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PARIS : Pierre-Emeric CHABANNE : « Facturation électronique : l’urgence est organisationnelle, pas technique »
À moins de deux mois de l’échéance de septembre 2026, un expert alerte sur le retard des entreprises face à la réforme de la facturation électronique.
Le compte à rebours est lancé, mais l’horloge semble tourner dans le vide pour une part non négligeable du tissu économique français. Prévue pour une entrée en vigueur en septembre 2026, la généralisation de la facturation électronique obligatoire approche à grands pas, et pourtant, l’état de préparation des entreprises suscite une vive inquiétude. Selon une étude récente, plus d’un dirigeant sur quatre n’aurait encore engagé aucune démarche concrète de mise en conformité.
Face à ce constat, Pierre-Emeric Chabanne, directeur général de Zeendoc, une société spécialisée dans la dématérialisation, tire la sonnette d’alarme. Loin d’être une simple formalité technique, cette réforme structurelle impose une refonte des processus internes que beaucoup sous-estiment.
Un risque de paralysie à la rentrée
Si la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP) a intensifié sa communication pour rappeler l’échéance, la période estivale pourrait s’avérer être un piège pour les retardataires. La tentation de reporter ce chantier complexe à la rentrée de septembre pourrait placer de nombreuses structures dans une situation critique.
« Le chiffre de 25 % d’entreprises n’ayant entamé aucune démarche est alarmant, mais il ne reflète que la partie visible de l’iceberg », prévient Pierre-Emeric Chabanne.
« Derrière ceux qui n’ont rien fait, il y a tous ceux qui ont commencé à regarder le sujet de loin, en pensant qu’il suffirait d’installer un logiciel à la dernière minute. C’est une erreur fondamentale d’analyse », poursuit-il.
Les leçons des voisins européens
La France n’est pas le premier pays à franchir ce cap. Les expériences menées en Italie, en Belgique ou en Allemagne sont riches d’enseignements. Dans ces pays, les entreprises qui ont attendu le dernier moment se sont heurtées à des difficultés majeures, non pas techniques, mais organisationnelles.
« En Italie notamment, beaucoup ont cru qu’il suffisait de brancher un logiciel le jour J. Ils ont découvert que la facturation électronique impose de revoir en profondeur la manière dont les informations circulent, sont validées et archivées », explique M. Chabanne.
« C’est un projet de transformation, pas un simple achat informatique. Les blocages rencontrés concernaient la gestion du changement, la formation des équipes et l’adaptation des chaînes de validation. Ce sont des chantiers humains qui demandent du temps ».
Les étapes pour une transition réussie
Pour éviter l’engorgement, le directeur général de Zeendoc insiste sur une méthodologie claire et une action immédiate. L’été ne doit pas être une période de pause, mais au contraire une phase d’accélération pour les entreprises encore en phase de réflexion.
« La première étape est de cartographier ses flux de facturation actuels, entrants comme sortants. La seconde est de choisir sa plateforme, qu’il s’agisse du portail public de facturation (PPF) ou d’une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) immatriculée par l’État, qui offrira des services complémentaires », détaille Pierre-Emeric Chabanne.
« Enfin, et c’est le plus crucial, il faut acculturer et former les équipes. Attendre la rentrée pour cela est une erreur stratégique qui pourrait paralyser l’entreprise dès les premiers jours de septembre. »
La réforme représente une opportunité de moderniser et d’optimiser la gestion d’entreprise, mais elle exige une anticipation que beaucoup n’ont pas encore intégrée. Les prochaines semaines seront donc décisives pour éviter une rentrée chaotique.
via Presse Agence.

