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PARIS : Fondapol – La compétence morale du peuple

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PARIS : Fondapol – La compétence morale du peuple

L’historienne Françoise Mélonio a expliqué dans une communication sur La Démocratie en Amérique et en France, donnée à l’Académie des sciences morales et politiques le 10 mai 2010, que l’ambition inscrite dans l’étymologie même du mot démocratie, donner le pouvoir au peuple, avait été traditionnellement perçue en France comme une doctrine voire comme un dogme, plutôt que comme un programme ou un objectif réaliste à prendre au pied de la lettre.

Faut-il partager ce scepticisme ? Je tenterai de répondre à cette question en m’appuyant sur quelques idées-forces empruntées aux sciences sociales classiques et modernes, et sur quelques données tirées des enquêtes sociologiques.

Elles suggèrent que l’idée de la souveraineté du peuple doit être prise au sérieux, d’abord parce qu’elle s’enracine dans un principe moral solide, celui de la dignité humaine ; ensuite, parce qu’elle se concrétise dans le pouvoir d’arbitrage décisif que la démocratie représentative confère à l’opinion publique.

En contrepoint, je me demanderai pourquoi le scepticisme sur la démocratie représentative semble plus marqué en France que dans les démocraties voisines, comme en témoigne par exemple le fait que des notions comme celles de démocratie délibérative et plus encore de démocratie participative y sont aujourd’hui plus facilement qu’ailleurs considérées comme identifiant des formes supérieures de démocratie.

Raymond Boudon,

Professeur émérite à l’Université de Paris-Sorbonne.

SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 22 mai 2025.