AIX EN PROVENCE : Renaud MUSELIER à l’ouverture des R…
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AIX EN PROVENCE : Renaud MUSELIER à l’ouverture des Rencontres Economiques d’Aix
Ce jeudi 3 juillet, Renaud MUSELIER, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a participé à l’ouverture des Rencontres Economiques d’Aix.
Il était aux côtés notamment de Sophie JOISSAINS, Maire d’Aix-en-Provence, Vice-Présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge de la Culture et Jean-Hervé LORENZI, Président des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence. À cette occasion, Renaud MUSELIER a rappelé que la Région a accompagné, depuis 2016, 100 000 entreprises, avec 6 milliards d’euros investis dans le tissu économique et un cap clair : faire de la Région Sud un territoire de souveraineté réelle.
Initié en 2023, la Région Sud renouvelle son partenariat avec les Rencontres Économiques d’Aix. Ce partenariat renforce le rayonnement de notre territoire, et relie le Sud au reste du monde. Il permet d’attirer davantage d’entreprises et de talents sur le territoire, participant ainsi au développement et au rayonnement économique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Discours de Renaud MUSELIER,
Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,
Rencontres Economiques d’Aix-en-Provence 2025
« Affronter le choc des réalités »
Jeudi 3 juillet 2025
Aix-en-Provence
Il y a un quart de siècle, un souffle nouveau a traversé la pensée économique française.
Un souffle venu du Sud. D’une ville de lumière et d’exigence. Aix-en-Provence.
Ici, on ne pense pas à l’écart de la vie.
On débat à hauteur d’homme.
On refuse les postures, on cherche les justes lignes.
C’est la ville où Cézanne a inventé la couleur, où Zola a donné voix à la justice, et où plus de 80 000 étudiants, dans plus grande université francophone du monde, chaque jour, confrontent les savoirs au réel.
Aix, c’est une terre universitaire, mais surtout une terre d’universel.
Quand les Rencontres Économiques ont choisi cette ville, elles ont déplacé le centre de gravité de la pensée économique.
Elles ont fait le pari de la décentralisation, oui — mais surtout, celui de l’incarnation.
Et depuis vingt-cinq ans, c’est ici que s’élève une parole rare.
Une parole libre, ouverte, traversée par le doute, portée par la raison.
Une parole où les chefs d’État croisent les étudiants, où les économistes dialoguent avec les artistes, où les syndicalistes et les dirigeants partagent, ensemble, la même agora.
Chaque été, quand les Rencontres commencent, la France change de rythme.
Les cravates se desserrent. Le temps se suspend. Et le débat s’ouvre.
C’est ça, le Sud.
Être sérieux sans se prendre au sérieux.
Travailler sans perdre de vue l’essentiel.
Penser haut, mais sans jamais mépriser le réel.
Cette année, le thème nous impose une exigence : Affronter le choc des réalités. Nous vivons une époque où les crises ne s’enchaînent plus, elles se chevauchent.
Climat, géopolitique, numérique, énergie, confiance démocratique : tout vacille, tout accélère.
Les consensus s’effritent, les certitudes se dissolvent, et ce que l’on croyait acquis – la paix, la croissance, la cohésion – devient précaire.
Un monde d’interdépendances devenues vulnérabilités.
Un monde où le droit recule, et la puissance s’affiche.
Un monde où le confort des certitudes molles cède devant la brutalité des faits.
Dans cette recomposition brutale, un clivage majeur se dessine : entre les autocrates, les kleptocrates, et les démocraties libérales.
Un clivage qui s’infiltre partout, porté par la technologie.
Par le charme, l’achat, la menace — et trop souvent, la violence.
Et dans ce monde qui vacille, l’Europe doit redevenir une volonté.
Pas seulement un marché commun, mais une puissance commune.
Une Europe qui protège ses intérêts, qui affirme ses choix, qui défend ses valeurs.
Il nous faut une Europe qui sache dire non, qui sache dire oui, et qui sache dire nous.
Le choc, il est là : dans l’inflation du court terme et l’effacement du temps long.
Dans le déluge de données et la raréfaction du sens.
Dans la brutalité du monde et le silence des repères.
Alors oui, il faut affronter. Non pas fuir. Non pas contourner. Non pas lisser.
Mais affronter. Avec lucidité. Avec volonté. Avec courage.
En Région Sud, c’est ce que nous faisons.
Région de contrastes, d’exposition, de contacts, de flux.
Région d’innovation, de tourisme, d’agriculture, d’industrie.
Région qui conjugue Méditerranée, montagne et métropoles.
Nous vivons les chocs à hauteur d’homme. Et nous y répondons à hauteur de territoire.
Car les territoires sont notre premier amortisseur, notre premier levier, notre première ligne de réponse.
C’est là que les politiques prennent corps.
C’est là que les solidarités s’organisent.
C’est là que la République se prouve, jour après jour, dans la complexité du réel.
Nous n’avons pas tout résolu.
Mais nous avons structuré une action.
Nous avons investi. Nous avons soutenu. Nous avons anticipé.
Depuis 2016, 100 000 entreprises accompagnées, 6 milliards d’euros injectés dans le tissu économique, et un cap clair : faire de la Région Sud un territoire de souveraineté réelle.
Nous ne croyons pas à la verticalité solitaire.
Nous croyons à la coalition des forces.
Et surtout : à la continuité des engagements.
Les Rencontres d’Aix nous rappellent que la pensée ne vaut que si elle irrigue l’action, que l’économie ne vaut que si elle émancipe, et que la parole publique ne vaut que si elle éclaire l’avenir.
Dans un monde saturé d’images, de bruit et de vitesse, ces Rencontres sont un point fixe.
Un moment de respiration démocratique.
Un temps où l’on suspend le tumulte pour revenir à l’essentiel.
Un lieu où l’on ose poser les vraies questions.
Où l’on affronte les contradictions.
Où l’on refuse les slogans, et où l’on cherche du sens.
Et cela, nous le devons à une vision.
À une fidélité.
Celle de Jean-Hervé Lorenzi, qui, année après année, a su faire de ce forum un sommet sans verticalité.
Une agora où la République des idées dialogue avec la République des territoires.
Alors, pour ces 25 ans, je veux le dire simplement :
Merci.
Merci à ceux qui ont tenu ce cap.
Merci à ceux qui ont osé penser autrement.
Et merci à ceux qui, aujourd’hui encore, croient que le débat reste un acte politique, au sens noble du terme.
Le monde change. L’époque est instable.
Tant que des lieux comme celui-ci existeront, tant qu’il y aura des femmes et des hommes pour penser librement, débattre sans peur, et choisir le réel plutôt que le confort, alors il y aura des issues. Et surtout : un cap.
Bienvenue à Aix.
Bienvenue dans la capitale estivale du débat éclairé.
Bienvenue dans le Sud, où la pensée prend le soleil sans perdre sa rigueur.
Photo Jean-Charles VERCHERE.