PARIS : Fin de vie – Un collectif de personnalités al…
Partager :

PARIS : Fin de vie – Un collectif de personnalités alerte sur les dérives de l’aide à mourir
À la veille du vote définitif de la loi sur la fin de vie, un collectif a lancé un appel aux députés pour défendre la protection des plus faibles.
Alors que les débats parlementaires sur le projet de loi instaurant une aide à mourir touchaient à leur fin la semaine dernière, un collectif de personnalités issues du monde médical, juridique et éthique a publié une tribune pour exprimer ses plus vives inquiétudes. Daté du 15 juillet 2026 et diffusé notamment par la Fondation pour l’innovation politique, cet appel visait à interpeller une dernière fois la conscience des députés avant le vote final.
Un ultime appel à la protection des plus vulnérables
Parmi les signataires figurent des noms reconnus pour leur engagement sur les questions de fin de vie, tels que le professeur Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique, le politologue Dominique Reynié, l’expert en éthique médicale Emmanuel Hirsch ou encore l’ancien vice-président du Conseil d’État, Jean-Marc Sauvé. Dans leur texte, publié dans le journal La Croix, ils posent les fondements de leur opposition à la légalisation d’un « geste létal ».
Le collectif s’exprime au nom de plusieurs principes fondamentaux.
« Au nom du droit, au nom de l’éthique de la vulnérabilité, au nom de la pratique de l’accompagnement en fin de vie, au nom de l’expérience du soin psychologique et psychiatrique, au nom enfin de l’expérience vécue de celles et ceux d’entre nous que ce texte rendrait éligibles à ce nouveau droit, nous avons publiquement exprimé notre opposition à la légalisation du geste létal », écrivent les signataires.
La crainte d’une normalisation de l’exception
Le principal argument avancé par le collectif repose sur le risque de voir une mesure d’exception se transformer progressivement en une solution banalisée face à la souffrance. Ils affirment que l’histoire des législations sociétales montre que « l’exception finit toujours par devenir la norme ».
Pour ces experts, la véritable réponse à une demande de mort ne réside pas dans sa facilitation, mais dans un effort renouvelé pour soulager la douleur et l’isolement. « Parce que la juste réponse à la demande de mort consiste à redonner le goût de vivre. Parce que lutter contre la souffrance ne saurait jamais signifier supprimer le souffrant », martèlent-ils, résumant leur position par une formule choc :
« Nul ne devrait avoir à choisir entre souffrir et mourir ».
Privilégier l’accompagnement plutôt que l’euthanasie
Plutôt qu’une nouvelle loi ouvrant un droit à l’euthanasie ou au suicide assisté, le collectif plaide pour un renforcement massif des soins palliatifs et de l’accompagnement psychologique. Il s’agit, selon eux, de la seule réponse éthique et humaine face à la détresse des personnes en fin de vie, en se concentrant sur la qualité de la vie jusqu’à son terme naturel.
Cette prise de position s’inscrit dans une réflexion plus large menée par certains de ses membres. La Fondation pour l’innovation politique rappelle ainsi l’existence de l’ouvrage Accompagner ou provoquer la mort ? Les enjeux d’une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, dirigé par Dominique Reynié, qui approfondit les arguments développés dans cette tribune.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

