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BEYROUTH : Le Liban, « le Phénix en quête de renaissance »

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BEYROUTH : Le Liban, « le Phénix en quête de renaissance »

Le Liban, jadis surnommé la « Suisse du Moyen-Orient », a connu des heures fastes à partir des années 50. Récit de Yann Baly, Président de Chrétienté-Solidarité.

Cette opulence et la générosité de sa population, notamment de la communauté chrétienne maronite, ont fait du pays du Cèdre une terre d’accueil privilégiée pour les réfugiés palestiniens dès la création de l’État d’Israël en 1948.

50 années de guerre et de crise

Les réfugiés palestiniens ont été accueillis à bras ouverts, et l’Église maronite leur a même offert des terrains pour y construire des habitations. L’État libanais a fermé les yeux sur la création de groupes armés au sein des camps palestiniens, officiellement pour reconquérir la terre perdue.

En 1969, par les accords du Caire, la République libanaise a reconnu le droit aux Palestiniens de disposer d’armes lourdes et a accordé l’extraterritorialité à leurs camps. Désormais, ni la police ni l’armée libanaise ne pouvaient plus entrer dans ces zones sanctuarisées.

Rapidement, les armes se sont retournées contre la population libanaise, notamment contre les chrétiens. Un front dit « islamo-progressiste » s’est constitué, rêvant de faire du Liban une patrie de substitution pour les Palestiniens, si possible en y instaurant un régime marxiste.

Les assassinats et les enlèvements se sont multipliés. Face à l’incurie de l’État libanais, les partis politiques chrétiens ont constitué des milices pour défendre leur population. Plusieurs incidents armés ont déjà eu lieu lorsque, le 13 avril 1975, se déclenche une guerre qui durera 15 ans jusqu’à l’occupation du pays par l’armée syrienne en 1991.

Depuis 1975, les Libanais ont connu des crises et des conflits successifs, sans jamais perdre l’espoir de voir revenir la paix et la prospérité sur leur pays.

Un nouveau Président porteur d’espoirs

Depuis 2018, et spécialement depuis l’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, le pays est entré dans une crise grave et multiforme, financière, économique, sociale et politique.

En janvier 2025, après 3 ans de vacance à la tête de l’État, le Liban a enfin retrouvé un Président de la République en la personne de Joseph Aoun. Cette élection a suscité une vague d’enthousiasme chez les Libanais.

Les partisans d’un retour à l’indépendance et à la souveraineté libanaise apprécient ses prises de positions claires, notamment exprimées dans son discours d’investiture du 9 janvier dernier. Ses propos reprennent la totalité des légitimes revendications exprimées, depuis les années de crise, par le patriarche maronite Bécharra Raï.

Au-delà des discours, le nouveau Président bénéficie de l’image positive et de son action largement reconnue qui ont marqué son passage à la tête de l’armée libanaise, de 2017 jusqu’à son élection à la magistrature suprême.

Fidèle à ses racines populaires et conscient des réalités libanaises, il a incarné un pôle de stabilité et un soutien efficace des Libanais durant ces années de crise.

De plus, la guerre menée par Israël, la chute du régime de Bachar el-Assad en Syrie, les opérations militaires israéliennes et américaines contre l’Iran ont affaibli militairement et politiquement le parti chiite Hezbollah, contraint de relâcher sa pression néfaste sur la société et l’État libanais.

La phase de désarmement de cette milice chiite pro-iranienne qui vient de s’ouvrir constitue une étape essentielle pour le retour à la pleine souveraineté de l’État libanais.

Une vie quotidienne toujours très compliquée

Si le déblocage institutionnel marque une avancée importante, il n’en reste pas moins que la situation économique et sociale reste très compliquée pour les familles libanaises.

La très légère amélioration sur le plan des salaires ne compense que bien peu les effets d’une inflation galopante. En l’espace d’une année, les prix des produits de première nécessité ont encore augmenté de 30 % en moyenne.

La dévaluation de la Livre Libanaise semble s’enraciner puisque la banque du Liban vient de créer les billets de 500.000 et d’un million (équivalant respectivement à 5 € et 10 € !).

Au-delà des charges pour assurer les dépenses de la vie quotidienne (nourriture, produits d’hygiène et médicaments, carburant…), les frais liés à la scolarité des enfants constituent une charge toujours importante et de plus en plus pesante pour les foyers libanais.

Le sud Liban à reconstruire

Le Liban a besoin de nous. Spécialement la communauté chrétienne qui n’a pour la soutenir aucune monarchie pétrolière, ni aucun soutien coordonné de pays Occidentaux. La France, dont c’est la vocation depuis Saint Louis d’être aux côtés des chrétiens du Liban, est aux abonnés absents.

Depuis près de 40 ans, Chrétienté-Solidarité tente de pallier à cette défection en portant la voix et le soutien du pays réel français.

Récemment, aux côtés de l’ONG Nawraj, dès le lendemain des attaques du 7 octobre, nous avons, dans un premier temps, travaillé à préparer les villages chrétiens du sud à subir les conséquences d’un conflit armé entre Israël et le Hezbollah. Cela a permis d’atténuer les difficultés lorsque la phase de bombardements massifs sur le sud Liban a débuté, le 24 septembre 2024.

En mai dernier, Chrétienté-Solidarité a ouvert une première campagne de 50 parrainages scolaires afin de venir en aide à des familles chrétiennes frappées par le récent conflit.

Dans certains villages, comme Rmeish et Kawkaba, les habitants ont fait front derrière leur maire ou leurs prêtres afin d’empêcher le Hezbollah et ses alliés d’installer des armes lourdes sur leur territoire. Ils ont ainsi évité les frappes israéliennes.

Les familles chrétiennes des villages mixtes, où la milice pro-iranienne est présente, ont dû subir les conséquences des attaques de Tsahal. Certaines ont vu des proches blessés ou tués, leurs habitations endommagées ou détruites, leurs véhicules rendus inutilisables…

C’est donc avec joie et une profonde gratitude que ces familles ont accueilli les aides de Chrétienté-Solidarité, mises en œuvre grâce à la générosité de marraines et de parrains français.

C’est une œuvre de solidarité et d’amitié franco-libanaise à soutenir !

Par Yann Baly, Président de Chrétienté-Solidarité.

Pour les aider : Faire un don libre ou Parrainer un enfant