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PARIS : UDI – La France à la manœuvre pour sauver la…

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PARIS : UDI – La France à la manœuvre pour sauver la haute mer

Richard Honvault, Secrétaire national UDI chargé de la mer et de la pêche.

Les océans sont l’immense poumon bleu de notre planète : ils régulent le climat, nourrissent des centaines de millions d’êtres humains, abritent une biodiversité foisonnante et amortissent nos excès en absorbant une part considérable du CO₂ émis. Or nous avons franchi un cap d’alerte : l’acidification des mers s’intensifie, la chimie des océans se dérègle, menaçant coraux, coquillages et chaînes alimentaires entières, avec des effets en cascade sur la stabilité climatique et la sécurité alimentaire.

Restés trop longtemps sans cadre global contraignant, les océans avaient un besoin de multilatéralisme opérationnel.

C’est pourquoi portée par une diplomatie tenace et l’impulsion énergique du président de la République, la France a fait aboutir le traité sur la haute mer, dit BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction) : le seuil des 60 ratifications a été franchi le vendredi 19 septembre 2025, déclenchant son entrée en vigueur début 2026. La haute mer (eaux au-delà des juridictions nationales, soit près des deux tiers de l’océan) ne disposait jusqu’ici d’aucun règlement. Le BBNJ comble ce vide :

Évaluations d’impact environnemental préalables à toute nouvelle activité destructrice (forages, tests miniers, grandes infrastructures) en organisant la surveillance et le contrôle,
Création d’aires marines protégées selon des procédures évitant les blocages et offrant aussi un cadre pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée qui représente au moins 15 % des captures mondiales,
Encadrement de l’accès aux ressources génétiques marines avec partage équitable des bénéfices et
Renforcement des capacités / transferts de technologies au bénéfice des États en développement.

L’intérêt économique rejoint l’intérêt écologique : sans biodiversité, pas de pêches durables ; sans aires protégées crédibles ni évaluations d’impact, pas d’investissements pérennes. Ce traité est un tournant juridique et politique majeur pour préserver les écosystèmes océaniques.

Je le défends parce qu’il concilie efficacité et responsabilité : il donne aux États les moyens d’agir, en défense de l’océan et de leur (/notre) souveraineté maritime, en évitant les dérives d’une exploitation sans règles et en apportant des garanties.

Mais ce texte ne sera utile que si on lui donne des moyens. Chaque pays doit le faire, et la France ne doit pas être en reste pour protéger ses aires marines protégées, y compris en Polynésie, où des bateaux-usines européens viennent pêcher dans une zone océanique protégée avec une pêche artisanale autorisée. Cela suppose du budget et des outils : surveillance satellitaire, patrouilles et contrôles portuaires, observateurs indépendants et sanctions dissuasives.

Il sera tout aussi impératif d’élargir le cercle des états : États-Unis, Chine, Royaume-Uni, Australie, et le plus grand nombre possible. Seuls les signataires sont juridiquement tenus par ces exigences et obligations. Nous devons poursuivre l’offensive diplomatique.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.