TROYES : L’adoption du projet par la commission en 1939
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TROYES : L’adoption du projet par la commission en 1939
Cette exposition, visible sur les larges panneaux en gare de Paris EST du 16 septembre au 31 octobre 2024, permettra à de nombreux voyageurs de faire la découverte de l’exposition exceptionnelle « Notre-Dame de Paris : la querelle des vitraux » – organisée par la Cité du vitrail à Troyes.
En partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Île-de-France jusqu’au 5 janvier 2025 – qui revient sur 30 années de débats (1935-1965) sur la place de l’art contemporain au sein de Notre-Dame de Paris, à travers des documents d’archives mais aussi des tableaux et les vitraux d’époque tout juste restaurés.
L’exposition en gare de Paris Est sera aussi l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’histoire et les richesses exposées à la Cité du vitrail, site culturel du Département de l’Aube à Troyes.
Cet événement, qui s’inscrit dans l’agenda culturel des gares mis en place par SNCF Gare & connexions pour contribuer à la diffusion de la culture auprès de tous les publics, propose une scénographie créée spécialement pour la gare de Paris EST.
De retour du Pavillon marial, les vitraux sont à nouveau accrochés dans la nef de Notre-Dame en décembre 1938. Les membres de la commission reviennent observer les œuvres, présentées pour la première fois dans leur ordre définitif. À cette occasion, il est encore demandé aux artistes de remanier le dessin, les couleurs, la taille des saintes figures et les caractères des légendes ; certains verriers, comme INGRAND, RINUY ou RAY, doivent même revoir entièrement leurs œuvres. Alors même que les vitraux sont en cours d’installation dans la cathédrale, le projet se heurte à une forte polémique autour de l’insertion d’œuvres contemporaines dans un édifice aussi emblématique et ancien que Notre-Dame. Détracteurs et partisans du projet s’affrontent alors par voie de presse et de radio, dans une querelle acharnée, rythmée par la virulence des propos de chacun.
La portée symbolique de cette bataille n’échappe à personne et pose au grand public, pour la première fois, la question de l’introduction du vitrail moderne dans un monument historique. Malgré l’adoption du projet par la commission en 1939, la menace d’une guerre devient chaque jour plus pesante. En septembre de la même année, l’atelier de Louis BARILLET est chargé de déposer les vitraux du maître et de ses confrères, avant de les entreposer dans les tribunes de la cathédrale. Du fait des circonstances de la guerre, rares sont les artistes à venir récupérer leurs œuvres. En lieu et place des vitraux modernes, la vitrerie du XIXe siècle est remontée dans les baies. Louis BARILLET rédigera pas moins de trois lettres à l’adresse du directeur général des Beaux-Arts, appelant de tous ses vœux à ne pas enterrer le projet. Aucune de ces relances ne trouvera de réponse favorable, et les verrières ne recevront jamais plus la lumière de Notre-Dame. Des douze maîtres verriers, seul Jacques LE CHEVALLIER se voit confier une commande postérieure ; s’inspirant d’abord des figures proposées en 1937, l’artiste présente finalement une composition abstraite en 1965, qui demeurera en place jusqu’à l’incendie de la cathédrale en 2019.


