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PARIS : One Planet Polar Summit du 8 au 10 novembre

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PARIS : One Planet Polar Summit du 8 au 10 novembre

Le Muséum national d’Histoire naturelle accueille et participe au One Planet Polar Summit du 8 au 10 novembre 2023.

Le One Planet Polar Summit, premier sommet international consacré aux glaciers et aux pôles, se tiendra au Muséum national d’Histoire naturelle du 8 au 10 novembre 2023, alors que les pôles apparaissent comme centraux dans la régulation du climat et la préservation de la biodiversité. Un forum rassemblant la communauté scientifique internationale en présence d’experts du Muséum se déroulera les 8 et 9 novembre, avant la séquence politique qui réunira chefs d’Etats et de gouvernements auxquels se joindra le Président de la République française le 10 novembre.

Le Muséum, en tant qu’institution de référence pour l’étude de la biodiversité et par son expertise scientifique sur les questions polaires, est un acteur de ce sommet qui se déroulera dans ses emprises. Le One Planet Polar Summit succède au One Ocean Summit de juin 2022 et au One Forest Summit de mars 2023 pour lesquels le Muséum s’était également impliqué.

LE MUSÉUM ET LES PÔLES, UNE LONGUE HISTOIRE…

Fort de 400 ans d’aventures scientifiques, établissement prestigieux dans l’étude des sciences naturelles et détenteur d’une des plus importantes collections naturalistes au monde, le Muséum s’est toujours intéressé aux pôles. Ses scientifiques sont engagés de longue date dans les régions polaires pour étudier les populations et explorer la biodiversité, en particulier marines, afin d’observer et de tenter d’anticiper les effets des changements globaux. Le Muséum fut, dès sa première expédition en 1903, partenaire de Jean-Baptiste Charcot, pionnier de l’exploration polaire et n’a depuis jamais cessé de s’impliquer dans ces milieux. Il possède un important fonds d’échantillons scientifiques, documentaires ou d’objets issu des nombreuses expéditions qu’il a organisées ou parrainées. Des anthropologues du Muséum, tels Robert Gessain, André Langaney, Joëlle Robert-Lamblin accompagnaient Charcot et Paul-Émile Victor ou organisaient régulièrement des expéditions au Groenland afin d’y étudier la culture et les traditions des populations locales. Cet intérêt pour les populations de l’arctique s’est vu renforcé notamment grâce aux travaux de Marie Roué qui a mis en avant les savoirs autochtones en lien avec les changements environnementaux et climatiques. Ou encore le dictionnaire encyclopédique des inuits de la côte est du Groenland initié en 1984 par Pierre et Bernadette Robbe et partagé avec les groenlandais. Tout récemment encore, en 2022, l’établissement a pris part à une expédition sur les traces du commandant Charcot au Groenland, dont l’objectif était de mesurer l’impact climatique sur les populations locales et leur environnement. Des géologues du Muséum ont prélevé dans ce contexte les mêmes types de roches que celles rapportées par Charcot un siècle auparavant et y recherchent les traces du passé climatique et de son évolution.

Le Muséum s’implique aussi en Antarctique. Ses chercheurs y observent l’évolution de l’écosystème et des ressources pêchées, et contribuent à l’analyse de la dynamique de l’océan Austral. En 2007 et 2008, durant l’Année polaire internationale, ils ont recensé les espèces pélagiques et benthiques présentes sur le plateau continental en Antarctique de l’Est et de 2009 à 2017, ses experts ont piloté des campagnes d’inventaire de la biodiversité benthique de l’archipel de Pointe Géologie dans le cadre du programme REVOLTA soutenu par l’IPEV (Institut polaire français Paul-Emile-Victor). Depuis, ils coordonnent un projet interdisciplinaire qui vise à étudier et comprendre les processus qui contrôlent la production et la distribution du phytoplancton et des algues de glaces. Les pôles sont en effet des sites majeurs de production de ces microalgues qui constituent la base des écosystèmes foisonnants qu’ils hébergent.

LE MUSÉUM IMPLIQUÉ DANS LES DÉCISIONS POLITIQUES SUR LES PÔLES

Marc Eléaume, chercheur du Muséum, représente la communauté scientifique Française au sein de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique (ou CCAMLR). Cette commission internationale, s’appuie sur son conseil scientifique pour mettre en place à travers une série de mesures de conservation la protection des écosystèmes de l’océan Austral. Pour ce faire, elle régule les activités d’exploitation des ressources marines et développe un système représentatif d’aires marines protégées (AMP).

Les travaux des équipes du Muséum sur les faunes pélagiques et benthiques et leurs habitats en Antarctique de l’Est ont considérablement amélioré les connaissances sur la mer Dumont-d’Urville, l’une des trois zones composant l’aire marine protégée de l’Antarctique de l’Est. Au sein de l’Océan Austral (Kerguelen, Crozet, Amsterdam…), les travaux réguliers des équipes du Muséum sur le suivi des populations de légines1 permettent une utilisation maîtrisée de cette ressource par les pêcheurs. Les scientifiques émettent pour le compte des Terres australes et antarctiques françaises des recommandations sur les quantités et techniques de capture des poissons. En agissant ainsi directement auprès des acteurs et par ses travaux de recherche, le Muséum concourt à la régulation de la pêche et à la promotion d’une activité durable.