PARIS : UDI – Santé mentale, un enjeu majeur de socié…
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PARIS : UDI – Santé mentale, un enjeu majeur de société
Nadia Rezana, Proviseure de lycée d’Île-de-France et Secrétaire nationale de l’UDI en charge de l’Éducation nationale et de la réussite éducative, et Dr Saïd Ouichou, médecin généraliste, candidat à la mairie des 15e et 16e arrondissements de Marseille et Secrétaire national de l’UDI en charge de la Santé
La santé mentale est aujourd’hui l’un des défis les plus pressants de notre société. Les troubles anxieux et dépressifs sont devenus la première cause d’arrêt de travail. Chez les jeunes, les chiffres sont alarmants : près d’un adolescent sur cinq présente des symptômes dépressifs selon Santé publique France, et les tentatives de suicide sont en augmentation. Pourtant, la santé psychique reste encore trop souvent reléguée au second plan, derrière les maladies physiques.
Le regard du médecin
Au quotidien, je constate que la souffrance psychique ne résulte pas uniquement de facteurs biologiques. Elle s’ancre profondément dans les déterminants sociaux : pauvreté, isolement, discriminations, chômage, logement dégradé… Plus une société est inégalitaire, plus la compétition sociale engendre stress, anxiété et perte de confiance. Les antidépresseurs et les consultations médicales ne peuvent suffire si l’on n’agit pas en amont sur ces causes structurelles et organisationnelles.
Le regard de l’école
Dans les établissements scolaires, les signaux d’alerte sont tout aussi préoccupants. Isolement accentué par la crise sanitaire, pression scolaire et sociale, usage excessif des écrans, tensions familiales : les facteurs de fragilité s’accumulent. Le drame survenu en avril 2025 dans un lycée de Nantes rappelle tragiquement l’ampleur du mal-être adolescent. Chefs d’établissement, enseignants et associations tirent la sonnette d’alarme depuis longtemps. Les Assises de la santé scolaire ont d’ailleurs dégagé des pistes d’action claires : renforcer la prévention dès le plus jeune âge, systématiser les protocoles de santé mentale dans les établissements, former les personnels éducatifs et soignants, faciliter l’accès aux centres médico-psychologiques, développer les maisons des adolescents, et offrir aux élèves des espaces de parole et de sensibilisation.
Faire de la santé mentale une priorité politique
Nous sommes convaincus qu’un changement d’échelle s’impose. Trois axes majeurs doivent guider l’action publique :
Prévenir dès l’enfance et à l’école : développer les compétences psychosociales dès le plus jeune âge, renforcer les liens entre enseignants, familles et soignants, et mettre en place des dispositifs de repérage précoce.
Réduire les inégalités sociales : investir dans le logement, la protection sociale et l’accès aux soins psychologiques, car on ne soigne pas durablement sans agir sur les conditions de vie.
Changer de culture politique : considérer la santé mentale comme un enjeu transversal qui concerne l’urbanisme, l’emploi, l’éducation, le sport et la culture.
À l’UDI, nous affirmons que l’école doit rester un lieu protecteur et bienveillant, capable d’accompagner chaque jeune dans son parcours scolaire et personnel. Mais au-delà de l’école, c’est l’ensemble de la société qui doit se mobiliser : quartiers, lieux de travail, associations, institutions publiques. Prendre soin de la santé mentale, des jeunes comme des adultes, c’est bâtir une société plus juste, plus solidaire et plus résiliente.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.

