PARIS : Serment de Cambrai, pour une santé publique libérée…
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PARIS : Serment de Cambrai, pour une santé publique libérée des pesticides
Une vingtaine de Mutuelles Belges et Françaises protégeant plus de 14 millions de personnes se mobilisent depuis le 27 septembre 2025 au départ du Parlement Européen à Bruxelles pour un Tour d’Europe de 3 000 km, en 100 étapes, traversant 9 pays.
Elles réalisent ce Tour à vélo accompagnées des victimes des pesticides et de nombreux acteurs de la santé publique, de la bio et de l’environnement.
L’objectif de cet « Odyssée pour notre santé » est de stopper l’empoisonnement aux pesticides et de faire changer d’échelle les solutions. Après une semaine en Belgique et plus 1 300 participants, c’est aujourd’hui la grande étape de Cambrai avec deux objectifs :
Trouver 6 millions d’euros ce lundi 6 octobre pour la Fabrique à sucre, un projet d’usine à sucre 100% bio. Les betteraves sans pesticides, c’est possible.
Signer le Serment de Cambrai pour dire au revoir aux pesticides et bonjour aux solutions avec plus de 40 organisations signataires de Belgique, France et Europe.
« Nous acteurs de la santé, de la bio et l’environnement de France, Belgique et d’Europe, nous faisons le Serment d’unir nos forces à hauteur des défis pour que la Terre demeure habitable pour des vies en bonne santé, dignes et heureuses. Nous nous engageons à faire notre maximum pour qu’aujourd’hui, lundi 6 octobre, les 6 millions d’euros nécessaires à la Fabrique à sucres 100% bio soient collectés. Nous reviendrons dans un an célébrer, nous l’espérons, la réussite de ce projet emblématique et indispensable pour la santé publique et planétaire ».
Nous sommes réunis à Gouzeaucourt dans le territoire de Cambrai en Hauts-de-France.
Pourquoi ce Serment de Cambrai ?
Parce qu’il est aujourd’hui vital de mettre fin à l’exposition généralisée aux pesticides de synthèse.
Les pesticides nous concernent toutes et tous : ils empoisonnent les sols, les eaux, les écosystèmes, et nos corps. Il est temps d’y mettre un terme.
La transition agroécologique n’est plus une option. Elle est une nécessité pour :
protéger la santé humaine,
préserver les ressources naturelles dont dépend notre avenir commun.
Dans le sillage de la pétition ayant rassemblé plus de 2 millions de signataires contre la loi Duplomb, la réussite de la Fabrique à sucres de Cambrai incarne une réponse concrète et inspirante : la preuve qu’une production de sucre 100 % bio, issue de betteraves françaises cultivées sans pesticides, est possible. À terme, une centaine d’agriculteurs s’engageront dans cette filière, dont certains produisent déjà les premières récoltes pour la phase de test.
Qui s’engage dans le Serment de Cambrai ?
Plus de 20 mutuelles, réunies au sein de l’Association des Mutuelles pour la santé planétaire, représentant 7 millions de Français, ont signé ce serment.
À leurs côtés : des organisations médicales et plus de 50 associations françaises, belges et européennes.
C’est une première historique : les acteurs de la santé s’unissent pour soutenir activement le développement de l’agriculture biologique, en cohérence avec leur mission de prévention.
Comment ce Serment de Cambrai se traduit-il concrètement ?
Faire connaître les droits des victimes des pesticides, afin qu’elles puissent obtenir une réparation juste et complète de leur préjudice.
Informer les citoyens sur les bienfaits, scientifiquement démontrés, de l’agriculture biologique pour la santé publique et la santé planétaire.
Porter un plaidoyer commun entre acteurs de la santé et de l’environnement en France, en Belgique et en Europe, pour un nouveau cap agroécologique sans pesticides ni engrais de synthèse.
Encourager les placements mutualistes dans des filières agricoles bio et sans pesticides en Europe — à l’image de la Fabrique à sucres de Cambrai, projet emblématique à concrétiser et à pérenniser.
Mobiliser les citoyens et les acteurs de la santé dans toute l’Europe à travers l’initiative L’Odyssée pour notre santé.
Construire une stratégie européenne de long terme, avec un rendez-vous annuel pour suivre les avancées et renforcer les engagements.
Notre constat est le suivant :
Les dégâts du dérèglement climatique sont de plus en plus aigus, perceptibles et coûteux.
Plus du tiers des émissions de gaz à effets de serre est lié aux systèmes alimentaires et agricoles basés sur la pétrochimie et les énergies fossiles.
L’usage massif des pesticides dans l’agriculture intensive est une des causes majeures du déclin drastique de la biodiversité.
Le nombre de nouveaux cas de cancers, de maladies neuro-dégénératives et autres maladies chroniques ne fait qu’augmenter.
Les pesticides disséminés dans l’environnement contribuent à cette augmentation, en exposant les populations, tout au long de leur vie dès la période foetale.
Les expositions des personnes les plus précaires et vulnérables sont insuffisamment prises en compte que ce soit dans leurs environnements de vie ou de travail.
Cette croissance constante des maladies chroniques menace la viabilité de nos systèmes de soins.
Une majorité [1] de la profession agricole comme de la population générale souhaite une transformation profonde du modèle agricole, que les connaissances agronomiques rendent aujourd’hui possible.
300 000 tonnes de pesticides sont épandues chaque année sur les cultures en Europe, provoquant maladies professionnelles, pollution des sols, de l’eau, de l’alimentation et imprégnation de la population, selon de nombreuses données scientifiques.
Pour préserver les milieux et limiter le réchauffement climatique, créons un nouveau cap agricole et alimentaire, basé sur ces demandes :
Maintenir et donner les moyens d’atteindre l’objectif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides dans l’UE d’ici à 2030.
Appliquer la législation Européenne sur l’évaluation de la toxicité des pesticides.
Réévaluer les autorisations de mise sur le marché en Europe, en prenant en compte les évidences scientifiques récentes, notamment des effets cocktails et des expositions chroniques à faibles doses sur la santé humaine et la biodiversité.
Interdire l’exportation des pesticides hors Union Européenne quand l’usage est interdit en Europe. Interdire l’importation en France et en Union Européenne de produits traités par des pesticides interdits en Union Européenne.
Réaliser 20% minimum d’alimentation bio dans les marchés publics alimentaires dès 2025.
Mettre en œuvre une Europe 100% agro-écologique sans pesticides d’ici 2050 et 25% d’ici 2030.
L’accès pour toutes et tous à une alimentation saine et durable est un enjeu de justice non négociable qui doit être porté par l’ensemble des décideurs. Aussi, une sécurisation économique de la transition agricole pour les agricultrices et agriculteurs doit être mise en œuvre. Nous prenons l’engagement de nous réunir physiquement tous les premiers lundi d’octobre afin de faire un point étape de l’avancement de notre Serment.
La santé des enfants et des générations à venir est la boussole qui guide notre motivation à faire vivre ce Serment.

