HYERES : Au Musée du Niel, « Dubuffet et les magiciens, exp…
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HYERES : Au Musée du Niel, « Dubuffet et les magiciens, expressions singulières 1945-2000 »
L’histoire de l’art, il est vrai, se partage toujours en deux courants qui sont la marque de deux tempéraments opposés et irréconciliables.
D’un côté ce que j’appellerais les architectes et de l’autre les magiciens. Michel Ragon, Vingt-cinq ans d’art vivant, Casterman, 1969 Pour cette troisième exposition au Musée du Niel, nous proposons : Jean Dubuffet et les magiciens. Expressions singulières 1945-2000. L’apport et l’impact artistiques de Jean Dubuffet à la fin de la Seconde Guerre Mondiale sont considérables. Il « invente » l’Art Brut et donne à cette forme d’expression singulière, jusque-là ignorée ou négligée, pour la première fois, une large exposition, tout en développant, lui-même, une façon de peindre d’une totale originalité.
Au moment où l’abstraction établit son magistère sur la peinture en France, au moment où la figuration résiste et fait valoir ses atouts traditionnels, Dubuffet montre qu’il existe un art qui défie les canons officiels, qui ignore les filières habituelles de la culture établie, il invente une nouvelle source d’inspiration, une nouvelle façon de peindre en dehors des grands courants principaux de l’art et une doctrine révolutionnaire qui bouscule les certitudes. Il innove, déstabilise, et ouvre des perspectives. Il ouvre la voie à la magie et aux magiciens. Au même moment, entre 1949 et 1951, le mouvement CoBrA, venu d’Europe du Nord, définit aussi un espace bien particulier, s’extrait de l’abstraction, primitivise son expression, en la rapprochant parfois du dessin d’enfant, et crée un univers unique, distinct des principaux courants. Quelques années plus tard, au tournant des années 50, Michel Tapié, ami de Jean Dubuffet, galeriste, critique et figure centrale du marché de l’art, théorise le concept d' »art autre » et souligne la nécessité de se placer dans une autre dimension artistique, comme dans un monde parallèle, en faisant appel à des sources d’inspiration diverses, subjectives et informelles.
De ces trois initiatives, indépendantes, sans coordination apparente, sans constitution de groupe ou de mouvement, émergent des artistes non conventionnels, véritables individualités, et des expressions singulières et diverses qui marqueront la seconde moitié du XXe par leur magie, originale, unique même, souvent inattendue, paradoxale, parfois dérangeante, dans une effervescence créative constante qui dessine les évolutions futures de l’art contemporain. Il s’agit ici d’une sélection subjective, qui n’a pas vocation à l’exhaustivité et qui reflète les enthousiasmes de la collection du Musée du Niel.
Les 22 magiciens : Jean Dubuffet – Pierre Alechinsky – Aloïse Corbaz – Jean-Michel Atlan – Enrico Baj – Baya – Pierre Bettencourt – Anselme Boix-Vives – Louis Carmeil – Gaston Chaissac – Constant – Corneille – Dado – Philippe Dereux – Yolande Fièvre – Simon Hantaï – Asger Jorn – Bengt Lindström – Michel Macréau – Maryan – Henri Michaux – Ramon
Les créateurs dignes de ce nom savent bien qu’il ne leur est pas possible de traduire leur inéluctable message hors de l’exceptionnel, du paroxysme, du magique, de la totale extase. Michel Tapié, Un art autre : où il s’agit de nouveaux dévidages du réel, Gabriel Giraud et Fils Paris,1952.
Exposition du 3 mai au 2 novembre 2025
Fondateur du Musée du Niel : Jean-Noël Drouin
Directrice du musée : Florence Denis
Coordinatrice : Catherine Vialla
Commissaire de l’exposition et textes : Antoine Villeneuve
Scénographe : Eric Morin
Directrice artistique : Françoise Oppermann
Programmation complète des manifestations sur la billetterie : www.museeduniel.com
SOURCE : Musée du Niel.

