PARIS : Cinéma – L’Odyssée de Nolan qualifiée d…
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PARIS : Cinéma – L’Odyssée de Nolan qualifiée de « psychanalyse à 250 millions de dollars » par l’Institut Iliade
À l’occasion de la sortie du nouveau film de Christopher Nolan, l’Institut Iliade publie une critique sévère, dénonçant une trahison du poème homérique.
La nouvelle adaptation de L’Odyssée d’Homère par le réalisateur Christopher Nolan suscite de vives réactions dans les milieux intellectuels. Loin de saluer une relecture moderne du classique, l’Institut Iliade, par la voix de plusieurs de ses auteurs, fustige une œuvre qui dénaturerait profondément le texte fondateur de la civilisation européenne. Dans une série de publications, l’organisation analyse ce qu’elle considère comme un contresens majeur, transformant l’épopée en un drame psychologique contemporain.
Un héros dénaturé, rongé par la culpabilité
Le cœur de la critique, formulée notamment par Jacques Fierbois dans un article intitulé « Ulysse sur le divan », porte sur la transformation du personnage principal. Le Ulysse incarné à l’écran par Matt Damon y est dépeint comme un être fragile, traumatisé par la guerre et accablé par un sentiment de culpabilité, bien loin du héros « aux mille ruses » célébré par Homère.
« Le protagoniste de Nolan, traumatisé, dévoré par la culpabilité, psychanalysé par les Sirènes, n’a plus grand-chose en commun avec le héros aux mille ruses qui préférait une vie mortelle à l’éternité », écrit Jacques Fierbois.
Selon lui, le réalisateur britannico-américain proposerait une sorte de « Robert Oppenheimer antique » qui regrette son génie destructeur, une vision anachronique qui tord le sens originel du mythe pour l’adapter aux sensibilités contemporaines.
Une lecture féministe et anachronique
L’analyse de l’Institut Iliade pointe également une réinterprétation du poème à travers un prisme idéologique féministe, largement inspiré des travaux de la traductrice Emily Wilson. Cette dernière voit dans L’Odyssée une critique des « structures sociales androcentriques ». Le film de Nolan adopterait cette grille de lecture, présentant des personnages féminins caricaturaux.
Circé devient une « vieille folle », tandis que Pénélope est transformée en une « Emma Bovary, désespérée de quitter Ithaque pour enfin s’émanciper du rôle social que l’odieux patriarcat l’oblige à jouer ». De même, la guerre de Troie serait expliquée par des mobiles économiques modernes, balayant la complexité des motivations antiques.
« Il est en réalité ridicule, dans la mesure où il place dans la bouche de ses personnages des mots qui sont ceux d’hommes et de femmes modernes pour lesquels il n’existe pas d’autres explications valables que celles qu’offre le matérialisme dialectique », poursuit Jacques Fierbois.
Revenir au texte pour contrer l’extrapolation
Face à cette adaptation jugée infidèle, l’historien Olivier Battistini propose une démarche inverse : un retour aux sources du texte grec. Dans un entretien vidéo disponible sur YouTube (https://click.mlsend.com/link/c/YT0zMDYwMjE1NzcxMzUyMjc0MzQxJmM9bjJ3NCZlPTI1NjczMTI1JmI9MTU1Njc2MDY4OSZkPWswYTl2NmQ=._QL8VXf8WLISJsCsmQGv_2HmJG4Axi08YhJSABMmLI0), il confronte les choix narratifs de Nolan à l’œuvre originale.
Pour M. Battistini, il est essentiel de « se laisser dire par les mots grecs eux-mêmes ce qu’ils désignent eux », avant toute extrapolation. Il prend l’exemple d’Hélène de Troie qui, dans le texte homérique, se qualifie elle-même de « face de chienne » (kunôpidos), assumant ainsi sa part de responsabilité dans le conflit, une nuance que le film ignorerait au profit d’une lecture victimaire.
Homère, un legs fondateur à préserver
Au-delà de la seule critique cinématographique, l’Institut Iliade replace ce débat dans une perspective plus large : la défense d’un héritage culturel. Pour ses auteurs, comme Marion du Faouët, L’Odyssée n’est pas une simple aventure, mais un texte qui enseigne la grandeur du retour, l’importance de l’enracinement et la fidélité à une lignée, une terre et une mémoire.
Le poème est présenté comme une source vive de l’imaginaire européen, un legs fondateur qu’il convient de transmettre sans le déformer. Cette critique du film de Nolan s’inscrit donc dans une volonté de rappeler l’importance de lire et de faire lire Homère pour permettre aux Européens, selon les mots de l’Institut, de « reprendre le chemin d’Ithaque ». Les analyses complètes sont disponibles sur le site de l’Institut Iliade (https://institut-iliade.com).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

