Passer au contenu principal

PARIS : Crime organisé en Europe, une menace bien présente

Partager :

PARIS : Crime organisé en Europe, une menace bien présente

Axel Ronde, Porte-Parole et Secrétaire Régional Île-de-France du Syndicat CFTC-Police.

Le 5 avril dernier, Europol, l’agence européenne de coopération policière, a publié un rapport intitulé « Décoder les réseaux criminels les plus menaçants de l’Union européenne ».

Ce document, sous forme de cartographie et d’analyses, dresse un état des lieux des réseaux criminels en Europe (nature, modes et lieux d’opération), ainsi que de leur puissance et de leur dangerosité. On dénombre 821 réseaux criminels étudiés avec leurs modes d’action, afin d’évaluer la menace qu’ils représentent. À partir de cette analyse, une méthodologie appelée ABCD a été créé : A pour agile (adaptation en français), B pour borderless (sans frontières), C pour controling (contrôle) et D pour destructive (destruction).

Ce modèle ABCD est la résultante du retard pris par les polices et la justice européennes, dans leur confrontation, avec les réseaux criminels. Il s’agit désormais d’aller au cœur des structures et non plus de se focaliser uniquement sur les actes et les individus.

Il ressort que 86% des organisations criminelles utilisent des structures commerciales légales, principalement au sein de l’Union européenne (UE). Elles sont composées à 68% de membres de différentes nationalités (112 nationalités recensées) et sont géographiquement concentrées à 82% dans le pays d’activité principal ou dans l’un des pays les plus importants de l’UE. 70% de ces organisations ont recours à la corruption et à la violence ou à l’intimidation comme éléments inhérents à leur mode opératoire.

Cette analyse, en listant ces modes d’enrichissement, rappelle que la drogue et la prostitution augmentent significativement le produit intérieur brut des États membres. Ces deux activités ont rapporté plus de 6 milliards d’euros à la France.

Face à ces éléments et à la menace très complexe, la réponse de l’Union européenne doit être concertée, pérenne et multilatérale, en plus d’une coopération commune plus renforcée.

En écho à ce rapport, la France, par la voix du ministre de la Justice, annonce préparer un « statut de repenti ». La récente réforme de la Police judiciaire a-t-elle pris en compte les résultats de cette menace ? La justice est-elle également prête ?

Il ne suffit pas de décrire une menace ou d’analyser des structures criminelles actives : il faut se préparer à les combattre, légalement, mais aussi efficacement, avec volonté et détermination.

SOURCE : UDI – Les infos de la semaine