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ANGERS : Max Bauer : « Trois jours de voyage pour 5 minutes…

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ANGERS : Max Bauer : « Trois jours de voyage pour 5 minutes au chevet de Mme Fleur coupée » !

Max Bauer, président de l’Union des Intérêts des Professionnels Horticoles (UNIPHOR) et de la Coordination Rurale du Var et de PACA, a pris la parole lors du Salon du Végétal.

Le syndicaliste explique : « J’œuvre depuis des années pour l’horticulture et plus précisément pour la fleur coupée. Aujourd’hui, je suis aussi le VRP du marché de la SICA de Hyères. Je tiens à excuser Marc Long, président directeur de la structure, qui n’a pas pu se déplacer. Sur les premières interventions, j’ai déjà entendu beaucoup de choses qui me laissent perplexe. Mais, on m’avait prévenu que mon temps de parole était limité à moins de 5 minutes. Un exercice un peu compliqué, pour moi » !

60 MILLIONS DE TIGES COMMERCIALISEES PAR AN

Il ajoute : « Sur mon ressenti, l’atmosphère de ce Salon du Végétal me semble relativement feutré, ici même, où nous nous trouvons dans la réplique d’une serre. C’est silencieux comme si nous étions au chevet d’une malade, la fleur coupée. Je vais créer un électrochoc car celle-ci est dans un coma artificiel. Il est plus qu’urgent d’arrêter de faire des diagnostics, car depuis 2013 suite aux Assises de l’Horticulture dans le Var, les maux ont été identifiés. Surtout que le premier marché de production français, c’est la SICA, le Marché Aux Fleurs, implanté au cœur de la production varoise à Hyères. 80% de l’activité est réalisée par 350 exploitations de production dans un rayon de 25 km. 250 acheteurs, grossistes, expéditeurs et fleuristes viennent s’y approvisionner cinq jours par semaine et distribuent sur l’ensemble du territoire plus de 60 millions de tiges commercialisées par an ».

Avec pertinence, Max Bauer rappelle : « Cependant, la conclusion du rapport des Assises de l’Horticulture de 2023, faite par le préfet de l’époque était la mise en place d’un Plan d’Avenir qui avait pour but que de renforcer le leadership de la filière et d’assurer la pérennité des entreprises horticoles varoises et d’éviter de ne pas s’orienter vers une monoculture. A ce jour, c’est la pivoine, avec 200 hectares de production pour 190 producteurs. Soit 12 millions de tiges produites chaque année. En revanche, on est passé de 51 à 13 rosiéristes varois sur la période 2013-2023, soit une baisse de 75%. Ce mauvais scénario touche, principalement, les gerberas et les renoncules, etc. ».

PRODUCTION FRANCAISE EN BAISSE

Le président de l’UNIPHOR reprend : « L’utilisation des produits phytosanitaires, permettant de mener à bien les cultures, est en baisse constante. Des productions se retrouvent orphelines de matières actives et elles disparaissent au fur et à mesure des années. Sans oublier, l’augmentation des coûts énergétiques qui va avoir un impact sur la désinfection des serres pour la fleur coupée mais aussi l’augmentation du matériel (pots, bâches plastiques, etc.) des intrants qui va considérablement augmenter les charges. D’autant qu’avec la fermeture des exploitations, l’offre française continue de baisser et le recours aux importations d’augmenter peu à peu. Environ 85 % des fleurs coupées achetées en France sont importées. Sans décision forte prise par le Gouvernement et pour sauver l’horticulture en France, les importations continueront leur progression et le déficit commercial se creusera de plus en plus. Notre malade a besoin de médicaments efficaces ».

« La CR et l’UNIPHOR ne cautionneront pas un jeu de dupes. Nous avons besoin de solutions réelles, efficaces et économiquement fiables. Nous sommes conscients de l’ampleur de la tâche à effectuer. Il est évident que l’Institut Technique ASTREDHOR doit impérativement être à l’écoute des attentes et des inquiétudes de la production à travers notre interprofession VAL’HOR ».

INVERSER L’ORDRE DES PRIORITES

« Nous réaffirmons la nécessité de se pencher sérieusement sur le dossier de la substitution des produits phyto-pharmaceutiques (PPP). Il est impératif d’inverser l’ordre des priorités. C’est la diversité et le maintien des productions qui doivent être mis en avant. À défaut, les erreurs passées se reproduiront et aggraveront la disparition des horticulteurs. Sachant que la moyenne d’âge est de plus de 60 ans. Enfin, je réaffirme que soit rapidement mis en place un plan de relance, avec de réels investissements et une véritable volonté politique tant de l’Etat que des régions et non pas un simple saupoudrage.


Après toutes ces années, d’énergie donnée à défense de la fleur coupée, je commence à m’essouffler au risque d’en tomber malade à mon tour. Je garde l’espérance, que le plus tard possible lors de mon enterrement, je sois accompagné de fleurs françaises issues d’une filière en bonne santé », conclut, un brin caustique, le président de la Coordination Rurale du Var.

Photos PRESSE AGENCE.