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PARIS : Outre-mer, rétablir l’autorité républicaine dans tous les territoires

Un constat alarmant : une situation sécuritaire en dégradation.

Les Outre-mer sont en première ligne face aux violences, trafics et catastrophes climatiques. Dans l’ensemble des territoires d’outre-mer, le diagnostic est celui d’une situation sécuritaire en dégradation. Chaque année, près de 30 % des homicides en France ont lieu en Outre-mer. Plus de 1000 ultramarins sont victimes d’agressions chaque jour. L’insularité, l’éloignement et la proximité de zones instables en font des zones d’exposition stratégique sur la route des trafics (êtres humains, drogues, armes, espèces protégées), exposées à la criminalité organisée, menace existentielle dont les populations les plus fragiles subissent en premier lieu les agissements.

9 mesures concrètes pour sécuriser les flux

Contrôles renforcés aux ports, aéroports et littoraux, à travers une stratégie de sécurité interservices et interministérielle pilotée par le préfet.

– La mise en œuvre des dispositions de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (généralisation des enquêtes administratives de sécurité, accès des enquêteurs aux images de vidéosurveillance des ports, transmission des données concernant les bateaux qui font escale dans les ports de plaisance, intégration du parquet national anti criminalité organisée (PNACO) dans le protocole de coordination entre la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), le parquet de Paris via la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO) etc.).
– La multiplication d’opérations de contrôle spécifiques (opérations 100 % dans les aéroports de Guyane, des Antilles ou de la Réunion, opération SCOTOPELIA de surveillance du trait de côte dans les Antilles, nouvelles capacités de surveillance et d’intervention maritimes, notamment par la mise en service progressive des patrouilleurs d’outre-mer et des avions de surveillance moderne – flotte F2000).
– L’acquisition de nouveaux moyens (scanners mobiles de basse intensité des Douanes en Guyane et à la Réunion, expérimentation d’un dispositif de « Frontières intelligentes » à Saint-Barthélemy, etc.).

Spécifiquement en Martinique, une mission interservices sera conduite sous l’égide du Secrétariat général de la Mer pour expertiser les besoins de sécurité, identifier les dispositifs à mettre en place et les investissements à réaliser pour lutter efficacement contre les trafics dans le cadre de l’ouverture du Hub Antilles, extension et adaptation des infrastructures des deux grands ports maritimes guadeloupéen et martiniquais.

Contrôle des flux migratoires qui déstabilisent les territoires ultramarins, et plus encore à Mayotte.

– Nouvelles capacités : augmentation des heures de mer de la Marine nationale dédiées à la surveillance et à l’intervention dans l’Océan Indien, déploiement d’une centaine de militaires supplémentaires à Mayotte pour appuyer les FSI dans la lutte contre l’immigration clandestine, depuis la terre.
– Meilleure coordination : création d’un état-major opérationnel pour la lutte contre l’immigration clandestine à Mayotte, déploiement d’une cellule d’échange du renseignement relatif au trafic international de migrants à la Réunion – CERTIM.

Recherche d’une coopération régionale concrète pour contrer l’action des filières criminelles.

– En renforçant la coopération judiciaire internationale dans les Caraïbes et en Amérique du Sud notamment (renforcement du réseau des magistrats de liaison).
– En renforçant les formations communes et partenariats opérationnels entre forces de sécurité et forces armées de pays voisins, par le développement des académies dans le Pacifique, l’océan Indien et la zone Antilles-Guyane.
– En intégrant un volet sécurité aux conférences de coopération régionale.

Protéger les populations les plus vulnérables

S’attaquer aux causes profondes de l’insécurité et de la violence nécessite de mieux protéger les plus vulnérables face aux menaces endémiques qui empoisonnent la vie quotidienne des ultramarins.

Pour les mineurs : qu’ils soient auteurs ou victimes, les mineurs nécessitent une prise en charge particulière, tant du point de vue de la prévention, de la détection ou de l’accompagnement.

Le ministère de la Justice s’engage ainsi à renforcer la prise en charge des jeunes engagés ou risquant de se tourner vers les réseaux criminels, notamment par la mise en œuvre d’actions éducatives, par un accompagnement renforcé (mise en place d’une équipe mobile interdisciplinaire dédiée à l’outre-mer) ou encore par la réalisation d’études approfondies sur la prostitution des mineurs dans les territoires ultramarins.

Pour la sphère familiale : alors que les outre-mer représentent 4 % de la population française, ils représentent 10 % des violences intrafamiliales et 11 % des féminicides.

Il est donc impératif de renforcer les actions de prévention, d’information et d’accompagnement par les unités d’accueil pédiatrique des enfants en danger (UAPED), notamment en développant l’accès au droit pour tous les usagers dans le cadre des travaux du Conseil national de l’aide juridique et en renforçant la prise en charge des auteurs.

Pour les usagers de la route : en 2024, 239 personnes sont mortes sur la route dans les territoires ultramarins.

Cette mortalité routière deux fois plus élevée que dans l’hexagone impose de mettre en place, dès 2026 dans les Antilles, des campagnes d’information et de sensibilisation spécifiques aux risques existants localement.

Se préparer aux risques naturels

Les territoires ultramarins sont particulièrement exposés aux risques majeurs, comme en témoignent les 68 épisodes de vigilance météorologique de niveau orange ou rouge émis par Météo France en 2024, avec des événements marquants tels que les cyclones BELAL en janvier 2024 à La Réunion et CHIDO à Mayotte en décembre 2024. Ces catastrophes font écho aux événements destructeurs qu’ont connu les outre-mer sur cette dernière décennie (Cyclones Irma et Maria dans les Antilles en 2017, cyclone Cook en Nouvelle-Calédonie en 2017, pluies meurtrières en Polynésie en 2022) et, plus récemment, au cyclone GARANCE à La Réunion en février 2025. De plus, les effets du changement climatique, avec les crises de l’eau récurrentes à Mayotte et en Guyane et l’émergence du risque incendie, s’y font particulièrement ressentir : assurer la sécurité des outre-mer c’est enfin donner à ces territoires et à leurs habitants de meilleurs outils pour se protéger face à ces crises majeures.

Mieux détecter les risques, notamment en procédant à l’installation d’un radar hydrométéorologique à Mayotte, seul département d’outre-mer n’en disposant pas.

Renforcer le niveau d’alerte des populations, en déployant le dispositif FR Alerte en Nouvelle-Calédonie et à Saint-Pierre-et-Miquelon (et étude en cours à Wallis-et-Futuna).

Renforcer la réactivité des services et la résilience des territoires en cas de catastrophes naturelles, en mettant notamment en place des éléments avancés permanents (« harpon ») de 5 militaires des formations militaires de sécurité civile (FORMISC) aux Antilles et à

La Réunion en mesure d’accueillir des renforts en cas de crise majeure, en lien avec la PIROI et la PIRAG plateformes d’intervention régionale de l’Océan indien et Antilles-Guyane.

En outre, le ministère des Armées renforce et modernise ses capacités dans les outre-mer pour gagner en résilience et réagir plus rapidement en cas de crise. Le déploiement concomitant de ces mesures doit permettre d’apporter une réponse globale de sécurité adaptée aux spécificités ultramarines, en s’attaquant aux racines de la violence dans les outre-mer, en protégeant les plus vulnérables face aux problématiques endémiques qui les fragilisent, et en donnant à ces territoires de nouveaux outils pour se défendre face aux risques cataclysmiques auxquels ils font face. La combinaison de ces actions doit permettre à notre pays d’adopter une posture souveraine en remplissant ses missions fondamentales, et d’affirmer sa détermination, sa solidité et sa capacité à être un acteur local incontournable dans un contexte de compétition internationale exacerbé.

Source : Comité Interministériel des Outre-mer (CIOM).