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PARIS : Les incertitudes menacent la générosité des Français

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PARIS : Les incertitudes menacent la générosité des Français

Les incertitudes politiques et économiques pèsent sur la générosité des Français.

Alors que la période de déclaration des revenus 2024 bat son plein, la Fondation Apprentis d’Auteuil publie la 6ème édition de son baromètre annuel de la solidarité. Réalisée par Ipsos, cette enquête met en lumière l’impact des incertitudes géopolitiques et économiques sur les dons des Français aux organismes caritatifs.

Une générosité fragilisée par les incertitudes

En 2023, la générosité des Français avait résisté malgré l’inflation. Cependant, en 2024, l’inquiétude face à l’avenir pourrait fragiliser cette dynamique. La Fondation alerte sur les risques que représentent les incertitudes économiques, sociales et politiques pour la solidarité en 2025, notamment chez les jeunes et les ménages modestes.

Les Français se montrent de plus en plus préoccupés par l’actualité nationale et internationale, ce qui pourrait freiner leur élan de solidarité. Les principales inquiétudes concernent l’avenir des jeunes (88 %, +4 points par rapport à 2024), des personnes les plus précaires (86 %) et des Français en général (84 %, +4 points). Les plus aisés partagent ces préoccupations, avec 58 % d’entre eux inquiets pour leur avenir (+5 points).

Stéphane Dauge, directeur des ressources de la Fondation Apprentis d’Auteuil, déclare : « L’inquiétude – nourrie par l’incertitude politique et économique – gagne tous les Français, y compris les plus aisés. Cette tendance nous alerte et nous inquiète, alors que les besoins des jeunes montent en flèche et que les financements publics se resserrent. »

Des dons en régression en 2024

En 2023, les Français avaient été particulièrement généreux, y compris les jeunes et les plus modestes. En 2024, bien que le nombre de donateurs reste stable, les montants des dons ont régressé, revenant à leur niveau de 2022. 52 % des Français déclarent avoir réalisé au moins un don en 2024 (+1 point depuis 2019), un chiffre qui grimpe à 84 % parmi les hauts revenus (+7 points en 5 ans). Cependant, le montant moyen des dons a baissé : 364 € pour le grand public (contre 371 € en 2023) et 2322 € pour les hauts revenus (contre 2686 €).

Des prévisions en demi-teinte pour 2025

Une majorité de Français envisagent de donner à des associations caritatives en 2025, mais des signaux faibles laissent présager une baisse des montants alloués. 55 % des Français déclarent qu’ils ont ou vont donner cette année, mais la proportion effective de donateurs en 2024 est inférieure aux intentions annoncées en 2023 (-3 points). De plus, 48 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a baissé par rapport à 2024, ce qui pourrait limiter leur générosité.

Les prévisions sont plus optimistes pour les hauts revenus : 87 % déclarent qu’ils ont donné ou vont donner en 2025 (+4 points), et 56 % ont déjà effectué des dons en début d’année (+2 points).

La jeunesse et l’éducation, des causes prioritaires

Parmi les causes qui mobilisent les donateurs, la santé et la recherche médicale arrivent en tête (44 %, +7 points), suivies par l’aide aux plus démunis (32 %, -6 points), la défense des animaux (26 %, -2 points) et l’enfance, la jeunesse et l’éducation (24 %). Chez les hauts revenus, la santé et la recherche médicale restent prioritaires (46 %, +1 point), suivies par l’aide aux personnes démunies (40 %, +1 point) et l’éducation (33 %, -9 %).

Stéphane Dauge insiste : « Les Français se disent inquiets pour l’avenir de la jeunesse et des personnes les plus précaires, et ils ont raison. Nous accueillons des jeunes et des familles de plus en plus fragiles, avec des besoins massifs pour construire leur avenir. »

Une meilleure information sur les avantages fiscaux

Les Français, en particulier les plus aisés, sont de mieux en mieux informés sur les avantages fiscaux liés aux dons. 72 % des hauts revenus connaissent le plafond de déduction des dons (+2 points), et 35 % déclarent que cela a influencé leurs dons (+5 points). 87 % des donateurs se sentent bien informés sur les avantages fiscaux (+7 points).

La presse et les organismes caritatifs jouent un rôle clé dans cette information : 32 % des donateurs s’informent auprès des organismes caritatifs (+6 points), 35 % auprès de la presse (+3 points) et 31 % auprès de l’administration fiscale (+3 points).

Stéphane Dauge ajoute : « Les politiques fiscales et leur stabilité créent une dynamique positive sur le don. Nous avons besoin que les pouvoirs publics encouragent la générosité des Français, pour qu’ils puissent continuer à soutenir la jeunesse en difficulté. »

Méthodologie

L’enquête a été réalisée par Ipsos pour la Fondation Apprentis d’Auteuil entre le 26 février et le 12 mars 2025, auprès de 1000 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, ainsi qu’un panel de 500 personnes dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120 000 €.

À propos d’Apprentis d’Auteuil

Fondation catholique reconnue d’utilité publique, Apprentis d’Auteuil accompagne plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles dans plus de 450 établissements et dispositifs. La fondation dispense 90 formations professionnelles dans 12 filières et mène des actions dans 35 pays. www.apprentis-auteuil.org