PARIS : Repenser l’écologie, entretien avec Jean-François G…
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PARIS : Repenser l’écologie, entretien avec Jean-François GAUTIER
Entretien avec Jean-François Gautier paru dans Le Recours aux forêts n°7 (hiver 1997-1998).
Dans un entretien publié en 1997, Jean-François Gautier rappelle que l’Univers et la Nature, en tant que concepts généraux, ne sont pas des objets scientifiques, et que l’écologie, en tant que science, analyse les équilibres dynamiques des milieux vivants, mais pas « la Nature » en soi. Il critique l’écologie politique pour son mythe d’une Nature idéalisée, risquant de verser dans une utopie totalitaire, et prône une approche pragmatique de problèmes concrets comme la pollution, tout en dénonçant les dérives de certains mouvements.
Nous suivons avec beaucoup d’intérêt depuis déjà plusieurs années, les travaux de Jean-François Gautier. Cet entretien réalisé suite à la publication en 1996 aux éditions Acte Sud de son livre l’Univers existe-t-il ?, provoqua de nombreuses discussions dans notre équipe, qui trouvèrent un prolongement dans une riche correspondance avec lui. Jean-François Gautier prit toujours la peine de traiter nos objections et de nous répondre rapidement. Nous publions ici l’entretien original à partir duquel s’établit cette correspondance et publierons dans le prochain numéro quelques-unes des réponses qu’il fit à nos questions.
Le Recours aux forêts : Votre livre l’Univers existe t-il ? développe un thème central : l’Univers n’existe pas en tant qu’objet d’une science. Peut-on l’amplifier ainsi : la Nature n’existe pas en tant qu’objet d’une science ?
Jean-François Gautier : La Nature, la phusis, en tant que généralité, n’existe effectivement à l’horizon d’aucune science. C’est une denrée métaphysique, une abstraction du même genre que la Matière ou la Vie. Une science établit des rapports. Des relations, le plus souvent métriques, entre plusieurs objets d’expérience ; dès lors, du fait des méthodes employées, des techniques de mesure, des concepts fondateurs tel que celui de déterminisme, une science ne peut évidemment se donner pour objet d’enquête un singulier universel qui serait la Nature. Le singulier interdit toute relation, et donc toute science. La Nature c’est comme la Licorne, personne ne l’a jamais vue, même si chacun en a beaucoup entendu parler.
SOURCE : Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne.

