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PARIS : Fondapol – Good COP21, Bad COP21, le Kant eur…

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PARIS : Fondapol – Good COP21, Bad COP21, le Kant européen et le Machiavel chinois (1)

La Conférence climatique de Paris s’appuiera sur une prise de conscience largement partagée des risques climatiques.

Toutefois, le processus de négociation onusien donne des signes patents d’épuisement et il s’en faudra de beaucoup que l’objectif d’une limitation à 2°C du réchauffement climatique puisse être tenu. Ce blocage des négociations renvoie tout d’abord à une conception des efforts nationaux qui se focalise à l’excès sur les renouvelables et sur une approche territoriale ignorant les effets des marchés globaux. L’Europe en vient ainsi à importer le charbon dont les États-Unis ont réussi à réduire le rôle chez eux.

Un second blocage réside dans la divergence des conceptions de la gouvernance environnementale. Extrapolant la démarche kantienne qui lui a réussi en matière de sécurité sur son territoire propre, l’Europe aborde les négociations dans une posture morale qui se retourne contre elle.

Elle n’a pas su tirer les leçons de l’accord auquel une vingtaine de pays très divers – des États-Unis à l’Arabie saoudite, de la Chine à la Russie – sont parvenus en 2013 pour sanctionner l’effort européen vers une approche supranationale des émissions du transport aérien. À l’inverse, la Chine maîtrise parfaitement le jeu complexe des négociations onusiennes. Son rôle éminent au sein de la coalition dite «Groupe des 77+ Chine» lui permet de se présenter comme chef de file d’un ensemble auquel elle n’appartient plus économiquement. Le thème de la «dette climatique» que l’Europe aurait contractée à l’égard du reste du monde par sa révolution industrielle illustre comment une approche de repentance, par ailleurs infondée techniquement, n’a pour effet que de faciliter le jeu d’acteurs machiavéliens.

Albert Bressand,

Senior fellow, Columbia Center for Sustainable International Investment, New York,et Professor of International Strategic Management in Energy, Rijksuniversiteit Groningen.

SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 27 mars 2025.