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PARIS : Rentrée littéraire – Un collectif d’historiens dénonce les « faussaires de la Nation »

À l’approche de 2027, une cinquantaine d’intellectuels s’unissent dans un ouvrage pour dénoncer les falsifications historiques de l’extrême droite.

Alors que l’échéance électorale de 2027 se profile, un collectif d’une cinquantaine d’historiens, d’analystes et d’intellectuels français annonce la publication, le 1er octobre prochain, d’un ouvrage de référence intitulé « Les Faussaires de la Nation ». Dirigé par l’historien Vincent Duclert et la journaliste Maria Malagardis, ce livre se présente comme un « ouvrage de combat » destiné à alerter l’opinion publique sur ce que les auteurs qualifient de réécriture idéologique de l’histoire par les forces d’extrême droite.

Déconstruire les récits idéologiques

Selon les contributeurs, la montée de l’extrême droite s’accompagne d’une stratégie de substitution de l’histoire, discipline fondée sur la recherche et la connaissance, par des récits idéologiques et nationalistes reposant sur des falsifications. L’ouvrage entend le démontrer en s’appuyant sur des exemples précis tirés de l’actualité politique récente. Sont notamment citées les déclarations de Jordan Bardella ironisant sur Jean Moulin ou celles d’Éric Zemmour affirmant que le régime de Vichy aurait protégé les Juifs français et que la colonisation fut une œuvre bénéfique.

L’objectif du collectif est de mettre en lumière comment ces discours s’opposent frontalement aux acquis de la recherche historique. Les auteurs estiment que cette instrumentalisation du passé corrompt le « régime de vérité » essentiel au bon fonctionnement des démocraties et révèle un nationalisme prompt à la soumission envers des régimes illibéraux ou dictatoriaux, citant en exemple les États-Unis de Donald Trump ou la Russie de Vladimir Poutine.

Une méthode rigoureuse pour éclairer le débat

L’ouvrage s’articule autour de grands thèmes qui structurent le débat public et sont souvent au cœur des controverses, tels que la guerre d’Algérie, la colonisation, l’affaire Dreyfus, l’immigration, la laïcité, l’éducation, l’Europe, la République ou encore Vichy. Pour chaque sujet, les contributeurs adoptent une méthode en trois temps : d’abord, une exposition claire des discours tenus par l’extrême droite ; ensuite, une confrontation de ces discours avec les faits établis par la recherche scientifique ; enfin, une mise en perspective historique pour démontrer les réalités politiques et idéologiques qui sous-tendent ces réécritures.

L’ambition affichée est de fournir au grand public un livre de référence accessible, capable d’éclairer les citoyens et de défendre une conception démocratique et scientifique de l’histoire, loin des manipulations politiques.

Un enjeu de cohésion nationale

Pour les auteurs de ce manifeste intellectuel, l’enjeu dépasse la simple querelle d’experts. Ils soutiennent que la nation ne peut se construire et perdurer que sur un socle commun de connaissances et de valeurs, dont l’histoire est un pilier fondamental. En défigurant cette vision partagée, les idéologues d’extrême droite mettraient en péril la cohésion nationale elle-même.

La liste des contributeurs, qui rassemble des figures reconnues comme Stéphane Audoin-Rouzeau, Patrick Boucheron, Johann Chapoutot, Nicolas Lebourg, Michelle Perrot ou encore Perrine Simon-Nahum, témoigne de l’ampleur de la mobilisation du monde universitaire face à ce qu’ils perçoivent comme un danger pour la démocratie. Par cette publication, ils entendent ne pas laisser le champ libre aux discours révisionnistes et engager un combat pour la rigueur scientifique et l’honnêteté intellectuelle.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).