une hybridation homme-machine. Une revue de la littérature confirme ce potentiel : France Num (2025) note que 71 % des EC testent l’IA, mais seulement 50 % l’utilisent, due à un déficit de formation, tandis que Dext (2024) met l’accent sur l’OCR pour l’automatisation de la saisie, avec des gains de productivité de 12-25 %.

Ces opportunités liées à l’IA, si bien exploitées, pourraient transformer les cabinets en partenaires stratégiques, comme le suggère ComptaOnline (2025) avec la vision d’un EC comme « coach stratégique » à l’horizon 2055. Cependant, les défis éthiques et réglementaires, tels que ceux posés par l’IA Act (2026) et le RGPD, exigent une supervision humaine rigoureuse, alignée avec la confiance exprimée par 89 % des répondants (Q28 : Si l’IA ou des outils numériques prenaient en charge des tâches comptables, auriez-vous encore besoin d’un expertcomptable ?).

SOURCE : Les résultats de l’enquête présentée au Congrès régional de l’OEC PACA.