Passer au contenu principal

PARIS : Débat sur l’aide à mourir, distinguer euthana…

Partager :

PARIS : Débat sur l’aide à mourir, distinguer euthanasie et suicide assisté

L’Académie nationale de médecine appelle à distinguer euthanasie et suicide assisté dans le cadre du débat sur la fin de vie.

Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à examiner la proposition de loi n° 1100 « relative à la fin de vie », l’Académie nationale de médecine soulève une préoccupation majeure : le texte ne fait pas de distinction claire entre euthanasie et suicide assisté, les regroupant sous le terme générique d’« Aide à Mourir ».

Un débat éthique et médical à l’Assemblée nationale

À la veille de l’ouverture des discussions parlementaires, l’Académie nationale de médecine rappelle sa position officielle, adoptée en séance plénière le 27 juin 2023. Dans un avis intitulé « Favoriser une fin de vie digne et apaisée : répondre à la souffrance inhumaine et protéger les personnes les plus vulnérables », elle insiste sur la nécessité de différencier ces deux pratiques. Selon elle, « vis-à-vis des soignants, des patients et des familles, l’assistance au suicide et l’euthanasie n’ont pas la même portée et doivent être distinguées l’une de l’autre », déclare l’Académie.

Suicide assisté et euthanasie : des enjeux distincts

L’Académie observe que l’autorisation de l’utilisation d’un produit létal pour une assistance au suicide ne conduit pas systématiquement à son usage. Dans un tiers des cas, les patients hésitent ou renoncent, ce qui montre que le suicide assisté respecte l’incertitude et l’hésitation du choix ultime. En revanche, l’euthanasie, par sa nature, ne laisse pas cette possibilité de rétractation.

L’Académie recommande donc d’écarter l’euthanasie en raison de sa forte portée morale et symbolique, mais aussi parce que de nombreux professionnels de santé et membres d’associations d’accompagnement en fin de vie s’y opposent.

Un encadrement strict pour le suicide assisté

Concernant le suicide assisté, l’Académie préconise un encadrement rigoureux. Elle exige une évaluation préalable réactive, répétée, collégiale et multi-professionnelle, suite à la demande d’une personne en capacité de discernement et bénéficiant de soins palliatifs. Elle appelle également à exclure du champ de l’assistance au suicide les personnes souffrant de troubles psychologiques, d’état dépressif, de troubles cognitifs avérés liés au grand âge, ou de maladies et handicaps altérant la capacité de jugement.

La distinction entre euthanasie et suicide assisté est essentielle pour garantir une fin de vie digne et apaisée, en respectant les choix et les vulnérabilités des individus. Cette réflexion ouvre la voie à une meilleure compréhension des enjeux éthiques et médicaux entourant la fin de vie.

Pour plus d’informations :
www.academie-medecine.fr/communique-sur-la-proposition-de-loi-n-1100-relative-a-la-fin-de-vie-examinee-par-lassemblee-nationale/