STOCKHOLM : Rapport mondial sur la démocratie, dégradation…
Partager :

STOCKHOLM : Rapport mondial sur la démocratie, dégradation dans la majorité des pays
Dégradation dans la majorité des pays tandis que la liberté de la presse tombe à son plus bas depuis 50 ans.
La démocratie s’est affaiblie dans le monde entier, la plupart des pays ayant vu leurs performances décliner tandis que la liberté de la presse subissait sa plus grande régression depuis 50 ans, selon un rapport de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA International).
Cette détérioration s’inscrit dans une tendance mondiale de menace pour la démocratie, 54 % des pays ayant enregistré en 2024 une baisse d’au moins un indicateur clé de performance démocratique comparativement à cinq ans auparavant, selon des mesures allant de la « crédibilité des élections » à la « liberté d’expression » (Figure 1), a déclaré l’organisation intergouvernementale basée à Stockholm.
Les catégories « Droits », « État de droit » et « Représentation », qui incluent des aspects fondamentaux de la démocratie tels que la liberté de la presse, l’indépendance judiciaire et la crédibilité des élections, ont toutes connu un déclin général au cours des cinq dernières années.
La réduction du soutien international en faveur de la démocratie, notamment la diminution de l’aide au développement apportée par les États-Unis, pourrait compromettre davantage les efforts visant à renforcer les institutions démocratiques à travers le monde.
L’année passée a été marquée par un super cycle électoral mondial, qui a vu environ 1,6 milliard de personnes se rendre aux urnes. Mais cet exercice électoral sans précédent s’est déroulé dans un contexte de détérioration mondiale dans la catégorie Représentation. L’indicateur de transparence des élections a atteint son niveau le plus bas depuis 30 ans, avec des déclins touchant un cinquième de tous les pays interrogés.
L’année 2024 a marqué la neuvième année consécutive de déclin net plutôt que d’amélioration des performances démocratiques dans un nombre croissant de pays, soit la plus longue régression consécutive observée depuis le début des relevés d’IDEA International en 1975, selon le rapport The Global State of Democracy 2025: Democracy on the Move (« Rapport sur l’état de la démocratie dans le monde: la démocratie en mouvement »).
Quelque 304 millions de personnes – deux fois plus qu’en 1990 – vivant actuellement hors de leur pays natal, le rapport encourage les démocraties à repenser la participation électorale et à envisager plus attentivement le vote à l’étranger, afin de mieux préserver la résilience démocratique.
« La démocratie est exposée à une tempête parfaite, marquée par la résurgence de l’autocratie et une incertitude aiguë, dues à de vastes changements sociaux et économiques », a déclaré Kevin Casas-Zamora, secrétaire général d’IDEA International. « Pour riposter, les démocraties doivent protéger les éléments clés de la démocratie, tels que les élections et l’État de droit, mais aussi réformer en profondeur les gouvernements de manière à garantir l’équité, l’inclusion et la prospérité partagée. Comme le souligne le rapport The Global State of Democracy 2025, améliorer les droits des électeurs vivant à l’étranger peut avoir des retombées démocratiques positives tant dans leur pays d’origine que dans leur pays d’accueil. »
Le rapport fait également état d’évolutions positives. L’Afrique a enregistré une large part des progrès mondiaux, avec 24 % des pays en progrès, notamment le Botswana et l’Afrique du Sud, qui ont amélioré la transparence de leurs élections. Malgré des revers essuyés dans toute l’Asie occidentale, la Jordanie s’est distinguée en 2024 en tenant des élections législatives saluées pour leur équité accrue. Les Fidji et les Maldives ont affiché des améliorations dans plusieurs domaines. Le Chili a enregistré des progrès majeurs en matière de liberté d’expression. Le Brésil s’est amélioré en matière d’efficacité parlementaire et d’indépendance judiciaire. La Pologne a progressé en termes de Droits, d’État de droit et de Représentation en 2024.
Conclusions principales.
- 94 pays, représentant 54 % de tous les pays évalués, ont enregistré une baisse d’au moins un facteur de performance démocratique, comparé à leur propre performance cinq ans plus tôt.
- La liberté de la presse a régressé dans un quart des 173 pays étudiés, marquant le déclin le plus important depuis le début des relevés d’IDEA International en 1975. Les indicateurs relatifs à la liberté d’expression, à l’égalité économique, à la crédibilité des élections et à l’accès à la justice ont également reculé.
- La détérioration de la liberté de la presse a été constatée dans toutes les régions, affectant 15 pays africains et 15 pays européens, ainsi que 6 pays dans chacune des régions Amériques et Asie-Pacifique.
- La crédibilité des élections et l’efficacité parlementaire ont connu un déclin général, touchant respectivement 35 pays (20 %) et 32 pays (19 %).
- Si Représentation reste la catégorie la plus performante au vu du nombre de pays ayant obtenu des scores élevés, ses résultats globaux en 2024 ont été les plus faibles relevés depuis 2001. Des déclins ont été enregistrés dans cette catégorie dans 21 pays, excédant 7 fois les progrès réalisés.
- La catégorie la moins performante est État de droit, avec 71 pays (41 %) tombant dans la tranche des pays peu performants. État de droit a également enregistré le plus grand nombre de déclins de toutes les catégories de performance démocratique. Si l’on compare 2019 à 2024, 32 pays (19 % des pays évalués) ont accusé un recul dans cette catégorie.
- En outre, environ un pays sur cinq a enregistré un déclin dans la liberté d’expression (22 % des pays), l’égalité économique (21 %) et l’accès à la justice (20 %). L’Afrique et l’Europe ont affiché les baisses les plus importantes.
- Des progrès ont toutefois été observés dans d’autres domaines liés à la performance démocratique à l’échelle mondiale, notamment en matière d’Absence de corruption, où, pour la quinzième année consécutive, les progrès ont été plus nombreux que les déclins. Les Amériques sont le théâtre d’environ un tiers des progrès réalisés.
- Dans un monde en évolution rapide, marqué par une forte migration, les décideurs politiques devraient se concentrer sur le potentiel du vote à l’étranger pour soutenir la résilience démocratique.
- La plupart des personnes qui émigrent à l’étranger restent sur le continent où elles sont nées. Par exemple, près de 60 % des migrants africains ont élu domicile au sein même du continent.
- Le vote à l’étranger présente des avantages tant pour les pays d’origine que pour les pays d’accueil, car il renforce le sentiment d’appartenance et contribue à promouvoir les normes démocratiques au-delà des frontières. L’importance du vote à l’étranger est particulièrement évidente dans le cas de l’Ukraine, où la participation politique d’une large diaspora pourrait s’avérer cruciale à la légitimité de toute élection d’après-guerre.
- Le vote en personne est la forme la plus courante de vote à l’étranger, 74 pays utilisant cette méthode, tandis que le vote par correspondance est moins courant, disponible dans 21 pays.
- Le taux de participation électorale de la diaspora mondiale est relativement faible, environ 55 % lors des 29 élections de 2024, contre 60 % dans le pays, en moyenne.
Contexte.
Le rapport Global State of Democracy 2025 classe les pays selon quatre grandes catégories de performance démocratique au lieu d’un classement général unique. Ces quatre catégories sont :
- Représentation — telle que des élections crédibles et un contrôle parlementaire efficace.
- État de droit — tel que l’indépendance judiciaire et le degré de protection des citoyens contre la violence politique.
- Droits — tels que la liberté d’expression, la liberté de la presse et le droit de réunion.
- Participation — telle que le degré d’implication des citoyens dans les activités démocratiques pendant et entre les élections.
Régions.
Afrique – De nombreux pays ont régressé, 23 d’entre eux (soit 35 % des pays africains) ayant connu une détérioration dans au moins un des indicateurs suivants : élections crédibles, efficacité parlementaire et gouvernement élu. Cette tendance était particulièrement marquée en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et au Niger, les autorités de transition ont reporté les élections promises et compliqué les transitions. La liberté de la presse a décliné dans plus d’un quart des pays de la région. Au Soudan, la guerre civile continue de ravager le pays tandis que les belligérants armés mettent en place des administrations parallèles.
Mais cette tendance n’est pas universelle. Le Botswana et l’Afrique du Sud ont régulièrement progressé en matière d’élections crédibles au cours des cinq dernières années. En Afrique du Sud, le Congrès national africain, au pouvoir depuis longtemps, a perdu sa majorité absolue, donnant lieu à la formation du premier gouvernement de coalition nationale du pays. Le Botswana a vécu sa première transition de pouvoir entre partis depuis son indépendance en 1966.
Asie de l’Ouest – La région reste majoritairement non démocratique. Cependant, la Jordanie a observé une hausse de son efficacité parlementaire entre 2019 et 2024. Une grande partie de cette avancée s’est produite en 2024, lorsque les élections législatives ont abouti à une augmentation significative du nombre de sièges au parlement national pour les partis politiques (et non pour les candidats indépendants).
Europe – La démocratie s’est détériorée au cours des cinq dernières années, notamment en matière de libertés civiles et d’élections crédibles. L’Europe de l’Est est responsable de près de la moitié des 63 baisses d’indicateur enregistrées, la majorité d’entre elles dues à la répression de la société civile et de l’opposition politique en Biélorussie, en Géorgie et en Russie. Un pays sur trois a observé une détérioration de la liberté de la presse entre 2019 et 2024, notamment l’Italie, dont les services de renseignement ont utilisé des logiciels espions contre des militants des droits des migrants et des journalistes, et la Slovaquie, où la fermeture en 2024 de la chaîne de télévision publique a été dénoncée comme une ingérence politique dans les médias indépendants. Alors que la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine se poursuit, les résultats démocratiques se sont détériorés en Russie, particulièrement en matière de libertés civiles. Néanmoins, l’Europe reste la région la plus performante au regard des indices mondiaux sur l’état de la démocratie. Une écrasante majorité des 45 pays européens continue d’afficher des performances démocratiques moyennes ou élevées.
Amériques – Au cours des cinq dernières années, davantage de pays des Amériques ont régressé plutôt que progressé dans au moins une catégorie de performance démocratique. La plupart des 45 déclins ont été enregistrés dans la catégorie Représentation. Les baisses les plus importantes ont été observées dans des situations de recul démocratique et d’effondrement de l’État, notamment au Salvador, en Haïti et au Nicaragua. Le Salvador et le Nicaragua comptent aussi parmi les trois pays de la région ayant le plus régressé en termes de liberté de la presse. Le Pérou a également connu une baisse dans ce domaine, partiellement due à l’intimidation et à la violence persistantes à l’encontre des journalistes.
Malgré tout, la plupart des pays continuent d’afficher des résultats moyens en matière de démocratie.
Asie-Pacifique – La plupart des pays ont connu de légers déclins ou sont restés stables au cours des cinq dernières années. La plupart des baisses sur cinq ans concernent la crédibilité des élections et l’accès à la justice, ce dernier indicateur ayant reculé en Afghanistan, au Bhoutan, au Cambodge, en Inde, en Indonésie, au Kazakhstan, au Myanmar, en Corée du Sud et au Tadjikistan. Seules les Fidji ont connu des améliorations significatives. Cette tendance à la baisse ne s’est pas limitée aux États peu performants comme l’Afghanistan et le Myanmar. Plusieurs pays affichant des performances moyennes, tels que le Kirghizistan, connaissent également une baisse nette de plusieurs indicateurs. Néanmoins, la plupart des pays de l’Océanie et du Pacifique restent des démocraties aux résultats élevés ou moyens.
LIENS RAPIDES POUR LE LANCEMENT.
Diffusion en direct de l’événement sur YouTube
Mot-dièse à suivre sur les réseaux sociaux : #GSoD2025
IDEA International.
L’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA International) est une organisation intergouvernementale composée de 35 États membres dont la mission est de soutenir et de promouvoir la démocratie dans le monde. IDEA International participe au débat public sur la démocratie et au renforcement des processus, réformes, institutions et acteurs qui bâtissent, promeuvent et protègent la démocratie. Il porte une attention particulière aux processus électoraux, à l’élaboration de constitutions, à l’évaluation des démocraties, ainsi qu’à la participation et à la représentation politiques. L’égalité des genres et l’inclusion, la prise en compte des questions de conflit et le développement durable sont autant de questions qui sont intégrées à l’ensemble de nos domaines d’intervention.
IDEA International est l’une des sources mondiales de données et d’analyse sur l’intégrité des démocraties les plus respectées à travers le monde.
Restons connectés !
Pour davantage d’informations, consultez www.idea.int
LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/international-idea
Facebook : https://www.facebook.com/InternationalIDEA
Bluesky : https://bsky.app/profile/internationalidea.bsky.social

