
PARIS : Métiers d’art – L’État au chevet des savoir-faire rares pour assurer leur transmission
Le programme Maîtres d’art – Élèves dévoile sa nouvelle promotion de huit binômes pour sauvegarder des savoir-faire uniques menacés de disparition.
Face à un constat alarmant – 39 % des entreprises des métiers d’art estiment qu’il n’existe aucun diplôme préparant à leur savoir-faire –, la transmission directe de maître à élève demeure la seule voie pour la survie de gestes et de techniques d’exception. C’est dans ce contexte crucial que le ministère de la Culture, via le programme Maîtres d’art – Élèves piloté par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, a annoncé la sélection de sa seizième promotion, qui accompagnera huit nouveaux binômes pour les deux prochaines années.
Une nouvelle promotion à la richesse exceptionnelle
La promotion 2026-2028 se distingue par la diversité et la rareté des métiers qu’elle met à l’honneur. Huit binômes, composés d’un Maître d’art reconnu et de son Élève, s’engagent dans une transmission intensive sur l’ensemble du territoire. Parmi les spécialités représentées, on trouve des savoir-faire aussi précieux que le stuc marbre, l’archèterie moderne, la taillanderie, le tirage photographique argentique à l’agrandisseur, la facture d’instruments historiques, le tissage à bras de velours de soie ou encore la marbrure sur papier. Ces métiers, souvent méconnus du grand public, sont pourtant essentiels à des filières d’excellence françaises, allant de la restauration du patrimoine à la création contemporaine.
Un dispositif unique inspiré des « Trésors humains vivants » japonais
Créé en 1994, le Titre de Maître d’art est la plus haute distinction décernée par l’État à un professionnel des métiers d’art pour sa maîtrise et son engagement dans la transmission. Le programme, inspiré du modèle japonais des « Trésors humains vivants », offre un cadre structuré et un soutien financier concret. Chaque Maître d’art reçoit une allocation pour lui permettre de consacrer le temps nécessaire à la formation de son Élève. Ce dernier bénéficie également d’une dotation pour développer son projet professionnel, que ce soit pour l’acquisition d’outillage, le financement de formations complémentaires ou pour soutenir des projets de création et d’innovation.
Un enjeu culturel, économique et d’innovation
Loin d’être une simple conservation de traditions, la sauvegarde de ces savoir-faire rares répond à des enjeux bien contemporains. Elle est un levier de souveraineté culturelle et productive, comme le souligne la ministre de la Culture.
« Les métiers d’art participent pleinement à l’attractivité de nos régions, au dynamisme de nos centres-bourgs, au rayonnement international de la France », a affirmé Catherine Pégard dans son éditorial.
Ces compétences sont des maillons stratégiques de filières économiques, de la lutherie à la haute décoration. Elles sont également indispensables à la restauration de notre patrimoine, comme l’a démontré la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris grâce à des techniques médiévales. Enfin, ces métiers sont des foyers d’innovation, explorant de nouvelles matières et techniques pour répondre aux défis écologiques, à l’image du stucateur qui réinvente son art face à l’épuisement de certaines carrières de marbre.
L’Institut pour les Savoir-Faire Français, pilote de la transmission
Depuis 2012, l’Institut pour les Savoir-Faire Français assure la mise en œuvre du programme, de la sélection des candidats à l’accompagnement pédagogique des binômes. Son président, Luc Lesénécal, rappelle l’importance de cette mission.
« Accompagner l’émergence d’une nouvelle promotion du programme Maîtres d’Art – Élèves est l’une des missions les plus nobles de l’Institut pour les Savoir-Faire Français », a-t-il déclaré.
L’Institut s’engage ainsi à pérenniser des pratiques qui, sans ce soutien actif, risqueraient de disparaître, emportant avec elles une part irremplaçable du patrimoine culturel français.
Le dossier de presse complet présentant les huit binômes et le détail du programme est accessible en ligne (http://ftp.inma-web.org/Maitre_dart/2026/DP_MAE_2026.pdf).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

