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PARIS : Intelligence artificielle – Enjeux économique…

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PARIS : Intelligence artificielle – Enjeux économiques et financiers d’une percée technologique

L’intelligence artificielle (IA) étant encore relativement récente, ses conséquences économiques et financières restent à évaluer.

Cela est d’autant plus vrai pour les politiques associées, pour lesquelles les recommandations ne peuvent être que provisoires. Toutefois, dans cette note, nous tentons d’aborder les deux aspects, d’abord en posant le cadre, puis en distinguant les aspects économiques et financiers.

Nous ne pensons pas que l’IA puisse déclencher un bouleversement de l’environnement économique ou financier. La présente étude veut aller à l’encontre de deux idées reçues. La première est celle du « cauchemar », où une grande partie de la population active pourrait être remplacée par des machines, ce qui entraînerait une hausse du chômage et des inégalités, ainsi que des crises financières de grande ampleur, les robots mettant librement en œuvre des algorithmes qui amplifieraient les mouvements du marché. La deuxième idée est celle du « conte de fées », où les robots remplaceraient les humains dans la plupart des tâches fastidieuses et physiquement épuisantes. Cela permettrait de réduire le temps de travail, à la fois quotidien et sur l’ensemble de la vie, en particulier pour les personnes les moins qualifiées, et de gérer les portefeuilles de manière totalement passive, en réduisant les risques mais pas les rendements.

Contrairement à ces idées qui relèvent largement de fictions, nous pensons que l’IA a principalement besoin d’un environnement favorable pour que son potentiel soit pleinement exploité. Ainsi, dans un monde régi avec les outils de l’IA, les politiques de concurrence devraient garantir que les rentes ne soient pas entièrement accaparées par quelques entreprises dominantes, tandis que l’environnement réglementaire ne devrait pas brider l’innovation. En outre, la réglementation du travail devrait permettre une flexibilité suffisante, tandis que l’éducation et la formation, la politique fiscale et la gestion des ressources humaines dans le secteur public devraient être adaptées.

Il est en effet essentiel que le financement des entreprises innovantes soit abondant et alloué par les personnes et les institutions les plus compétentes, qui devraient également être individuellement responsables des décisions qu’elles prennent. Cela implique le développement du capital-risque et la création d’une Union des marchés de capitaux (UMC), complétée par une Union de l’épargne et de l’investissement (UEI). L’IA n’appelle pas d’instruments politiques spécifiques, que ce soit dans le domaine économique ou financier. L’IA est plutôt un indicateur des failles et des limites des politiques publiques actuelles et un outil pour y remédier en partie, à condition que soient mises en œuvre les réformes structurelles qui se font attendre depuis longtemps.

Lire l’étude