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PARIS : Asterès analyse le succès de l’économie israé…

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PARIS : Asterès analyse le succès de l’économie israélienne

Asterès analyse le succès de l’économie israélienne depuis une quarantaine d’années.

La santé économique d’Israël s’est considérablement améliorée ces dernières décennies. Alors que l’économie israélienne connaissait une crise profonde dans les années 1980, la situation s’est
fortement améliorée. En misant sur l’innovation et la recherche, Israël a obtenu des performances économiques meilleures que celles des pays comparables au cours des dernières décennies. L’avenir économique du pays, qui repose sur des fondamentaux macro-économiques solides, est assombri par es tensions politiques internes croissantes et des risques sécuritaires élevés.

1) Croissance : un rattrapage régulier

Depuis une quarantaine d’années, Israël s’est rapprochée du niveau de vie des pays les plus riches du monde. En 1980, le PIB par habitant d’Israël (en parités de pouvoir d’achat en dollars de 2017)
représentait 67 % du niveau français et 60 % du niveau américain. En 2022, Le PIB par habitant israélien avait atteint 93 % du niveau français et 69 % du niveau américain. Si le niveau de vie moyen d’Israël est donc toujours inférieur à celui des autres pays développés, il s’en rapproche progressivement. Cette forte croissance (plus de 4 % par an en moyenne au cours de 40 dernières
années), qui s’est accompagnée d’une baisse du taux de chômage, a été stimulée par un effort constant d’innovation : Israël consacre plus de 5 % de son PIB à la recherche-développement, contre 2,7 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

2) Des mesures radicales

Face à une situation très difficile dans les années 1980, Israël a pris des mesures radicales qui se sont révélées efficaces. L’inflation en Israël a atteint 373 % en 1984, portée par les chocs pétroliers
des années 1970 et par des mécanismes d’indexation automatique des salaires et des prix (par exemple des taux sur les dépôts) qui ont généré une spirale de hausse des prix. Dans le même temps, le déficit commercial important poussait la monnaie à la baisse, ce qui alimentait l’inflation via la hausse du prix des importations. En 1985, le gouvernement a entrepris un plan de stabilisation drastique (notamment le blocage des prix et des salaires, une politique monétaire restrictive, l’introduction d’une nouvelle monnaie, la libéralisation des anciens monopoles, la limitation du déficit public ou encore des investissements dans les nouvelles technologies), qui a permis de casser la spirale inflationniste et de combler le déficit du compte courant. Le plan de stabilisation d’Israël a été considéré comme une réussite et a donné du crédit aux politiques dites « néo-libérales », notamment la lutte contre l’inflation et les déficits publics.
Israël, dans ses succès économiques, a également bénéficié de facteurs externes favorables. La chute de l’URSS a fortement aidé l’économie israélienne, puisque environ un million d’habitants de
l’ex-URSS, généralement très bien formés, ont émigré dans le pays. Le développement des technologies de l’information et de la communication à la même période a également grandement
bénéficié à l’économie du pays, qui s’était positionné sur ce secteur. Enfin, les Etats-Unis ont fourni une aide régulière au pays, qu’elle soit militaire, technologique ou financière. Ces dernières années, elle équivalait à environ 1 % du PIB chaque année1.
1 Shmuel Even, US Military Aid – Still a Strategic Asset for Israel

3) Des prévisions difficiles : Des fondamentaux solides mais des risques politiques croissants

Anticiper l’avenir de l’économie israélienne est un exercice délicat. D’un côté, les fondamentaux macro-économiques du pays sont bons : une dette publique limitée à 60 % du PIB, un taux de chômage de 4 %, un excédent commercial élevé, une inflation maitrisée (le taux d’inflation n’a pas dépassé 6 % lors du choc inflationniste de 2022, contre plus de 10 % en Europe, notamment du fait des réserves de gaz dont dispose le pays2 ) et une forte capacité à innover3 . Des risques se sont cependant accrus, notamment politiques et sécuritaires. Les réformes institutionnelles voulues par Benyamin Netanyahou ont fracturé la société israélienne et pourraient conduire, d’après ses détracteurs, à une érosion de la démocratie qui pourrait faire fuir certaines entreprises innovantes4
. D’une manière générale, la polarisation politique crée une incertitude qui peut être nuisible à l’investissement et à la croissance5.
Les récentes attaques du Hamas pourraient également limiter la capacité du pays à attirer des touristes, des investisseurs ou du personnel qualifié. Le pays a cependant montré sa capacité de résilience par le passé et son aptitude à construire une économie innovante dans un contexte sécuritaire et géopolitique difficile.

2 FMI, article IV, juin 2023
3 Israël est 5ème du classement Bloomberg des pays les plus innovants
4 The Times of Israël, « L’Autorité de l’Innovation s’inquiète des conséquences de la réforme judiciaire », 2 mai 2023
5 FMI, article IV, juin 2023