PARIS : Avi MOGRABI, cinéaste en résistance par Camille Mén…
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PARIS : Avi MOGRABI, cinéaste en résistance par Camille Ménager, autrice et réalisatrice
« Normalement je ne fais pas de déclarations, je fais des films… » En novembre 2024, Avi Mograbi profite de sa présence sur la scène de la cérémonie de clôture du festival international du documentaire de Leipzig pour demander à ses « amis internationaux d’exhorter [leurs] gouvernements à cesser d’armer et de soutenir Israël en ce moment dévastateur et d’encourager le gouvernement israélien à ouvrir la voie vers un Moyen-Orient pacifique où tout le monde sera libre entre la mer et le Jourdain ». Leipzig, ville natale de sa mère et où, comme il le raconte ce soir-là, sa grand-mère avait été battue par des hitlériens dans la rue sans que personne ne lui vienne en aide. Elle avait alors décidé de quitter sa vie confortable en Allemagne et de partir avec son mari et ses deux filles en Palestine.
Si ce soir-là il prend la parole, c’est que les films ne suffisent pas. Voilà trente-cinq ans qu’il en fait, décortiquant l’histoire et le présent d’Israël où il est né en 1956. C’est l’essence même de son métier de cinéaste : il ne saurait raconter autre chose que sa relation à son pays natal. Pas de neutralité, pas d’irréaliste objectivité, Avi Mograbi met en scène la réalité qui se présente à lui dans toute la complexité qu’elle revêt. Homme profondément de gauche élevé dans une famille sioniste dont il s’éloigne des opinions politiques à l’adolescence, il aime son pays autant qu’il le critique.
« Même quand on est déjà d’accord, on se parle, on s’encourage, on se soutient, on manifeste de la solidarité. C’est ça qui fait que les films sont toujours importants, et encore plus aujourd’hui ».
Avi Mograbi
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Source : La lettre Astérisque de la Scam – été 2025.


