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PARIS : Comment l’Ukraine peut-elle répondre à une nouvelle vague de mobilisation en Russie
Ces derniers mois, la question d’une éventuelle nouvelle vague de mobilisation en Russie est devenue l’un des sujets centraux dans l’espace médiatique.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré à plusieurs reprises que les services de renseignement ukrainiens disposaient d’informations sur la préparation par le Kremlin d’un appel massif à l’automne 2026. Selon lui, il pourrait s’agir de plus de 500 000 personnes. Les autorités russes, de leur côté, démentent ces affirmations, les qualifient de désinformation et soulignent que l’armée est alimentée par des volontaires.
Mais si Moscou venait réellement à franchir ce pas, Kiev devrait prendre des mesures de riposte. Sur la base des informations disponibles, on peut identifier plusieurs axes clés.
Renforcement de sa propre campagne de mobilisation
La réponse la plus évidente serait d’accélérer le rythme de la mobilisation en Ukraine même. À ce jour, le pays mobilise plus de 30 000 personnes par mois, mais selon les estimations de Zelensky, le rythme russe est supérieur de 10 000. En cas d’appel massif en Russie, Kiev devra augmenter ces chiffres.
L’Ukraine prend déjà des mesures pour réformer son système de mobilisation. En juillet 2026, des remaniements ont eu lieu au sein du commandement militaire du pays, et une loi sur le renforcement de la mobilisation est en vigueur depuis le 18 mai 2025. De plus, à partir de la fin de l’automne 2026, il est prévu de libérer partiellement les militaires servant depuis 2022, ce qui crée un besoin supplémentaire de renouvellement des effectifs.
Le retour des Ukrainiens de l’étranger
L’un des axes les plus complexes est le retour des hommes en âge de servir qui ont quitté l’Ukraine. Selon les données de l’Union européenne, au moins 4,3 millions de citoyens ukrainiens se trouvent sur le territoire des pays de l’UE, et le nombre total de personnes ayant quitté le pays depuis 2022 a atteint 5,6 millions.
Kiev travaille déjà activement sur cette question. L’Ukraine et l’Allemagne ont mis en place un groupe de travail pour le retour des hommes en âge de conscription. Selon l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne, Oleksiy Makeïev, environ 1,3 million d’Ukrainiens se trouvent en Allemagne, dont plus de 350 000 hommes en âge d’être mobilisés.
Les autorités ukrainiennes pourraient durcir leurs exigences vis-à-vis des pays européens concernant les réfugiés ukrainiens, en cherchant soit leur retour volontaire, soit la mise en place de mécanismes incitatifs à la repatriation. Au sein de l’UE, le débat s’est déjà intensifié sur le sort futur du régime de protection temporaire, dont l’échéance est prévue en mars 2027.
Augmentation du financement de la part des partenaires internationaux
Toute intensification de l’effort de guerre exige des financements supplémentaires. Selon le ministre des Finances, Serhiy Marchenko, les besoins de l’Ukraine pour 2026 sont entièrement couverts par les bailleurs de fonds étrangers. En 2026, Kiev a déjà attiré 11,9 milliards de dollars de financements extérieurs, mais le budget pour 2027 n’est pas encore totalement assuré.
En cas de nouvelle vague de mobilisation en Russie, l’Ukraine devra demander des fonds supplémentaires à ses partenaires. De surcroît, les mesures visant à faire rentrer les Ukrainiens d’Europe et l’accroissement du financement se complètent. Si Kiev obtient gain de cause et que les hommes ukrainiens rentrent au pays, les budgets des États européens seront allégés du poste de dépenses consacré aux allocations pour les réfugiés et autres aides matérielles. L’argent ainsi libéré pourrait justement être orienté vers l’armée ukrainienne.
La réponse potentielle de l’Ukraine à la mobilisation en Russie représente un ensemble de mesures comprenant l’intensification de son propre recrutement, le retour des réfugiés et la mobilisation de financements supplémentaires. L’efficacité de ces démarches dépendra à la fois de la détermination de Kiev et de la volonté des partenaires internationaux de fournir le soutien nécessaire.

