PARIS : Asterès analyse les chiffres du marché de l’e…
Partager :

PARIS : Asterès analyse les chiffres du marché de l’emploi du premier trimestre 2025
Dans l’Alerte Eco du jour, Asterès analyse les chiffres du marché de l’emploi du premier trimestre 2025, qui sont moins négatifs qu’on aurait pu le craindre.
D’après la publication Insee du 16 mai 2025 Marché du travail : quasi-stabilité du chômage au premier trimestre
Le taux de chômage a progressé de 0,1 point au premier trimestre 2025 et baisse de 0,1 point par rapport au premier trimestre 2024. Le redressement de la productivité, une bonne nouvelle à long terme, risque cependant de peser sur le
taux de chômage en 2025.
La très légère hausse du taux de chômage, de 7,3 % au quatrième trimestre 2024 à 7,4 % au premier trimestre 2025 est presque une bonne nouvelle, puisque l’Insee tablait sur une hausse à 7,5 %1 . Le nombre de personnes dans le halo du
chômage, la proportion de CDI et le taux d’emploi évoluent positivement.
Le nombre de chômeurs a augmenté de 64 000 sur un trimestre, pour s’établit à 2,4 millions de personnes, soit 7,4 % de la population active. Malgré cette très légère hausse, le taux de chômage demeure à un niveau faible par rapport à
la moyenne des quarante dernières années.
Alors que l’on pourrait craindre une dégradation de l’ensemble des indicateurs du marché du travail au vu de la conjoncture morose et de l’annonce de suppressions de poste (Moët Hennessy ou ArcelorMittal par exemple), certaines évolutions du premier trimestre ont été clairement positives. Ainsi, le nombre de personnes dans le halo du chômage a diminué de 109 000 personnes au premier trimestre, le taux d’emploi en CDI a progressé de 0,3 point et le taux d’emploi global a poursuivi sa tendance haussière de ces dernières années.
En 2025, la productivité du travail devrait se redresser du fait d’une croissance faible couplée à d’une légère baisse du nombre d’emplois. La hausse de la productivité, si elle peut nuire à l’emploi à court terme, est cependant une évolution
positive à long terme.
La baisse de la productivité par salarié a été une des évolutions marquantes de la reprise en sortie de crise sanitaire.
Le développement de l’apprentissage, la désorganisation de l’économie ou la volonté des entreprises de garder leurs effectifs malgré une baisse momentanée d’activité ont pu expliquer cette évolution. La productivité a légèrement rebondi depuis 2023, sans pour autant retrouver son niveau précédant la crise sanitaire. En 2025, elle devrait continuer à croître du fait d’une croissance modeste (environ 0,6 %) et d’un nombre d’emplois qui sera au mieux stable, voire en légère baisse.
Le rebond observé et attendu de la productivité est une évolution souhaitable. À court terme, une baisse de la productivité peut être perçue positivement, puisqu’elle entraîne des embauches croissantes pour un même volume de production.
Entre 2021 et 2023, la nette amélioration du marché du travail et la baisse de la productivité par rapport au niveau pré-covid ont été des évolutions liées. Cependant, à long terme il est souhaitable que la productivité augmente. En effet, le niveau de vie moyen ne peut durablement croître, à temps de travail constant, que si la productivité augmente. Dans les faits, les évolutions longues du pouvoir d’achat sont étroitement liées à la dynamique de la productivité. De plus, les gains de productivité n’entraînent pas une hausse tendancielle du chômage car ils permettent une hausse de la production, donc des revenus et de la consommation, ce qui soutient les créations d’emplois.
Sylvain BERSINGER, chef économiste.
1 Insee, note de conjoncture « désordre mondial, croissance en berne », 18 mars 2025.
Asterès est un cabinet d’études économiques et de conseil. Nous proposons aux entreprises et au secteur public des outils de réflexion pour orienter l’action. Notre mission est de mettre l’expertise économique au service du développement de nos clients. Ainsi, nous donnons à l’analyse économique son rôle opérationnel.


