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PARIS : Des marques à l’appui d’une marque territoriale

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PARIS : Des marques à l’appui d’une marque territoriale

La communauté de communes de Caux-Austreberthe (Seine-Maritime) mise pour son développement sur une étroite collaboration avec les entreprises.

Comme Ferrero, qui y dispose d’un site historique, à Villers-Écalles. Entretien avec Christophe Bouillon, président de la communauté de communes Caux-Austreberthe, président de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, maire de Barentin, conseiller départemental et ancien député de la Seine-Maritime.
Qu’attendez-vous de l’implantation d’entreprises sur votre territoire ?

Christophe Bouillon : Je me limiterai à trois apports majeurs : l’emploi, les ressources et l’image. L’emploi est naturellement notre préoccupation essentielle : toute collectivité a besoin que ses habitants puissent trouver un travail localement. Les ressources comptent aussi, car elles alimentent le budget de la collectivité et permettent de financer infrastructures, transports, équipements culturels ou sportifs. Enfin, l’image s’impose également de plus en plus : accueillir une entreprise reconnue, c’est donner à son territoire une visibilité nationale, parfois même internationale. Certaines entreprises disposent de marques fortes. En s’implantant, elles nous aident à forger une véritable marque territoriale. Elles inscrivent le territoire dans un récit collectif et lui évitent de risquer de disparaître. Dans un monde où beaucoup de régions se sentent comme sorties de l’histoire, c’est un atout considérable.

Cette dimension d’image est-elle importante pour vos concitoyens ?

C. B. : Absolument. Historiquement, bon nombre de salariés s’identifiaient à leur entreprise : on disait « Je suis Moulinex », « Je suis Ferrero ». Cela créait une identité forte, parfois transmise sur plusieurs générations. Les bassins industriels étaient structurés par ces grandes usines, les habitants partageaient une fierté commune. Aujourd’hui, l’ancrage d’une grande marque est vécu comme la preuve que le territoire a toujours sa place dans le récit national, surtout dans ce moment de réindustrialisation que nous traversons. De plus, quand une marque communique par la publicité, son image positive rejaillit sur le territoire où elle est implantée. Ses habitants s’y reconnaissent.

Quelles collaborations développez-vous avec les entreprises locales ?

C. B. : Notre territoire possède une zone commerciale régionale majeure, mais aussi des PME et ETI industrielles dans divers secteurs : agroalimentaire, automobile, bâtiment… Nous avons déjà vécu des mutations : autrefois très actifs dans le textile, nous avons dû nous réinventer dans les années soixante-dix. Aujourd’hui, nous avons adopté une méthode qui se concentre sur le partage de toutes les transitions : numérique, écologique, démographique, démocratique. Tout cela participe à nos échanges avec les entreprises. En 2020, nous avons élaboré un projet de territoire, sorte de carte d’identité partagée. Nous avons organisé des ateliers où les entreprises ont exprimé leur vision et leurs besoins. Puis nous avons poussé plus loin cette réflexion : comment abordent-elles l’IA, l’attractivité des talents, la transition énergétique ? Certaines nous conseillent dans notre communication territoriale. Nous travaillons ensemble sur le chauffage urbain, la valorisation de la chaleur fatale, la reconversion de friches industrielles, la gouvernance partagée. Bref, nous avançons côte à côte.

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SOURCE : ILEC – La Voix des marques.