Passer au contenu principal

MARSEILLE : Étude auprès des entreprises, évolutions et nou…

Partager :

MARSEILLE : Étude auprès des entreprises, évolutions et nouvelles missions

Pour se réinventer, il faut d’abord se connaître et savoir ce que nos clients pensent de nous.

C’est dans cet esprit que nous avons souhaité interroger les entreprises de notre région sur leur perception de l’expertise-comptable. Cette étude nous apporte un regard extérieur, lucide et précieux. Elle éclaire à la fois les points de force de notre Profession et les attentes qui s’expriment pour l’avenir. Elle constitue une base de réflexion indispensable pour continuer à faire évoluer nos missions et renforcer notre utilité auprès des entreprises que nous accompagnons au quotidien.

L’Ordre des Experts-Comptables Provence-Alpes-Côte d’Azur (OEC PACA), dans une démarche d’adaptation stratégique de la profession, a souhaité faire réaliser une étude approfondie sur les perceptions et attentes des entreprises de la région vis-à-vis de leurs experts-comptables. Cette réflexion s’inscrit dans une volonté d’optimisation de l’offre des cabinets, en complément des missions traditionnelles de conformité, et prend en compte les innovations telles que l’intelligence artificielle et la numérisation.

La profession d’expert-comptable est traditionnellement ancrée dans des missions de conformité et de fiabilité financière, et cette enquête confirme cette orientation tout en révélant des nuances dans la perception des entreprises. L’utilisation des services d’un expertcomptable ou d’un cabinet est massive, avec 97 % des répondants recourant à un prestataire externe et 6 % à une solution interne, tandis que seulement 1 % gèrent leur comptabilité sans assistance professionnelle (Q0).

L’enquête révèle un intérêt marqué pour l’élargissement du rôle des expertscomptables vers des missions plus proactives et stratégiques, reflétant une évolution de la profession dans un environnement économique en mutation. La mise en place de la facturation électronique suscite un intérêt modéré, avec 34 % des répondants prêts à confier cette tâche à leur EC, tandis que 58 % préfèrent la gérer en interne ou via d’autres moyens, et 8 % restent indécis.

Cette réponse mitigée peut s’expliquer par le caractère obligatoire de la réforme à venir, qui pourrait réduire la dépendance aux EC pour les tâches administratives routinières, comme noté dans la littérature (Le Point, 2024). En revanche, la numérisation et l’automatisation comptable rencontrent un accueil favorable, avec 73 % des entreprises exprimant un intérêt positif, contre 22 % négatif et 6% d’indécision. Le droit social et les ressources humaines émergent comme une priorité claire, avec 82% des répondants prêts à déléguer cette mission, soulignant un besoin croissant d’accompagnement dans la gestion humaine des entreprises. La comptabilité extra-financière et la mise en place de la RSE, bien que pertinentes dans le cadre de la directive CSRD, ne suscitent qu’un intérêt limité, respectivement à 18 % et 21 %, indiquant une maturité variable des entreprises PACA sur ces thèmes environnementaux et sociétaux.

La gestion de la fiscalité internationale reste marginale, avec seulement 3 % d’intérêt, tandis que la recherche de financement (27 %) et le recouvrement d’impayés (27 %) attirent une attention modérée. La prévention des difficultés ou la gestion de restructuration (13 %) est perçue comme spécialisée, mais la reprise d’une autre entreprise (81 %) et la transmission de l’entreprise (84 %) sont plébiscitées, reflétant l’âge moyen des dirigeants (45-55 ans) et le vieillissement du tissu entrepreneurial. La gestion du patrimoine personnel (51 %) émerge comme une opportunité hybride, combinant expertise financière et conseil personnel.

Les commentaires des répondants enrichissent cette analyse quantitative, avec des thèmes récurrents d’ouverture (« S’il peut m’aider sur autre chose pourquoi pas », et de résistance (« Chacun son métier »), soulignant la nécessité d’une communication ciblée pour promouvoir ces missions. L’intérêt pour des webinaires, newsletters ou ateliers animés par les EC est faible (78 % non), mais les ateliers (18 %) et webinaires (11 %) pourraient servir de vecteurs pour sensibiliser aux nouveaux services. Ces résultats indiquent que les entreprises de PACA sont prêtes à élargir leur partenariat avec les EC, particulièrement dans des domaines liés à la croissance et à la transmission, mais que des efforts éducatifs et adaptatifs sont nécessaires pour surmonter les résistances. Une comparaison avec des études nationales, telles que celle de Cegid (2023) sur l’automatisation, montre que l’intérêt pour la numérisation (70 %) est aligné avec les gains de productivité observés (12-25 %), mais que la région PACA pourrait bénéficier d’une focalisation sur ses secteurs phares comme le commerce et la construction.

SOURCE : Les résultats de l’enquête présentée au Congrès régional de l’OEC PACA.