PARIS : « Être dans la liberté du devenir : voilà où est…
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PARIS : « Être dans la liberté du devenir : voilà où est le désir », Elias SAMBAR
Matthieu Poitevin – Avant de passer la parole à Claire, je voulais présenter l’un de nos invités, José Morales qui est présent à cet atelier euphorique avec une triple casquette d’enseignant à l’Ecole, d’architecte et de maire.
C’est ainsi à ma connaissance le seul architecte engagé politiquement, ce qui est pour moi une obligation parce que je ne vois pas comment faire ce métier, sans être engagé politiquement !
Claire Andries – Elias Sambar, vous êtes historien, essayiste, poète et diplomate palestinien, vous avez dit dans une interview récente « la culture est la seule chose qu’on emporte en exil » : pouvez-vous réagir sur nos trois thématiques ?
Elias Sambar – Je ne suis pas architecte, mon rôle me permet de naviguer entre les idée, sans forcément les faire appliquer ! Je crois en revanche que la
façon idéale de faire de la politique, c’est de commencer toujours les combats par leur fin. C’est une forme de déconstruction et cette pensée vaut aussi pour les vestiges qui ramènent à l’idée des généalogies, des mythes originels et des traces. Or, ces notions deviennent extrêmement intéressantes, dès lors qu’on les projette dans l’avenir et non pas dans le passé.
En effet, la question n’est plus de savoir qui était là avant l’autre et qui a le droit d’exclure – comme c’est le cas aujourd’hui en Palestine – mais ce que j’avance comme hypothèse, c’est que nos racines sont devant nous. Et nous sommes ce que nous devenons, dans une déconstruction et une mutation permanente. C’est l’expression la plus libre pour tenter d’exister, au cœur de nos identités complexes, sans oublier nos racines : être dans la liberté du devenir. Voilà où est le désir.
SOURCE : « Être dans la liberté́ du devenir », la revue de l’architecture euphorique 05


