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PARIS : Argent et vacances – Le salaire, un sujet tab…

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PARIS : Argent et vacances – Le salaire, un sujet tabou pour près de 9 Français sur 10

Une enquête de l’agence HOW MUCH révèle que si les Français parlent volontiers du coût de la vie en congés, 88 % évitent d’aborder leur propre salaire.

Les vacances, moment de détente et de convivialité, se heurtent souvent à un mur de silence dès que le sujet des salaires est abordé. Loin de libérer la parole, la période estivale exacerbe les non-dits et les malaises liés aux écarts de revenus. C’est le constat d’une enquête menée du 1er au 10 juillet 2026 par l’agence HOW MUCH auprès de 3 087 actifs français, qui met en lumière un paradoxe tenace : si l’on parle beaucoup des prix, on ne dit presque jamais combien on gagne.

« Nous parlons beaucoup du prix des vacances, du logement ou du coût de la vie, mais beaucoup moins de notre propre salaire. Cette absence de repères alimente les comparaisons silencieuses et peut parfois conduire à remettre en question sa rémunération ou sa carrière », analyse Sandrine Dorbes, experte en stratégie de rémunération et créatrice de HOW MUCH.

Elle poursuit en affirmant que « la transparence salariale ne doit pas exposer les individus ni créer de concurrence entre eux : elle doit leur permettre de mieux situer leur rémunération et de négocier plus justement ».

Un malaise palpable et des conversations biaisées

Le sondage révèle que l’argent est une source fréquente d’inconfort : 73 % des Français ont déjà ressenti un malaise lié à une différence de niveau de vie avec leurs proches pendant les vacances. Ce sentiment naît principalement des discussions sur l’argent qui mettent mal à l’aise (19 %), du fait de gagner moins (18 %) ou de l’incapacité à suivre le même rythme de dépenses que le groupe (17 %).

En conséquence, les conversations se concentrent sur les coûts plutôt que sur les revenus. Ainsi, 59 % des sondés évoquent le prix des vacances et 52 % le coût de la vie en général. À l’inverse, seuls 14 % abordent directement leur salaire, et à peine 8 % parlent de primes ou d’augmentations.

La peur du jugement et de la jalousie

Cette réticence massive s’explique par des craintes profondément ancrées. Au total, 88 % des Français ont déjà délibérément évité de révéler le montant de leur rémunération. La principale raison invoquée est la peur de créer des comparaisons ou de la jalousie (26 %), suivie par la volonté de préserver sa vie privée (20 %). D’autres craignent d’être jugés, que ce soit parce qu’ils estiment leur salaire trop faible (17 %) ou au contraire, beaucoup plus élevé que celui de leurs proches (14 %). En fin de compte, seuls 6 % des Français déclarent parler de leur salaire « très facilement, comme un sujet comme un autre ».

Des conséquences concrètes sur les carrières

Loin d’être anecdotique, la découverte du salaire d’un proche agit comme un véritable déclencheur professionnel pour 65 % des actifs. Pour plus d’un quart d’entre eux (27 %), cette information a fait naître l’envie de changer d’entreprise ou de métier. Pour 23 %, elle a provoqué une prise de conscience sur leur propre sous-rémunération, tandis que 15 % ont été incités à demander une augmentation. Seuls 8 % des répondants affirment que ce type de comparaison ne les influence jamais.

Vers une transparence salariale libératrice ?

Alors que la transparence salariale progresse dans le monde de l’entreprise, 82 % des Français pensent qu’elle aura des répercussions jusque dans la sphère privée. Selon eux, elle aidera les salariés à mieux évaluer leur paie (27 %), rendra les comparaisons moins gênantes (23 %) et favorisera des discussions plus ouvertes (21 %). Toutefois, cette évolution n’est pas sans risque : 11 % des sondés craignent qu’elle n’engendre davantage de tensions et de jalousies au sein des cercles amicaux et familiaux.

À propos de Sandrine Dorbes et HOW MUCH

Après une carrière de responsable rémunération dans un grand groupe bancaire, Sandrine Dorbes a fondé en 2020 HOW MUCH (http://www.how-much.fr), un cabinet indépendant dédié à la construction de politiques salariales justes et lisibles. Convaincue qu’une politique de rémunération claire est le socle d’un dialogue social apaisé, elle explore les liens entre gouvernance, stratégie RH et performance globale, qu’elle conçoit sur trois plans indissociables : économique, environnemental et humain. Autrice et conférencière, elle intervient notamment à la School of Life Paris pour interroger la place de l’argent, du travail et du sens dans les trajectoires individuelles et collectives, persuadée que le « pourquoi » doit toujours précéder le « combien ».

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).