PARIS : Institut ILIADE – Génération anxieuse, de Jon…
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PARIS : Institut ILIADE – Génération anxieuse, de Jonathan Haidt
Dépressions, scarifications, comportements autoagressifs ou encore suicides… les enfants et adolescents modernes sont devenus une « génération anxieuse ».
Pour l’auteur américain, Jonathan Haidt, ces comportements ne sont pas dus à la guerre, au chômage, ou au changement climatique, mais à la transformation digitale de notre société.
Le livre Génération anxieuse du sociopsychologue américain Jonathan Haidt est une de ces publications qui présentent de façon scientifique ce que l’expérience quotidienne et le sens commun nous disent depuis longtemps : l’effet des technologies digitales sur les enfants et les adolescents est désastreux.
Pour le démontrer, Haidt mobilise une grande quantité de données, qui laissent toujours apparaître le même tableau : entre 2010 et 2015, une série de nouvelles technologies – l’accès au haut débit, la généralisation du smartphone et le perfectionnement des images virtuelles – a eu l’effet d’une grande reconfiguration pour le cerveau des enfants et adolescents. L’importante augmentation des dépressions (de 145 % chez les filles, 161 % chez les garçons aux États-Unis depuis 2004) et des troubles anxieux (de 139 % chez les individus entre 18 et 25 ans aux États-Unis), des comportements autoagressifs (de 188 % chez les filles, 48 % chez les garçons aux États-Unis depuis 2004) et des suicides (de 167 % chez les filles, 91% chez les garçons aux États-Unis depuis 2010) ainsi que des automutilations ou des scarifications (de 78 % chez les filles, 134 % chez les garçons en Grande-Bretagne), observable au-delà des différences de statut social ou d’origine ethnique dans l’ensemble du monde occidental, laisse penser que ce processus n’est pas neutre.
La « Génération Z », regroupant ceux qui sont nés après 1995, est particulièrement touchée. Dans le cadre d’une enquête menée en 2015, un quart des interrogés déclaraient être « presque constamment » en ligne ; entre temps, ce nombre a presque doublé, avec 46 %. Et ce tandis que l’utilisation des médias connectés varie de façon significative entre les filles et les garçons : les garçons sont surtout touchés par les jeux vidéo, YouTube, Reddit et la pornographie hardcore, les filles par les réseaux sociaux, avec leurs partages et leurs pouces bleus. Quoi qu’il en soit, ces occupations ont pour conséquence de les soustraire durablement aux conditions qui permettent aux humains de gagner en maturité : les interactions physiques, ici et maintenant, qui développent la perception sociale et au cours desquelles la rencontre de deux individus ou d’un individu avec un groupe devient un facteur essentiel pour le sentiment d’appartenance à une communauté. Le monde virtuel, au contraire, est désincarné, l’interaction se déroule de manière asynchrone, souvent par l’écrit, elle connaît presque uniquement l’interaction avec plusieurs autres, sous anonymat, ce qui signifie que l’appartenance à la communauté peut prendre fin à tout moment, en un seul clic.
SOURCE : Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne.
