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PARIS : 5ème édition du Baromètre Hygiène et Précarité réal…

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PARIS : 5ème édition du Baromètre Hygiène et Précarité réalisé par l’IFOP

La précarité hygiénique en France atteint un niveau critique, selon le 5ème baromètre de Dons Solidaires.

Pour la cinquième année consécutive, l’association Dons Solidaires publie son baromètre Hygiène & Précarité en France, réalisé par l’IFOP. Cette étude, menée depuis 2019, révèle une progression alarmante de la précarité hygiénique, désormais installée à un niveau critique. Les résultats de l’édition 2025 mettent en lumière des chiffres inquiétants et des réalités sociales préoccupantes. Pour la 5ème année consécutive, l’association Dons Solidaires publie son baromètre Hygiène & Précarité en France, réalisé par l’IFOP. Depuis 2019, cette étude met en lumière la progression alarmante de la précarité hygiénique, qui s’installe à un niveau critique.

Que retenir de cette nouvelle édition ?

  • 47% des personnes interrogées indique que le contexte économique les incite à limiter leur consommation de produits d’hygiène
  • 8 millions de Français doivent arbitrer entre l’achat de nourriture ou de de produits d’hygiène
  • 23% des jeunes parents doivent renoncer à acheter des couches fautes de moyen
  • Près de 3 millions de femmes déclarent manquer régulièrement de protections périodiques.

Cette année, le baromètre montre que les moins de 35 ans sont particulièrement touchés par cette précarité. Ils sont 62% à déclarer restreindre leur consommation de produits d’hygiène en raison de difficultés financières, entrainant des conséquences non négligeables socialement et psychologiquement.

Une précarité hygiénique en hausse

Près d’un Français sur deux (47 %) déclare limiter sa consommation de produits d’hygiène en raison du contexte économique. Ce chiffre atteint même 71 % parmi les personnes en situation de pauvreté, un niveau record. Cette restriction touche des produits essentiels comme le gel douche, la lessive ou le déodorant, mais aussi des articles plus spécifiques comme les protections périodiques ou les couches pour bébés. L’étude souligne que 8 millions de Français sont contraints d’arbitrer entre l’achat de nourriture et celui de produits d’hygiène. Cette situation concerne particulièrement les jeunes parents, avec 23 % d’entre eux renonçant à acheter des couches faute de moyens. Près de 3 millions de femmes déclarent également manquer régulièrement de protections périodiques, un phénomène qui touche particulièrement les moins de 35 ans.

Les jeunes, premières victimes de cette crise

Les moins de 35 ans sont les plus affectés par cette précarité. Ils sont 62 % à restreindre leur consommation de produits d’hygiène en raison de difficultés financières. Cette situation a des conséquences sociales et psychologiques importantes, avec un impact direct sur leur estime de soi et leur insertion professionnelle.

Dominique Besançon, Déléguée Générale de Dons Solidaires, déclare : « Dons Solidaires tire la sonnette d’alarme : 8 millions de personnes en France doivent faire des arbitrages quotidiens entre se nourrir et se laver. Les associations, déjà sous pression, peinent à répondre à la demande. Derrière ce chiffre, ce sont des femmes sans protections périodiques, des enfants sans dentifrice et des bébés gardant des couches souillées, avec des conséquences sanitaires graves. Nous voulons alerter et mobiliser davantage pour faire face à cette urgence sociale ».

Des renoncements aux produits essentiels

Les renoncements aux produits de base se maintiennent à des niveaux préoccupants. En 2025, 8 % des Français renoncent à acheter du gel douche, 9 % à la lessive et 12 % au déodorant. Les produits cosmétiques, souvent liés à l’estime de soi, sont également sacrifiés : une Française sur trois renonce au maquillage, et 27 % aux colorations capillaires. Les parents de jeunes enfants ne sont pas épargnés. 23 % d’entre eux, et jusqu’à 44 % des familles monoparentales, doivent renoncer à acheter des couches faute de moyens. Cette situation pousse les foyers à tout compter et à tout contrôler. Aujourd’hui, 22 % des Français limitent leur consommation de papier toilette (x3 depuis 2019), et 15 % espacent leurs shampoings pour économiser.

Un impact psychologique et social majeur

La précarité hygiénique a des répercussions profondes sur le bien-être et l’inclusion sociale. 31 % des personnes concernées évitent de sortir (+3 points vs 2024), 28 % se sentent mal à l’aise au travail (+2 points) et 23 % fuient les interactions sociales, évitant parfois même des connaissances ou renonçant au sport (+1 point). Ce malaise se traduit par une perte de confiance en soi, particulièrement marquée chez les personnes en situation de pauvreté.

Françoise, au chômage, 63 ans, témoigne : « On fait avec les moyens du bord, on utilise du shampooing pour se laver le corps ou inversement du gel douche pour la tête […] et je fais rarement des lessives, je mets les vêtements à aérer pour éviter qu’il y ait des odeurs ».

Les femmes face à la précarité menstruelle

La précarité menstruelle reste un phénomène de grande ampleur. 16 % des répondantes (2,9 millions de femmes) déclarent manquer régulièrement de protections périodiques, un chiffre stable par rapport à l’an dernier, mais deux fois plus élevé qu’en 2019. Cette réalité touche particulièrement les jeunes générations et les femmes précaires. Faute de moyens, 13 % des femmes ont déjà dû utiliser une protection de fortune (tissu, papier toilette…), un chiffre doublé depuis 2019. Les conséquences sont graves sur la confiance en soi et l’insertion sociale, avec une femme menstruée sur dix se retrouvant isolée, renonçant à sortir ou à aller travailler.

Une mobilisation nécessaire

Face à cette urgence, l’action de Dons Solidaires et de ses partenaires est plus que jamais essentielle. Depuis 2004, l’association agit pour permettre aux personnes en précarité d’accéder aux produits essentiels du quotidien. En 2024, grâce à l’engagement de 220 entreprises partenaires, 10 millions de produits ont été redistribués à travers un réseau de plus de 1 200 associations, venant en aide à 1,3 million de personnes en difficulté.

Retrouvez l’étude complète sur : www.donsolidaires.fr

Face à cette réalité, il apparaît indispensable de repenser notre rapport à l’essentiel et de soutenir les initiatives qui œuvrent pour la dignité de chacun.

La précarité hygiénique, loin d’être une fatalité, est un défi collectif qui appelle à une mobilisation durable et solidaire.

Source : Dons Solidaires, Baromètre Hygiène & Précarité 2025, IFOP.