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LA LONDE-LES-MAURES : François de Canson : « L’esprit du 17…

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LA LONDE-LES-MAURES : François de Canson : « L’esprit du 17 août, mémoire vivante de la liberté »

Le dimanche 17 août, à La Londe-les-Maures, le vent s’est levé. Non pas celui du mistral, mais celui de la mémoire, de la fidélité et de la conscience.

Sur le parvis de la mairie, dans une atmosphère recueillie, le maire François de Canson a pris la parole pour raviver la flamme de l’histoire : une parole grave et lumineuse, traversée par le souvenir des combats et une foi profonde en la dignité humaine.

« En Provence, la France s’est remise debout », a-t-il rappelé en citant le général de Lattre de Tassigny.

Une phrase simple et immense, qui résume ce que fut le 17 août 1944 pour La Londe-les-Maures : un réveil de l’Histoire, un basculement du destin, une victoire de la liberté sur la nuit.

« Oui, nous sommes libres aujourd’hui. Cette liberté, nous la devons à nos alliés américains, britanniques, canadiens, qui affrontèrent le feu nazi pour débarquer sur le sol français et reconquérir, avec l’appui de la résistance intérieure, un territoire vaincu ».

« Pour la seconde fois, en cette année 1944, le 15 août exactement, une armada de braves débarquait entre le Cap Nègre et Théoule-sur-Mer. C’était l’opération Dragoon : 350 000 hommes, 250 bâtiments de guerre (dont 34 navires français), 600 navires de transport, 1 270 barges, avec l’appui de 2 000 avions et planeurs transportant 5 000 parachutistes ».

La liberté, ce souffle à préserver

La liberté, a-t-il affirmé, « est un combat nécessaire, vital, existentiel ».

Un combat jamais abstrait, il s’est incarné dans des corps, des visages, des décisions prises au cœur du danger.
Il y a 81 ans, sur les plages du Lavandou et de Cavalaire, des hommes ont débarqué. À La Londe, d’autres les attendaient dans l’ombre, résistants silencieux, guetteurs d’aube, éclaireurs du possible.

« Il y a 81 ans, à l’Ouest de l’Europe, les démocraties gagnaient; quand, sur le Front Est, des milliers de soldats de l’Armée rouge mouraient pour contenir puis repousser la Wehrmacht jusqu’à Berlin ».

« L’armée B de la France Libre, forte de 230 000 soldats français du général de Lattre de Tassigny, qui sera plus tard la 1ʳᵉ Armée française, sortait de l’ombre pour se préparer au rendez-vous de l’Histoire ».

Et lorsque les premiers blindés américains sont arrivés, le 17 août en fin d’après-midi, les poignées de main furent brèves, mais les regards disaient l’essentiel : une fraternité née dans le feu, et un peuple qui se remet debout.
Dans la nuit du 17 au 18 août, tandis que l’étau se resserrait, La Londe entrevoyait déjà l’aube de sa délivrance. Au petit matin, les éclaireurs des Fusiliers marins et des Commandos d’Afrique traversaient la ville. Ils apportaient bien plus qu’un appui militaire, un souffle. Celui de la liberté retrouvée.

Des noms gravés dans l’histoire de la ville

François de Canson a fait revivre les noms de ceux qui, ici, incarnèrent l’esprit du 17 août :

Joseph Spada, jeune commando tombé au fort du Salbert (Territoire de Belfort) ;
François de Leusse, libérateur du château de Brégançon (actuelle résidence présidentielle) et maire de La Londe pendant vingt-quatre ans;
Louis Bussonne, exécuté pour avoir saboté le pont du Pansard.

Ces noms ne sont pas des échos d’archives, ce sont des phares dans notre nuit intérieure.

« En cette journée de commémoration, je voudrais que chacun se souvienne de Joseph Spada, de François de Leusse… Souvenons-nous encore de Louis Bussonne ».

Parmi les héros, les Commandos d’Afrique

« Ces hommes d’exception », formés aux missions réputées irréalisables, ont libéré La Londe dans la nuit, lors d’une opération brève et décisive.

Ils furent les premiers à fouler le sol de Provence, sous le commandement du lieutenant-colonel Bouvet.

« Ces combattants, entraînés aux marches forcées, à l’infiltration, au close-combat, aux tirs de précision, au combat antichar et à la neutralisation des sentinelles, étaient des maîtres dans l’art de la guerre. Ils furent les premiers à fouler le sol de Provence, les premiers à la délivrer de l’occupant ».

Leur audace, leur efficacité, leur engagement total dans la cause de la liberté continuent d’inspirer le respect et l’admiration.

Veilleurs de paix, héritiers du 17 août

L’hommage n’est pas un repli sur le passé, mais un appel à la vigilance, à la responsabilité, à la fidélité intérieure : « Dans le monde qui se présente… il est plus que jamais essentiel de rester solides, fermes, arrimés à notre liberté ».

Le véritable héritage du 17 août, c’est une paix concrète et quotidienne, portée par les soldats en opération, les policiers, les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les secouristes, les sauveteurs en mer, et, plus largement, par toutes celles et ceux qui servent le bien commun et font vivre la fraternité.

« Votre engagement est l’héritage vivant de ceux que nous honorons aujourd’hui. Vous êtes les gardiens de ce bien précieux : la paix ».

Tant que cette veille ne faiblira pas, « alors la France restera debout ».

Un flambeau pour éclairer demain

Ainsi, en ce 17 août, un pont s’est dressé entre les générations. Ce que les résistants ont défendu, ce que les commandos ont libéré, ce que les survivants ont reconstruit, il nous appartient de le porter. Non comme un fardeau, mais comme une lumière.

« La France n’a pas été donnée. Elle a été défendue. Aimée. Chérie jusqu’au sacrifice ».

C’est une invitation à la dignité, à l’indépendance, à la responsabilité. Gardons vive en nous la conscience, cette source intérieure qui veille et éclaire. D’elle naît la liberté vécue et par elle nos choix s’élèvent, honorent l’héritage et ouvrent l’avenir.

« Vive celles et ceux qui défendent la patrie. Vive la liberté. Vive La Londe. Vive la France ».

Retrouvez ici le discours complet de François de Canson.