PARIS : Présidentielle 2027 – Une France inquiète et…
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PARIS : Présidentielle 2027 – Une France inquiète et en quête d’ordre, selon la Fondapol
À l’approche de 2027, une étude de la Fondapol dresse le portrait d’un électorat inquiet, insatisfait du macronisme et tenté par les populismes.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, un sentiment de « tourment » traverse l’électorat français. C’est le constat principal d’une vaste étude publiée cet été par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), dirigée par Dominique Reynié. Basée sur une enquête OpinionWay menée auprès de plus de 3 000 personnes, l’analyse dépeint un pays gagné par le pessimisme, la défiance envers sa classe politique et une polarisation croissante, à l’issue de deux mandats d’Emmanuel Macron.

La fin de l’ère Macron : un bilan sévère
Le rejet de l’action du président sortant est massif : 78 % des personnes interrogées se disent « insatisfaites » de son bilan. Selon l’étude, la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 a « pulvérisé l’électorat macroniste », une décision désapprouvée par plus de 80 % de ses propres électeurs de 2022.
Le regret est particulièrement palpable chez les plus jeunes : 61 % des électeurs de moins de 35 ans qui avaient voté pour Emmanuel Macron en 2022 le regrettent aujourd’hui. Sans surprise, une écrasante majorité (83 %) n’aurait pas souhaité qu’il puisse se représenter pour un troisième mandat. Cette impopularité pèsera lourdement sur ses successeurs potentiels, Gabriel Attal (56 %) et Édouard Philippe (53 %) étant perçus comme les plus proches de ses idées.
Un climat de défiance et de découragement
Au-delà du bilan présidentiel, l’étude révèle une profonde crise morale. L’approche du scrutin de 2027 ne suscite l’enthousiasme que pour une infime minorité (3 %). Les émotions dominantes sont l’inquiétude (52 %) et le découragement (22 %). Au total, près des trois quarts des électeurs (74 %) expriment des sentiments négatifs.
Ce pessimisme s’ancre dans plusieurs convictions : 64 % des Français estiment que « la France n’est plus dans la course » sur le plan économique et technologique, tandis que 53 % jugent que leur niveau de vie s’est dégradé. La crainte d’une « crise financière majeure » liée à la dette publique est partagée par 88 % des sondés. La responsabilité de cette situation est clairement attribuée : pour 64 % des électeurs, la France a « une classe politique qui n’est pas capable de gouverner », plutôt qu’un mauvais système institutionnel.
Vers une radicalisation du paysage politique
L’objectif d’Emmanuel Macron en 2017 de substituer au clivage gauche/droite un affrontement entre pro-européens et populistes a échoué. L’étude montre au contraire une réaffirmation de l’axe traditionnel, mais radicalisé par la montée en puissance du Rassemblement National (RN) et de La France Insoumise (LFI).
Cette radicalisation se traduit par des tentations extrêmes. Une « tentation autoritaire » séduit 23 % des électeurs, qui préféreraient « un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections ». Ce chiffre grimpe à 35 % chez les proches du RN. Symétriquement, une « tentation insurrectionnelle » existe à gauche : 20 % des électeurs (et 54 % des sympathisants LFI) refuseraient de reconnaître l’élection d’une candidate du RN. Par ailleurs, le concept de « barrage républicain » est désormais majoritairement rejeté par 58 % de l’opinion.
Quelles perspectives pour 2027 ?
Dans ce contexte, les intentions de vote placent Marine Le Pen en tête des potentiels électoraux (33 %), suivie d’Édouard Philippe (31 %) et Gabriel Attal (27 %). Les préoccupations majeures des Français pour la campagne à venir sont le pouvoir d’achat (45 %), l’insécurité (35 %), la santé (32 %) et l’immigration (30 %). L’étude conclut sur un paradoxe : inquiets et découragés, les électeurs aspirent à un retour à l’ordre mais pourraient, par un vote sanction, porter au pouvoir une candidature protestataire, prolongeant ainsi l’instabilité politique qu’ils cherchent à fuir.
L’étude complète « 18 avril et 2 mai 2027 L’élection présidentielle : le tourment français » est disponible sur le site de la Fondapol :
Lire « 18 avril et 2 mai 2027 L’élection présidentielle : le tourment français »
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

