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PARIS : Société – La Licra décrypte l’accusation de « génocide » dans son nouveau numéro

La Licra publie un numéro spécial de sa revue « Le Droit de Vivre » consacré à l’analyse de l’usage et de l’instrumentalisation du terme « génocide ».

La Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra) annonce la parution de son nouveau numéro de la revue Le Droit de Vivre (DDV) pour l’été 2026. Intitulée « Génocide. De la définition à la qualification », cette publication de 140 pages se penche sur un terme à la résonance historique et juridique particulièrement lourde, dont l’usage dans le débat public contemporain soulève de nombreuses questions.

PARIS : Société - La Licra décrypte l'accusation de "génocide" dans son nouveau numéro

Un contexte post-7 octobre 2023

Le point de départ de cette réflexion éditoriale est l’accusation de « génocide » portée quasi immédiatement contre Israël dans le cadre de la guerre avec le Hamas, initiée après les attaques du 7 octobre 2023. La revue souligne qu’à ce jour, plus de deux ans et demi après le début du conflit, aucune juridiction internationale n’a reconnu la commission d’un tel crime à l’encontre des habitants de Gaza ou des Palestiniens en général.

Ce numéro spécial du DDV entend donc analyser la « tournure obsessionnelle » prise par cette accusation, en interrogeant son succès auprès d’une partie de l’opinion publique, notamment la jeunesse. Il examine le rôle des intellectuels, juristes, institutions et responsables politiques qui la relaient.

Retour aux origines juridiques et historiques

Pour étayer son analyse, la revue rappelle la genèse du concept. Le terme « génocide » a été forgé en 1944 par le juriste Raphael Lemkin, un juif polonais émigré aux États-Unis. Son entrée dans le lexique du droit international a été officialisée le 9 décembre 1948, avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies à Paris de la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ».

La publication ne cherche pas à éluder les questions relatives aux crimes de guerre ou aux crimes contre l’humanité, mais se concentre spécifiquement sur les implications de l’emploi du mot « génocide », devenu un enjeu sémantique et politique majeur.

Une analyse pluridisciplinaire et des contributeurs de renom

Le dossier mobilise un large éventail de disciplines, de l’histoire au droit, en passant par la philosophie et la science politique, afin d’offrir une perspective complète. La Licra a réuni pour l’occasion des contributions de nombreux experts et penseurs, parmi lesquels les historiens Joël Kotek et Valérie Igounet, le politologue Pierre-André Taguieff, le sociologue Rudy Reichstadt, la philosophe Eva Illouz, l’enseignant Iannis Roder, l’avocat et ancien ambassadeur François Zimeray ou encore le journaliste Jean Quatremer.

Le numéro propose également un grand entretien avec l’humoriste et chroniqueuse Sophia Aram, connue pour ses prises de position engagées.

Un défi pour l’éducation et le rapport à la vérité

Selon les éditeurs, la banalisation de l’accusation de génocide, ainsi que les termes de « génocidaire » et « négationniste » qui l’accompagnent souvent, constitue un défi pour l’enseignement de ces questions cruciales et pour le rapport collectif à la vérité historique et factuelle. Cette publication s’inscrit dans la mission de la Licra de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations. La revue est disponible à la commande sur le site de l’association, qui invite également le public à soutenir ses actions par l’adhésion ou le don.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).