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SAINT-TROPEZ : L’origine de la Bravade de Saint-Trope…

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SAINT-TROPEZ : L’origine de la Bravade de Saint-Tropez par Sylvie Bourgeois Harel

Chaque année, du 16 au 18 mai, Saint-Tropez célèbre la Bravade, une fête à la fois religieuse et militaire, rendant hommage au Chevalier Torpes et aux défenseurs du village.

La Bravade de Saint-Tropez est bien plus qu’une simple célébration : elle incarne l’histoire, la résilience et l’identité d’un village qui, au fil des siècles, a su résister aux invasions et préserver ses traditions.

Origines militaires de la Bravade

Tout commence en 1441, lorsque le roi René confie à Jean de Cossa, seigneur de Grimaud, la mission de repeupler Saint-Tropez. Les habitants, épuisés par les attaques répétées des pirates, avaient déserté le littoral pour se réfugier à l’intérieur des terres. Pour mener à bien cette tâche, Cossa signe en 1470 une convention avec Raphaël Garezzo, seigneur de Pornassio, qui envoie vingt-et-une familles génoises s’installer à Saint-Tropez.

Ces familles, composées de nobles, mais aussi de bagnards libérés pour leur force et leur capacité à se battre, reçoivent en échange une franchise fiscale, une immunité totale et une autonomie en armes. Leur mission : rebâtir le port, construire des remparts et défendre la cité. Ces nouveaux arrivants, unis et solidaires, forment une communauté prospère, permettant aux Tropéziens de revenir progressivement dans leur village.

Pour éviter toute prise de pouvoir abusive, un Capitaine de Ville est nommé chaque Lundi de Pâques à partir de 1558. Sa mission : former et diriger la milice locale. Cependant, en 1672, Louis XIV met fin à cette organisation en imposant une garnison royale et le paiement des impôts. En réaction, les Tropéziens décident de continuer à nommer un Capitaine de Ville chaque année, à titre honorifique, pour perpétuer le souvenir de leur bravoure.

La dimension religieuse de la Bravade

La Bravade honore également Saint Torpes, un martyr chrétien devenu le saint patron de Saint-Tropez. Selon la légende, en l’an 68, le Chevalier Torpes, chef de la garde personnelle de l’empereur Néron, refuse d’abjurer sa foi chrétienne. Après avoir survécu à la flagellation et aux fauves, il est décapité. Son corps, placé dans une barque avec un coq et un chien, dérive sur le fleuve Arno et s’échoue sur la plage d’Héracléa le 17 mai de la même année. Le coq donne son nom au village de Cogolin, tandis que le chien inspire celui de Grimaud, signifiant « vieux chien » en provençal.

Les festivités de la Bravade

Aujourd’hui, la Bravade est un événement riche en symboles et en traditions. Les bravadeurs, membres de l’association Les Amis de la Bravade, défilent en uniformes militaires anciens, tandis que les femmes, vêtues de tenues provençales, dansent au rythme des fifres et des tambours. Le buste de Saint Torpes, sorti solennellement de l’église, mène une longue procession religieuse à travers les ruelles du village. Des messes sont célébrées, avec bénédiction des armes et des bouquets de fleurs rouges et blanches, les couleurs emblématiques de la cité.

La Bravade est avant tout une fête des résistants, un hymne à la liberté, mêlant joie, sérieux et émotion. Elle rappelle à chaque génération l’importance de la bravoure et de la solidarité.

Pour en savoir plus :
– Découvrez les articles de Sylvie Bourgeois Harel sur son site officiel.
– Visionnez les vidéos de Marcelline sur YouTube.

Source : Sylvie Bourgeois Harel