MARSEILLE : Exposition « Ali Cherri. Les Veilleurs » au [ma…
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MARSEILLE : Exposition « Ali Cherri. Les Veilleurs » au [mac] Musée d’art contemporain
L’exposition « Les Veilleurs » d’Ali Cherri au [mac] de Marseille propose une exploration immersive et cinématographique des collections muséales à travers le regard de l’artiste.
Une exposition inédite au [mac] de Marseille
Le [mac] musée d’art contemporain de Marseille présente l’exposition « Les Veilleurs », conçue autour des totems The Gatekeepers FIRE et WATER d’Ali Cherri, acquis en 2024 par les Musées de Marseille. À cette occasion, l’artiste a été invité à sélectionner des œuvres issues des collections des Musées de Marseille, couvrant une période allant de l’Antiquité au monde contemporain. Ces œuvres dialoguent avec ses propres sculptures, dessins et vidéos dans une scénographie immersive et cinématographique.
Ali Cherri propose un regard renouvelé sur ces pièces à travers des thématiques qui lui sont chères : le sommeil, la vulnérabilité, la représentation des figures du vivant. L’exposition, qui rassemble environ 80 pièces, mêle diverses typologies d’œuvres, dont des sculptures, des tableaux, des objets archéologiques, des photographies et des vidéos. L’artiste les a choisies comme il sélectionne les acteurs de ses films, qu’il s’agisse d’un briquetier au Soudan ou d’une dame âgée dans un village chypriote.
Un dialogue entre passé et présent
The Gatekeepers, présentés au Musée des Beaux-Arts de Marseille, rendent hommage à l’âme des animaux naturalisés logés dans le Museum d’Histoire naturelle, situé à quelques pas de là. Pour réaliser ces œuvres, Ali Cherri a collecté des objets de curiosités, achetés aux ventes aux enchères ou auprès d’antiquaires, provenant de Marseille ou d’ailleurs. Déchargés de leur force rituelle ou de leur première nature au gré de leur trajectoire, l’artiste a cherché à leur restituer une présence, une aura perdue.
Ali Cherri explore également la trajectoire des biens culturels dans le monde occidental, en s’intéressant à leur matérialité et à leur histoire. Ses sculptures chimères, combinant des objets archéologiques avec ses créations, mettent en évidence les strates de contrefaçons.
L’artiste déclare : « Les sculptures chimères que je réalise en combinant des objets archéologiques avec mes créations, mettent en évidence ces strates de contrefaçons. J’achète des œuvres sur le marché légal, tout en me doutant souvent que ce sont des faux. Ce qui m’intéresse est cette autorité sur la « vraie nature » des choses : or les faussaires ont une signature, comme les artistes ! D’ailleurs le regard que je porte sur ces objets est essentiellement esthétique, leur signification n’a pas d’intérêt pour moi. Je les garde dans mon appartement ou dans mon atelier, jusqu’au moment où je trouve comment les utiliser. Cela se fait de manière intuitive, sans idée préconçue ».
Une scénographie immersive et décalée
Ali Cherri a imaginé une scénographie où les objets échappent aux récits muséographiques traditionnels ou occidentaux, ainsi qu’aux classifications par aires géographiques ou périodes chronologiques établies. Ce déplacement opère un bouleversement des systèmes de valeurs patrimoniales. Privés de descriptions sur leurs origines et leur authenticité, les objets, présentés sur un pied d’égalité, semblent nous observer. Certains, exposés sur des tables lumineuses sans projeter d’ombre, paraissent perdre leur ancrage culturel et le terreau qui les a vus naître. Les salles du musée, plongées dans une semi-pénombre, renforcent une théâtralité maîtrisée.

Les masques, les visages, ainsi que les figures animales ou hybrides qui peuplent l’exposition invitent à faire l’expérience de l’altérité. Ils prolongent l’histoire de la construction des savoirs et des récits nationaux tels qu’ils se déploient dans l’ensemble des musées de Marseille, ou, au contraire, la déconstruisent. À l’image des totems des peuples autochtones d’Amérique, les Gatekeepers d’Ali Cherri sont porteurs de symboles, de croyances et d’histoires. Leur schéma narratif, non linéaire, se construit par accumulation et superposition, par rebond et hybridation.
Un parcours artistique marqué par l’histoire
Ali Cherri, artiste plasticien et vidéaste né à Beyrouth et installé à Paris, développe depuis trois décennies une pratique artistique pluridisciplinaire mêlant cinéma, performance, sculpture, dessin et installations. Son travail explore les différentes géographies de la violence dans son Liban natal et sa région, interrogeant les manières dont cette brutalité se diffuse dans le corps et dans le paysage physique et culturel. Issu d’une génération d’artistes libanais marquée par la guerre civile (1975-1990), son œuvre porte l’empreinte de cette instabilité. Puisant dans l’histoire de son pays natal ainsi que dans celles du Levant, il propose une réflexion sensible sur les traces du conflit et leurs résonances contemporaines à travers des formes artistiques variées.
L’artiste est représenté par les galeries Imane Farès et Almine Rech.
Expositions croisées avec Alberto Giacometti
L’exposition d’Ali Cherri établit un dialogue avec Alberto Giacometti. Sculpter le vide, présentée au musée Cantini du 6 juin au 25 septembre 2025. Certaines œuvres exposées au [mac] ont été spécialement conçues en résonance avec le travail du sculpteur et prolongent sa réflexion sur la représentation du visage humain. En 2024, Ali Cherri avait été invité par la Fondation Giacometti à engager un dialogue avec les plâtres du sculpteur dans le cadre de l’exposition Envisagement, dont le commissariat fut confié à Romain Perrin.
Marseille, capitale culturelle euroméditerranéenne
Riche de la diversité de ses populations, de son histoire pluriséculaire et de la vitalité de son tissu culturel, Marseille s’affirme en tant que capitale culturelle euroméditerranéenne d’envergure internationale. Depuis 2020, la Ville mène une politique ambitieuse d’accès à la culture et aux loisirs pour toutes et tous, en proposant une offre artistique diversifiée, ancrée dans son patrimoine et son environnement méditerranéen. Cette dynamique positionne Marseille comme une métropole moderne, inclusive et innovante.
Informations pratiques
Le [mac] musée d’art contemporain de Marseille
69 Av. d’Haifa, 13008 Marseille
Collections permanentes en accès libre du mardi au dimanche de 9h à 18h
Le musée Cantini
19 rue Grignan, 13006 Marseille
Collections permanentes en accès libre du mardi au dimanche de 9h à 18h

