SAINT-CYR-SUR-MER : L’épave d’un chasseur P38 a…
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SAINT-CYR-SUR-MER : L’épave d’un chasseur P38 américain dégradée, une enquête ouverte
Suite à la dégradation d’un avion américain de 1944 au large de la baie des Lecques, une enquête a été ouverte et la plongée sur le site a été interdite.
Les services de l’État sont en alerte pour protéger un important vestige de la Seconde Guerre mondiale. La Préfecture maritime de la Méditerranée et le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) se sont coordonnés après le signalement d’une dégradation sur l’épave d’un avion de chasse P38 Lightning, qui repose par 38 mètres de fond au large de Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var.
Un témoin majeur de la Seconde Guerre mondiale
L’histoire de cette épave remonte au 27 janvier 1944. Ce jour-là, deux chasseurs américains P38 Lightning, en mission d’escorte de bombardiers B-17 visant l’aérodrome de Salon-de-Provence, furent abattus au-dessus de la baie. Le premier appareil, piloté par le sous-lieutenant James G. Riley, a été détruit en vol, coûtant la vie à son pilote. Le second, aux commandes du sous-lieutenant Harry H. Greenup, a réussi un amerrissage d’urgence. Ce dernier fut capturé et fait prisonnier de guerre, avant d’être rapatrié aux États-Unis en avril 1945.
Pendant plus de cinquante ans, l’avion est resté englouti jusqu’à sa redécouverte le 6 novembre 1996 par le plongeur Marcel Camilleri. Depuis, le site est devenu un lieu de mémoire et un spot de plongée très fréquenté. L’épave revêt un intérêt patrimonial majeur, étant le seul exemplaire de ce type d’aéronef conservé dans les eaux françaises. Il s’agit du même modèle que celui piloté par Antoine de Saint-Exupéry, disparu en Méditerranée quelques mois plus tard, le 31 juillet 1944. Chaque immersion est l’occasion de rappeler l’engagement des aviateurs alliés durant le conflit.
Une enquête ouverte pour dégradation de bien culturel
Le jeudi 16 juillet 2026, la Préfecture maritime de la Méditerranée a alerté le Drassm, rattaché au ministère de la Culture, d’un possible dommage infligé à l’épave. Dès le lendemain, une équipe du Drassm, avec l’appui de la SNSM de La Ciotat, a réalisé une première expertise en plongée sur le gisement.
Les constatations effectuées sur place ont conduit le Drassm à émettre un signalement au Procureur de la République, en vertu de l’article 40 du Code de procédure pénale. En conséquence, une enquête a été ouverte par le Parquet de Toulon pour faire la lumière sur l’origine et la nature des dégradations.
Un arrêté préfectoral pour protéger l’épave
Afin de préserver l’intégrité du site et de ne pas compromettre les investigations, la Préfecture maritime de la Méditerranée a pris des mesures conservatoires immédiates. Un arrêté préfectoral, daté du 17 juillet 2026, interdit temporairement le mouillage et la plongée sous-marine dans le périmètre de l’épave du P38. Cette mesure restera en vigueur le temps que les expertises nécessaires soient menées à bien par les services compétents.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

