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PARIS : Bilan statistique – Atlas départemental de la…

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PARIS : Bilan statistique – Atlas départemental de la délinquance enregistrée en 2024

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publie sa 9ème édition du bilan statistique « Insécurité et délinquance », consacré à l’année 2024 qui a vu l’organisation des Jeux Olympiques et paralympiques (JOP) en France.

Cet ouvrage, centré sur les tendances nationales, est désormais complété, depuis un an, par l’Atlas départemental de la délinquance enregistrée, un outil précieux pour analyser les dynamiques territoriales, y compris en Outre-mer (DROM et COM).
L’ensemble des tendances de la première photographie de la délinquance publiées le 30 janvier 2025 (Interstats Référence) sont confirmées dans ce bilan statistique définitif : sur les 17 indicateurs suivis dans le tableau de synthèse, 5 sont en baisse – dont les homicides pour la première fois depuis 2020 -, 5 sont relativement stables et 7 sont en hausse. Une partie d’entre eux se situent toujours à des niveaux inférieurs à ceux observés avant la crise sanitaire liée au Covid-19.

En 2024, la tendance la plus notable en matière de délinquance enregistrée concerne les violences physiques, en particulier les violences intrafamiliales. La faible progression observée cette année marque une rupture par rapport aux années précédentes : ces violences n’augmentent que de 3 %, contre des hausses annuelles de 11 % en moyenne entre 2016 et 2023. Les violences physiques conjugales restent stables, pour la première fois depuis le Grenelle des violences conjugales et le mouvement de libération de la parole des victimes. Parmi les violences intrafamiliales enregistrées, ce sont celles sur les mineurs qui progressent toujours fortement en 2024 (+11 %). Les violences hors cadre familial sont quant à elles stables en 2024, après un ralentissement amorcé dès 2023 (+3 %).
Un ralentissement similaire est observé pour les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement enregistrées. Après une croissance soutenue depuis 2016 (+7 % en moyenne par an), leur nombre se stabilise en 2024, et ce malgré un contexte jugé propice aux fraudes numériques, notamment en lien avec l’organisation des JOP 2024. En 2024, la moitié des escroqueries et fraudes aux moyens de paiement sont directement en lien avec le numérique.
Sur l’année 2024, le nombre d’homicides baisse (-2 %) pour la première fois depuis 2020, soit 976 personnes victimes d’un homicide. Dans le même temps, les tentatives d’homicide enregistrées poursuivent leur nette progression (+7 %), avec un rythme proche de celui observé depuis 2016 (+8 % par an), mais en ralentissant toutefois par rapport aux deux années précédentes.
En 2024, les violences sexuelles enregistrées progressent nettement (+7 %), mais en léger ralentissement par rapport aux deux années précédentes, et par rapport à 2016 (hausse de 11 % par an en moyenne). Les viols et tentatives de viol enregistrés s’accroissent encore rapidement (+9 %).
En 2024, les infractions enregistrées liées aux stupéfiants connaissent une nette progression, tant pour l’usage (+10 %) que pour le trafic (+6 %). Ces hausses s’expliquent en partie par l’augmentation du nombre de mis en cause pendant les mois de juillet et août 2024, en lien avec la mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure pour les JOP 2024. Elles coïncident également avec le déploiement des opérations « place nette » initiées fin 2023, visant spécifiquement à lutter contre le trafic de stupéfiants. Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance haussière amorcée depuis 2020, avec une augmentation annuelle moyenne de 16 % pour l’usage – notamment depuis la mise en place de l’amende forfaitaire délictuelle dédiée – et de 6 % pour le trafic.
Les vols avec armes enregistrés sont en très légère diminution en 2024 (-1 %), tandis que le nombre de vols violents sans arme et le nombre de vols sans violence contre des personnes baissent davantage (-11 % et -5 % respectivement).
Les évolutions concernant les cambriolages de logement, les vols de véhicule et les vols dans les véhicules enregistrés sont d’une ampleur très limitée en 2024 : légère baisse des vols de véhicule (-2 %), stabilité des cambriolages de logement, quasi-stabilité des vols dans les véhicules (+1 %). Les vols d’accessoires sur véhicules sont plus volatiles et augmentent en 2024 (+4 %), après une année de baisse (-9 %).
En matière de caractérisation (âge, sexe, nationalité) aussi bien des victimes déclarées que des mis en cause, le bilan annuel fournit des premiers éléments. Les victimes d’atteintes aux personnes sont en moyenne plus jeunes que celles d’atteintes aux biens contrairement aux mis en cause qui sont, quant à eux, plus âgés en moyenne pour les atteintes aux personnes que pour les atteintes aux biens. Les étrangers sont plus fréquemment mis en cause pour des atteintes aux biens par rapport à leur part dans la population (8 % des résidents en France).

Dans l’Atlas, le SSMSI suit ces indicateurs entre 2016 et 2024 sur l’ensemble des territoires de la République française : les départements et régions de France métropolitaine, les départements et régions d’outre-mer et les collectivités d’outre-mer. L’Atlas est par ailleurs enrichi d’une vingtaine de cartes départementales dans cette édition issue de l’enquête de victimation Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) conduite par le SSMSI. Ces cartes déclinent les principaux résultats sur le sentiment d’insécurité et les préoccupations sécuritaires présentés chaque année dans le rapport VRS à l’échelon national.

Enfin, le bilan statistique annuel propose 4 éclairages inédits en 2024 :

– Le premier porte sur l’élucidation des crimes et délits enregistrés en 2023. Les atteintes aux biens sont moins souvent élucidées que les atteintes aux personnes : moins de 7 % au bout d’un an pour les vols sans violence contre des personnes, les cambriolages de logement et les vols liés aux véhicules ; contre 65 % pour les homicides, 68 % pour les tentatives d’homicide et 79 % pour les violences physiques intrafamiliales. Entre 2017 et 2023, les taux d’élucidation sont en baisse pour la quasi-totalité des indicateurs.

– Le deuxième éclairage concerne les délais de dépôt de plainte qui s’allongent pour les violences sexuelles et pour les violences intrafamiliales à l’encontre des mineurs. La proportion des violences sexuelles commises plus de 5 ans avant le dépôt de plainte est passée de 9 % en 2016 à 17 % en 2021, part stable depuis, tandis que celle concernant les violences intrafamiliales sur mineurs est passée de 5 % en 2016 à 14 % en 2024.

– Le troisième est une étude thématique sur les infractions liées au numérique qui atteignent 398 700 crimes et délits enregistrés en 2024. Toutes les catégories d’infractions commises à l’aide d’un outil numérique progressent : +8 % pour les atteintes aux biens, +18 % pour les atteintes visant les personnes, +13 % pour les atteintes aux institutions et enfin +18 % pour les atteintes aux législations spécifiques au numérique. Malgré cette augmentation générale, les atteintes visant directement les systèmes informatiques (ASTAD) diminuent de 5 %.

– Une dernière étude porte sur les atteintes à l’environnement enregistrées. En 2024, les atteintes à l’environnement augmentent de 9 % avec 46 900 infractions enregistrées, dont 40 % d’atteintes sur les animaux. Les dépôts sauvages d’ordures sont en légère hausse (+1 %), soit 42 100 infractions, et ils concernent surtout les grandes villes.

Les données associées à l’Atlas départemental (et notamment la base statistiques communale, départementale et régionale de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales) et au bilan statistique annuel Insécurité et délinquance sont disponibles en open data sur les sites interieur.gouv.fr/Interstats et data.gouv.fr

Les datavisualisations associées à ces deux ouvrages sont également mises à jour.

Voir notamment :

– Délinquance enregistrée au niveau départemental et communal : https://ssmsi.shinyapps.io/donneesterritoriales/

Ces deux ouvrages annuels ont vocation à contribuer à l’analyse des politiques de sécurité intérieure et aux débats qui les entourent, en fournissant des informations objectives, régulières et transparentes.

Retrouvez la publication ici
Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI)
Interstats Référence

À propos du SSMSI

Au sein du ministère de l’intérieur, le SSMSI est le service statistique en charge de la sécurité intérieure, rattaché à la fois à la police et à la gendarmerie. Il compose avec l’Insee et 15 autres services statistiques ministériels le service statistique public coordonné par l’Insee. Créé fin 2014, le SSMSI a pour mission de produire et de mettre à disposition du grand public et des services du ministère des statistiques et des analyses sur la sécurité intérieure et la délinquance. Comme les autres membres du service statistique public, il respecte un certain nombre de règles visant à maintenir la confiance dans les informations produites et diffusées, en particulier indépendance professionnelle, fiabilité, neutralité, qualité des processus, méthodologie solide, accessibilité. Son programme de travail fait l’objet d’une concertation avec l’ensemble des utilisateurs au sein du Conseil national de l’information statistique (Cnis). Son activité est évaluée par l’Autorité de la statistique publique (ASP).

Toutes les publications du SSMSI sont disponibles et téléchargeables en ligne sur son site internet

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