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PARIS : Asterès analyse la faiblesse de l’inflation en mars
Dans l’Alerte Eco d’aujourd’hui, Asterès analyse la faiblesse de l’inflation en mars et l’impact incertain que la politique de Donald Trump pourrait avoir sur l’inflation future.
L’inflation reste faible en mars. D’après la publication Insee du 28 mars 2025.
L’inflation s’est maintenue à 0,8 % en glissement annuel en mars et a légèrement progressé sur un mois à 0,2 %. Les prévisions d’inflation deviennent plus complexes du fait de la politique imprévisible de Donald Trump, qui peut avoir des répercussions inflationnistes ou déflationnistes selon les décisions qui seront prises.
Légère hausse dans l’alimentation et les services, légère baisse dans l’énergie et les produits manufacturés : l’inflation en mars n’a pas sensiblement varié par rapport à février.
La baisse récente du prix du pétrole peut expliquer la baisse de l’inflation énergétique entre février (-5,8 % en glissement annuel) et mars (-6,2 %). Les prix des produits manufacturés sont également en baisse de -0,2 % en mars après une stagnation en février.
À l’inverse, l’inflation a légèrement augmenté pour l’alimentation (0,6 % en mars après 0,3 % en février) ainsi que dans les services (2,3 % en mars après 2,2 % en février). En revanche, par rapport à l’an dernier (3,0 % d’augmentation en glissement annuel en mars 2024), l’inflation dans les services a sensiblement baissé, aidée en cela par la moindre progression des salaires.
Les États-Unis, qui jouent un rôle crucial dans l’économie mondiale, ont actuellement une politique économique et géopolitique erratique et imprévisible qui peut tout aussi bien limiter l’inflation en France que l’attiser. Les prévisions d’inflation en deviennent d’autant plus délicates.
Plusieurs aspects de la politique de Donald Trump peuvent conduire à faire baisser l’inflation en France.
Premièrement, Donald Trump souhaite augmenter la production d’hydrocarbures, ce qui ferait baisser leurs prix dans le monde entier. Deuxièmement, une éventuelle normalisation des relations économiques avec la Russie (au détriment de l’Ukraine) pourrait conduire à une hausse des ventes russes d’hydrocarbures et donc à une baisse des cours mondiaux. Troisièmement, la politique de Donald Trump conduit pour l’instant à une dégradation des indicateurs conjoncturels. Un fort ralentissement de l’activité aux États-Unis serait déflationniste, notamment par le biais d’une baisse du prix des matières premières. Enfin, la politique brouillonne et brutale de Donald Trump pourrait faire chuter le dollar (donc apprécier l’euro et limiter l’inflation importée en
France), si ses attaques contre les institutions (indépendance de la FED, qualité des statistiques publiques, État de droit) faisaient fuir les investisseurs.
Mais la politique de Donald Trump pourrait tout aussi bien être inflationniste. Premièrement, les droits de douane américains conduisent, toute chose égale par ailleurs, à faire monter le dollar (donc baisser l’euro), ce qui accroît l’inflation importée en France. Deuxièmement, si l’Europe répond aux droits de douane américains avec ses propres droits de douane il en résulterait une hausse de l’inflation car les produits américains coûteraient plus cher. Enfin, sa politique internationale pourrait conduire à un choc pétrolier, par exemple en cas d’escalade militaire avec l’Iran.
Sylvain BERSINGER, chef économiste.


