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PARIS : Jeu en ligne – La France n’autorise que…

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PARIS : Jeu en ligne – La France n’autorise que quatre catégories

Le 16 juillet 2026, le président de l’Autorité nationale des jeux (ANJ) a ordonné aux fournisseurs d’accès à Internet français de bloquer une plateforme de paris sur des événements très fréquentée depuis la France.

Selon le décompte publié par l’ANJ, la plateforme avait enregistré 578 751 visites et 205 057 visiteurs uniques venus du territoire français au mois de juin 2026, au terme de deux années de progression continue. Le blocage administratif n’a d’ailleurs rien d’exceptionnel, puisque l’ANJ l’a appliqué à 1 290 URL en 2025. Restent les deux questions que ces chiffres posent au lecteur : que recouvre exactement le périmètre français, et qu’advient-il de ce qui en sort ?

Quatre catégories et une absence

L’offre légale tient en quatre catégories, telles que l’ANJ les énumère : les jeux exploités sous le régime de monopole confié à la FDJ, les paris sur les compétitions sportives, les paris sur les courses hippiques et le poker. Les quatre sont accessibles en ligne. La FDJ y opère sous son monopole, en ligne comme en point de vente, tandis qu’en ligne, les trois autres catégories reviennent aux seuls opérateurs titulaires d’un agrément délivré par l’ANJ. Le poker, lui, n’est ouvert que sous deux formes, le tournoi et le cash game. Les jeux de casino en ligne ne figurent dans aucune de ces catégories, et l’ANJ l’écrit sans détour : ils ne sont pas autorisés en France. Cette liste fermée est aussi un dispositif de protection, car jouer comporte des risques : un opérateur agréé est tenu d’appliquer les règles françaises du jeu responsable, de l’interdiction faite aux moins de 18 ans aux limites de dépôt et à l’auto-exclusion enregistrée au fichier des interdits de jeux tenu par l’ANJ.

Le sort de ce qui reste dehors

Hors de ce périmètre, la réponse française est technique avant d’être pénale. La décision est administrative, elle est signée par le président de l’ANJ, puis mise en œuvre par les fournisseurs d’accès à Internet, qui rendent le site inaccessible depuis les réseaux français. C’est ce que l’ANJ fait pour les autres sites illégaux depuis qu’elle dispose de ce pouvoir, adresse par adresse, sur la base d’un constat daté. La mesure ne suspend pas l’activité de l’exploitant et ne se prononce pas sur elle : elle coupe la route qui y mène depuis la France et laisse intact le statut du site dans le pays qui l’héberge. Cette dissociation entre le lieu de l’autorisation et le lieu de l’accès explique les écarts d’un pays à l’autre.

Le choix inverse du voisin

La même question s’est posée en Suisse, où la réponse a été exactement inverse. Les joueurs qui y résident jouent, eux, sur un casino en ligne suisse exploité par une maison de jeu déjà titulaire d’une concession. L’ouverture d’une telle activité suppose deux décisions successives : le Conseil fédéral doit d’abord accorder une extension de concession à l’établissement, puis la Commission fédérale des maisons de jeu (CFMJ) délivre les autorisations sans lesquelles rien ne peut démarrer en ligne. L’ordre des étapes compte autant que leur contenu, car une entreprise qui n’exploite pas déjà un établissement au bénéfice d’une concession n’a aucune extension à demander. L’autorisation reste ainsi attachée à un établissement précis, sur le territoire qui l’a accordée, et elle ne dit rien de ce qui est permis ailleurs.

Le blocage, des deux côtés de la frontière

Ce que fait ensuite Berne ressemble beaucoup à ce que fait Paris. L’accès aux offres proposées sans autorisation suisse doit y être bloqué, et la CFMJ publie régulièrement la liste des offres de jeux de casino dont l’accès est bloqué. Deux voisins, deux réponses opposées sur le fond, mais le même moyen d’action contre ce qui n’a pas été autorisé chez eux. Presse Agence décrivait le 23 juillet le cas québécois, où une offre légale existe là où la France n’en a pas.

La position du lecteur français

Pour qui se connecte depuis Toulon, Marseille ou Nice, la conséquence est simple à formuler, et elle ne dépend ni de la langue du site ni de son apparence de sérieux. En ligne, l’offre ouverte se limite aux quatre catégories que l’ANJ énumère, et aucun agrément obtenu ailleurs ne vient l’élargir. Une autorisation porte le nom du pays qui la délivre : elle vaut là, et pas au-delà. C’est pourquoi un site parfaitement régulier chez lui peut figurer sur une liste de sites bloqués de l’autre côté d’une frontière, sans que cela change quoi que ce soit à sa situation dans son propre pays. La bonne question n’est donc pas de savoir si une offre est encadrée quelque part, mais si elle l’est en France.