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TOULON : Max BAUER : « Une France qui laisse mourir ses paysans se prive de ses libertés »
Max Bauer, ancien leader agricole varois, alerte sur le déclin de l’agriculture, jugeant la souveraineté alimentaire indissociable du réarmement.
Alors que le Président de la République annonce un réarmement massif du pays, une voix issue du monde agricole s’élève pour pointer une « incohérence stratégique majeure ». Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var, salue l’engagement des armées mais met en garde contre une vision de la souveraineté qu’il juge incomplète, voire dangereuse, car elle omet sa composante la plus fondamentale : la capacité à nourrir sa population.
« Nous saluons avec force l’engagement, le courage et le dévouement exemplaire de nos armées, qui servent la France avec honneur et protègent la Nation au prix de lourds sacrifices », se félicite-t-il d’emblée.
Avant de poser une question qu’il estime centrale : « Mais à quoi bon des armes si la France n’est plus capable de nourrir les Français avec sa propre agriculture ? »
Un décrochage structurel aux lourdes conséquences
Pour l’ancien syndicaliste, le constat est sans appel et la situation critique. Il dépeint un secteur agricole en plein décrochage, miné par les fermetures d’exploitations, l’abandon du métier par les agriculteurs et l’effondrement de filières entières. Cette érosion de la capacité de production nationale a une conséquence directe : une hausse continue des importations, qui installe une dépendance alimentaire structurelle.
« Ce n’est pas une dérive, c’est une faute politique », assène Max Bauer.
Cette fragilité croissante est, selon lui, le véritable talon d’Achille de la souveraineté nationale.
« Un pays qui perd son agriculture perd sa liberté. Il devient dépendant, exposé, fragile. Il peut avoir une armée, mais il n’a plus de base », poursuit-il.
La souveraineté alimentaire, angle mort de la défense nationale
Pour appuyer son propos, Max Bauer relaie l’avertissement choc lancé par la présidente de la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, qui illustre crûment l’enjeu en cas de crise majeure.
« En cas de conflit majeur, il faut que les Français sachent qu’ils vont crever de faim ».
Loin d’y voir une provocation, l’ancien responsable varois y voit un avertissement lucide sur la réalité stratégique du pays. Il considère que l’agriculture n’est pas un simple secteur économique mais bien une « ligne de front » essentielle à la résilience de la Nation. Poursuivre une politique de réarmement militaire tout en laissant le potentiel productif agricole s’affaiblir relève pour lui d’une grave erreur d’analyse.
Appel à un « plan Marshall » pour l’agriculture française
Face à ce qu’il qualifie d’« impuissance », Max Bauer appelle à une rupture radicale avec les « mesures marginales » et les « promesses ». Il prône la mise en place d’un « véritable plan Marshall pour l’agriculture française », qui devrait être « massif, immédiat, assumé ». Les objectifs seraient clairs : relancer la production, stimuler l’investissement, faciliter la transmission des exploitations et, surtout, garantir un revenu digne aux agriculteurs.
Rappelant le rôle vital des femmes qui ont « tenu les champs » et nourri la France durant les deux guerres mondiales, il insiste sur la dimension historique et stratégique de l’agriculture.
« Investir dans nos forces armées, c’est protéger la Nation, investir dans notre agriculture, c’est lui donner les moyens de vivre debout. Une France qui honore ses soldats mais laisse mourir ses paysans se prive de ses libertés, de sa terre, de sa capacité à tenir dans la durée », conclut Max Bauer.
via Presse Agence.

