
PARIS : Gastronomie – L’art s’invite à la table des chefs étoilés
De Charles Coulombeau à Metz à David Gallienne à Giverny, des chefs étoilés marient haute cuisine et culture en investissant les musées.
Une nouvelle tendance se dessine dans le paysage gastronomique français :
L’alliance de la haute cuisine et des institutions culturelles. De plus en plus de chefs étoilés, en quête de nouveaux horizons et d’une clientèle élargie, installent leurs tables au cœur même des musées, transformant la visite en une expérience immersive complète. Cette démarche permet de créer un dialogue unique entre l’art pictural et l’art culinaire, pour le plus grand plaisir des gourmets et des amateurs d’art.
Deux exemples illustrent parfaitement ce mouvement :
Charles Coulombeau à Metz et David Gallienne à Giverny.
Charles Coulombeau : un duo culinaire au Centre Pompidou de Metz
Amateur d’art et chef étoilé de la Maison dans le Parc à Nancy, Charles Coulombeau a investi il y a un an le prestigieux Centre Pompidou de Metz. Séduit par le lieu et sa qualité architecturale, il y a développé un double projet ambitieux. Pour le déjeuner, la brasserie Umé (prune en japonais, en clin d’œil à la mirabelle lorraine) propose une cuisine accessible. Le soir, l’espace se métamorphose en Yozora (ciel étoilé en japonais), un restaurant gastronomique récemment étoilé.
« Pour Umé, je voulais une cuisine simple et abordable que les visiteurs peuvent déguster entre deux expositions. On a une formule entrée/plat/dessert à 29,50 euros, dans laquelle on revisite les plats de bouchon, typiques de la cuisine française, que l’on revisite avec des inspirations asiatiques. Comme le veau marengo au miso, des œufs mayonnaise au sésame, un os à la moelle aux algues nori », explique Charles Coulombeau.
Le chef a voulu créer un véritable écosystème avec une offre gastronomique distincte le soir, attirant une clientèle différente.
« Ce sont les mêmes équipes pour le midi et le soir mais l’offre est complètement différente, chaque restaurant a sa propre proposition. Ce qui a nécessité de bien former les équipes », rappelle-t-il.
Totalement indépendant du musée, le chef s’amuse néanmoins à créer des passerelles artistiques. Pour chaque nouvelle exposition, il imagine des desserts inspirés des œuvres présentées, de Katarina Grosse à Pierre Soulages, en passant par Yayoi Kusama ou encore la célèbre banane de Maurizio Cattelan, prolongeant ainsi le voyage artistique dans l’assiette.
Pour découvrir l’univers de Yozora :
https://www.yozora-restaurant.com/
David Gallienne : un hommage à Monet au Musée des impressionnismes
À Giverny, c’est une opportunité qui a conduit David Gallienne, vainqueur de Top Chef 2020 et chef étoilé du Jardin des Plumes, à ouvrir sa brasserie Oscar au sein du Musée des impressionnismes. Répondant à un appel d’offre de délégation de service public, il a saisi l’occasion de proposer une cuisine plus accessible, un souhait qu’il nourrissait depuis longtemps.
« Je me suis inspiré du lieu pour trouver le nom du restaurant, Oscar, qui est le premier prénom de Claude Monet, en guise d’hommage. Je me suis ensuite plongé dans ses carnets de recettes, qui étaient de la cuisine bourgeoise, pour les retravailler et proposer une offre différente du jardin des plumes mais avec la même exigence sur le cahier des charges et les produits », détaille le chef.
Cet exercice s’est révélé une évidence, les recettes de Monet faisant écho à la cuisine de sa propre grand-mère, celle qui lui a transmis sa passion. Dans ce qu’il nomme affectueusement « la cantine de Gallienne », il propose une formule déjeuner à 25 euros et des plats à la carte à 39 euros, avec un souci constant de la saisonnalité.
L’objectif est aussi de créer un parcours complet pour les visiteurs et d’ouvrir sa table aux habitants de la région.
« Les clients peuvent faire le grand Chelem, en dînant puis en dormant au Jardin des Plumes, avant d’aller visiter les jardins et de déjeuner à Oscar. Je voulais aussi donner la possibilité aux locaux qui n’ont pas les moyens d’aller au restaurant gastronomique, de goûter ma cuisine. Je ne veux laisser personne sur le banc de touche et entendre que David Gallienne ne cuisine que pour les riches », confie-t-il.
Pour découvrir l’univers d’Oscar :
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

