PARIS : Institut ILIADE – Polémos notre père
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PARIS : Institut ILIADE – Polémos notre père
La guerre n’est pas un accident de l’histoire, mais son origine même.
C’est ce postulat radical qu’Aristide Leucate défend dans Polémos notre père, vingt-septième volume de la collection Longue Mémoire de l’Institut Iliade. S’appuyant sur Héraclite, Homère, Clausewitz, Julien Freund ou encore Gaston Bouthoul, l’auteur propose une analyse puissante et rigoureuse de ce qu’il appelle « le phénomène guerre », qu’il considère comme constitutif de la condition humaine et de toute construction civilisationnelle.
Pour Leucate, la guerre est bien davantage qu’un fait militaire ou une tragédie sociale : elle est un phénomène fondamentalement anthropologique. Refuser la guerre au nom d’un pacifisme abstrait, c’est méconnaître ce qu’elle révèle : l’identité, l’ordre, la loi. Polémos, dieu sombre et oublié, est, selon Héraclite, « le père de toutes choses ». À travers lui, c’est toute la dialectique du monde qui se dévoile : celle des contraires, des épreuves et des dépassements.
Dans une approche résolument interdisciplinaire, l’auteur suit les traces de la guerre dans l’histoire européenne. Le lecteur croisera Homère, Éris et Arès, mais aussi Julien Freund, dont l’idée selon laquelle la guerre est une essence – c’est-à-dire une activité permanente, spécifique et inhérente à l’homme – traverse tout l’ouvrage.
Leucate s’emploie également à réfuter l’illusion moderne d’une paix désincarnée. Il rappelle, à la suite de Freund et Proudhon, que guerre et paix sont corrélatives, indissociables, et qu’aucune paix véritable ne peut être conçue sans intégrer la dimension tragique du conflit.
Derrière ce propos d’une rigueur méthodologique irréprochable, c’est une vision du monde que dessine Aristide Leucate : celle d’un réel traversé de tensions, de luttes et de choix décisifs. La guerre, écrit-il, est une institution humaine, destructrice certes, mais aussi révélatrice et structurante. Elle est, à ce titre, indéracinable.
En revenant aux Grecs, Polémos éclaire les errements contemporains : il montre combien notre époque, qui prétend évacuer le tragique du politique, court le risque de la dissolution. Par sa densité, sa clarté et son ancrage dans la longue mémoire européenne, ce texte s’impose comme une contribution majeure à la compréhension du fait guerrier. Il et s’inscrit dans le sillage d’une pensée européenne du conflit assumé, de Carl Schmitt à Julien Freund. À lire d’urgence, en des temps où l’oubli de Polémos pourrait bien nous coûter plus cher que sa reconnaissance.
SOURCE : Institut ILIADE.


