PARIS : « Olivier DEPREZ, graveur et homme de lettres » par…
Partager :

PARIS : « Olivier DEPREZ, graveur et homme de lettres » par Jan BAETENS
Lectures d’été, (re)plongez dans nos publications Astérisque qui ont marqué ce premier semestre.
Portraits
Olivier Deprez, auteur et lauréat du Prix du récit dessiné 2025 de LaScam, explore des formes de narration purement visuelles, nourries par l’univers littéraire de Kafka ou Borges. La gravure sur bois devient pour lui le terrain d’une grande liberté créative et d’une réflexion sur le réemploi et le dialogue avec d’autres artistes.
Dans le domaine du récit, plus particulièrement du récit publié sous forme de livre, la gravure sur bois, malgré le talent exceptionnel de nombre de ses praticiens, n’a eu longtemps d’autre fonction qu’auxiliaire :
Elle sert à illustrer. La narration était prise en charge par le texte, les images venaient en appoint, quand bien même, ironiquement, certaines de ces images ont mieux survécu au temps que les écrits qu’elles supportaient.
En marge de l’explosion des récits graphiques par l’émergence de la bande dessinée, qui devient un phénomène de masse à la fin du 19e siècle, des artistes graveurs comme Frans Masereel, Lynd Ward, Otto Nückel, William Gropper ou encore Milt Gross ont exploré dans l’entre-deux-guerres une nouvelle forme de récit, celle d’une narration purement visuelle, sans paroles mais non sans intrigue. Cette tradition moderne, stylistiquement pas toujours aussi radicale que les images produites par l’engouement pour la xylographie dans la mouvance expressionniste, séduite par la brutalité et l’authenticité de la technique de reproduction la plus directe et la plus artisanale qui soit, s’est toutefois vite éteinte. Le travail d’Olivier Deprez lui a trouvé de nouvelles formes, sur le plan graphique comme sur le plan de la narration.
SOURCE : La lettre Astérisque de LaScam – été 2026

