
PARIS : Au Jeu de Paume, Gueule de bois tropicale
En 2003, une amie de l’artiste retrouve dans la rue à Boa Viagem un journal intime dans lequel un homme décrit sa routine de travail, ses amours et ses aventures à Recife entre 1976 et 1977.
Profondément intéressé par l’histoire politique, culturelle et identitaire de son pays, Jonathas de Andrade revisite des traditions populaires, des images vernaculaires, des textes de référence dans les domaines des sciences sociales.
Il recompose ainsi un récit personnel sur le passé, invitant à la réflexion sur des thèmes universels tels que le racisme, la classe sociale, le travail et la nature de l’oppression. En même temps, il articule sa critique d’un point de vue local en situant ses œuvres dans le contexte du Nord-Est brésilien, sa région natale.
Les projets de Jonathas de Andrade nous proposent des éclairages pour mieux comprendre la persistance des problèmes sociaux au Brésil et en Amérique latine, où la modernité démontre inlassablement la perpétuation de la condition coloniale.
Jonathas de Andrade réunit les pages de ce cahier avec des photographies provenant d’archives différentes (des albums personnels et des images de la ville de Recife) pour imaginer à la fois documentaire et fictionnel d’une urbanité tropicale pleine de contrastes. En effet, tandis que les images provenant des albums personnels provoquent une sensation d’étourdissement et de gueule de bois (traduit en portugais par ressaca) et représentent des corps qui ont dépassé leurs limites lors d’une fête, les photographies de Recife documentent un projet de modernité qui est resté inachevé et a été discriminatoire avec la population.
Source : Jonathas de Andrade cet été au Château de Tours.


