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PARIS : Moustique tigre – Les professionnels de la dé…

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PARIS : Moustique tigre – Les professionnels de la désinsectisation plaident pour une stratégie préventive

Face à la prolifération du moustique tigre, les 220 entreprises du secteur de la 3D appellent à une stratégie de prévention précoce.

Alors que les premières chaleurs de juillet ravivent chaque année les inquiétudes liées à l’invasion du moustique tigre, les professionnels du secteur de la 3D (désinsectisation, dératisation, désinfection) tirent la sonnette d’alarme. Regroupant 220 entreprises, ils dénoncent une culture de la réaction tardive et appellent à un changement radical de paradigme : pour être efficace, la lutte doit s’engager au printemps, et non dans l’urgence estivale.

Un manque d’anticipation aux lourdes conséquences

Selon les experts du secteur, les pouvoirs publics comme les citoyens commettent la même erreur en ne considérant le moustique tigre que comme une nuisance d’été. Cette perception minimise l’enjeu de santé publique et ancre la France dans une culture du curatif jugée obsolète. Cette passivité mène inévitablement à des interventions d’urgence basées sur des traitements chimiques de masse une fois l’invasion avérée.

Les professionnels qualifient cette situation de « contresens absolu ». C’est précisément le manque d’anticipation qui contraint au recours tardif à des solutions de crise, souvent décriées. Ils insistent sur le fait qu’attendre juillet pour agir est une « aberration méthodologique et scientifique », car la période cruciale pour perturber le cycle de reproduction de l’insecte se situe au début du printemps, lorsqu’il sort de sa phase de léthargie.

L’innovation en soutien, pas en remplacement

De nouvelles approches, telles que les lâchers de moustiques mâles stériles (technique de l’insecte stérile, TIS) ou l’utilisation de la bactérie Wolbachia, suscitent l’espoir d’une lutte sans pesticides. Si ces technologies sont jugées prometteuses, l’organisation professionnelle rappelle qu’elles restent pour l’heure expérimentales, complexes à déployer à grande échelle et donc incapables de couvrir l’ensemble du territoire à court terme. L’innovation constitue une perspective d’avenir mais ne peut se substituer à une prévention active et à une action de terrain immédiate.

Un bouclier sanitaire au-delà du simple confort

Le secteur de la 3D revendique son rôle d’acteur de la santé publique. Pour étayer ce positionnement, il s’appuie sur son dernier baromètre : sur 1,6 million d’interventions annuelles globales réalisées par ses membres, seules 7 890 ciblent spécifiquement le moustique tigre, soit moins de 0,5 % du total. Ce chiffre témoigne, selon eux, d’une grande retenue dans l’usage des produits biocides par des techniciens certifiés (Certibiocide) et des entreprises adhérentes à la norme de qualité européenne NF EN 16636 (CEPA).

Cette maîtrise technique s’inscrit dans un enjeu de sécurité sanitaire majeur. La recrudescence de maladies vectorielles transmises par l’Aedes albopictus (dengue, chikungunya, Zika) fait de la lutte contre ce nuisible une priorité de santé publique, au même titre que la prévention des risques liés aux rats (leptospirose) ou à d’autres vecteurs.

Vers une politique nationale d’anticipation

Les professionnels appellent à l’élaboration d’une véritable politique nationale d’anticipation. Leur approche s’articule autour d’une « boîte à outils » progressive, privilégiant les actions préventives printanières : destruction des gîtes larvaires (eaux stagnantes), traitements biologiques ciblés à base de BTi (Bacillus thuringiensis israelensis) et installation de dispositifs de piégeage en continu. Dans cette vision, la pulvérisation chimique curative doit rester une mesure d’exception, réservée aux situations d’urgence sanitaire avérées et déclenchées par les Agences Régionales de Santé (ARS). Il est temps, concluent-ils, de cesser d’attendre l’invasion pour agir.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).