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PARIS : Émilie FATKIC : « L’entraide familiale en entrepris…

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PARIS : Émilie FATKIC : « L’entraide familiale en entreprise est une pratique à hauts risques »

Faire appel à un proche pour aider dans son commerce est courant, mais Émilie Fatkic, experte-comptable, alerte sur les dangers juridiques méconnus.

Avec l’effervescence estivale, de nombreux dirigeants de TPE, artisans et commerçants sont tentés de solliciter l’aide ponctuelle d’un conjoint, d’un enfant ou d’un parent. Si cette pratique, souvent perçue comme un simple « coup de main » bienveillant, semble naturelle, elle peut rapidement transformer une solution de facilité en un véritable casse-tête juridique et financier. Loin d’être anodine, l’entraide familiale est en effet strictement encadrée et ses dérives peuvent exposer l’entreprise à de lourdes sanctions.

Pour démêler le vrai du faux et sécuriser ces interventions, Émilie Fatkic, lead Expert-Comptable au sein du cabinet Dougs, décrypte les enjeux et les risques auxquels les dirigeants de petites structures sont quotidiennement confrontés.

Au-delà des idées reçues

L’idée selon laquelle l’aide familiale serait systématiquement tolérée est une croyance tenace mais erronée. La frontière entre le bénévolat et une relation de travail non déclarée est bien plus fine qu’il n’y paraît. Plusieurs critères, tels que la régularité de l’aide, l’existence d’un lien de subordination ou encore une éventuelle contrepartie (même non financière), peuvent suffire à caractériser une relation de travail.

« Beaucoup de dirigeants pensent que l’aide ponctuelle d’un conjoint ou d’un enfant est tolérée par principe. C’est une erreur qui peut coûter très cher », souligne Émilie Fatkic.

Elle précise que l’intention de départ, même la meilleure, ne protège pas en cas de contrôle. Les administrations se basent sur des faits concrets pour évaluer la nature réelle de l’intervention.

Travail dissimulé et redressement Urssaf : le risque majeur

Le danger le plus important est la requalification de ce « coup de main » en travail dissimulé. Si un agent de l’Urssaf constate lors d’un contrôle qu’un proche travaille de manière régulière sans être déclaré, les conséquences pour l’entreprise peuvent être sévères.

« Le risque principal est la requalification de l’aide en contrat de travail. En cas de contrôle, l’Urssaf peut procéder à un redressement sur la base d’une rémunération forfaitaire, avec pénalités et majorations de retard », explique l’experte-comptable.

Au-delà de l’impact financier, qui peut fragiliser la trésorerie d’une petite structure, le travail dissimulé est un délit passible de sanctions pénales pour le dirigeant.

L’angle mort de l’accident du travail

Un autre risque, souvent sous-estimé, est celui de l’accident. Que se passe-t-il si le membre de la famille se blesse en aidant au sein de l’entreprise ? Sans statut officiel ni déclaration, il ne bénéficie d’aucune couverture sociale au titre des accidents du travail.

« Sans déclaration, votre proche n’est pas couvert par l’assurance maladie pour les accidents du travail. La responsabilité civile, voire pénale, du dirigeant peut alors être directement engagée, avec des conséquences financières potentiellement dévastatrices », alerte Émilie Fatkic.

L’absence de protection légale place ainsi le chef d’entreprise et son proche dans une situation de grande vulnérabilité.

Sécuriser l’intervention familiale : les bonnes pratiques

Pour éviter ces écueils, la formalisation est la seule voie sécurisée. Selon la nature et la régularité de l’aide, plusieurs solutions existent, comme la signature d’un Contrat à Durée Déterminée (CDD) pour un besoin ponctuel, même pour quelques heures. Ce cadre légal permet de clarifier la relation, de garantir une couverture sociale au proche et de protéger l’entreprise.

« Il ne faut pas avoir peur de la formalisation. Un contrat, même de courte durée, est une protection mutuelle. C’est un acte de gestion responsable qui évite de transformer une aide bienveillante en cauchemar juridique et financier », conclut Émilie Fatkic.

Pour les conjoints, des statuts spécifiques comme celui de conjoint collaborateur peuvent également être envisagés, offrant un cadre légal et protecteur adapté à une implication plus régulière.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).